Projet de loi Blanquer, « réformes » du lycée et du bac… Faire reculer Blanquer maintenant, Et faire reculer Macron !

5 Avril 2019 , Rédigé par PCF Paris 15 Publié dans #Education nationale

Projet de loi Blanquer, « réformes » du lycée et du bac…  Faire reculer Blanquer maintenant, Et faire reculer Macron !

Tract, 4 avril 2019, PCF Paris 15, diffusé à partir de la manif du 4 avril 2019. 70% de grévistes dans les écoles parisiennes!

 

 

L’ampleur de la grève dans l’éducation nationale le 19 mars, puis des manifestations du 30 mars, déstabilisent Blanquer. Malgré les manœuvres de diversion du « débat national » et d’enfumage sur le contenu de son projet, ça ne passe pas ! M. Blanquer, qui a trop pris la « confiance », est désarçonné.

Le continuateur de Vallaud-Belkacem ne trouve qu’à envoyer une lettre à tous les personnels, bourrée de bobards (de « fake news »). La mise sous la tutelle des principaux de collège des écoles (de celles qui subsisteront), la disparition des directeurs d’école, ne seraient que « facultatives ».Tiens donc ! Expérimentales? Sur la défensive, Blanquer essaie de sauver l’un des pires mauvais coups de son projet.

Le rapport de force est en train de monter  chez les enseignants, les personnels, les parents, les élèves. Colère et détermination ne sont pas prêtes de s’éteindre. Dans le secondaire, chez les lycéens, contre les « réformes » du bac et « Parcoursup », Blanquer pensait avoir écrasé la protestation fin 2018, à coup de circulaires disciplinaires et de répression, noyées dans le scénario violence/répression avec les Gilets jaunes (souvenons-nous de la mise au pas humiliante des lycéens de Mantes-la-Jolie !). Mais la réalité revient avec la distribution inégale des nouvelles filières par lycée, la nouvelle embrouille des inscriptions à la fac. Le mouvement dans les écoles ranime celui des lycées. Tant mieux !

Blanquer poursuit l’application de la « stratégie de Lisbonne », définie en 2000 par l’UE pour marchandiser l’éducation dans chaque pays. Elle se traduit par une réduction de l’offre publique d’éducation, le développement du privé en concurrence comme au sein même du public, une destruction de l’esprit de service public par une mise sous tutelle autoritariste, par le développement des inégalités.

Le projet Blanquer correspond presque point par point au projet Buzyn contre l’hôpital public : sectorisation géographique, déclassement des personnels et des compétences, etc. Ce n’est pas un hasard. La disparition des bureaux de poste, des TER ou des guichets de la Sécu et des finances publiques suivent la même logique.

La poursuite de la casse du statut de la fonction publique, avant la nouvelle attaque contre des retraites, donnent le calendrier. La journée de grève et de manifestation du 9 mai, à l’appel des syndicats de fonctionnaires, doit être décisive contre ces projets.

Les possibilités de convergences de lutte, dans les communautés éducatives, entre primaire, secondaire et supérieur, avec les autres services publics, avec les parents et les usagers etc… sont immenses et nécessaires.

Faire reculer Blanquer sur son « école de la défiance et de l’autoritarisme », sur les contre-réformes du lycée, du bac et de l’accès à l’université, c’est un objectif pour tous les personnels de l’éducation nationale et toutes les familles de travailleurs !

 

Projet de loi Blanquer : « école de la confiance »? Destruction de l’école  publique!

 

Sur le même modèle que les « lois Macron », le projet de loi Blanquer dite « école de la confiance » est une sorte de fourre-tout qui est au final très cohérent par son orientation idéologique. Constitué de 25 articles, le projet de loi est une attaque en règle contre le service public d’éducation et les fonctionnaires.

 

Parmi les attaques les plus graves, on trouve d’abord les EPSF (Etablissements publics des savoirs fondamentaux) qui vont entraîner une modification structurelle de l’école publique. Blanquer prévoit de placer les écoles d’un secteur sous l’autorité d’un collège et de son principal. Cela engendrerait la disparition des directeurs d’école, qui sont à la fois enseignants et interlocuteurs de proximité. Le principal deviendra un super manager bureaucrate. Est prévu également le transfert de personnel entre écoles d’un EPSF voire entre école et collèges. L’objectif clair est ici de réaliser des économies d’échelle pour supprimer des postes. Conséquence directe : les enfants seront scolarisés de plus en plus loin de leur domicile. Le dédoublement des CP, à moyens humains réduits, s’est accompagné de la fermeture de milliers de classes et d’écoles notamment rurale.

 

A l’antipode des EPSF, Blanquer annonce la création des EPLEI (Etablissements Publics Locaux d’Enseignement International), censés devenir de vrais établissements d’élite. Ils scolariseront de la maternelle au lycée des élèves bilingues et le financement sera en partie public et en partie privé. Cela symbolise à merveille la conception de Blanquer de l’éducation nationale : à deux vitesses !

L’article 1 du projet de loi instaure un dangereux nouveau « devoir de réserve » pour les enseignants. La volonté de museler les enseignants est évidente. Un fondement légal existerait dès lors pour pouvoir prendre des sanctions contre des enseignants qui, par exemple, contesteraient les réformes ou les choix du président de la République. Cela s’inscrit dans l’inquiétante dérive autoritaire du gouvernement.

Parmi les autres articles du projet de loi on découvre de nombreuses attaques contre le service public d’éducation. Par exemple, les ESPE seront remplacées par les INSPE (Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation), dont les directions seront nommées par le ministère. Dès la rentrée prochaine, les étudiants assistants d’éducation pourront intervenir en classe, et seront utilisés comme supplétifs. Voilà la réponse de Blanquer aux difficultés de recrutement ! On trouve également le renforcement de l’école « inclusive » qui, en réalité, justifie la baisse des moyens aux structures adaptées pour l’accueil des élèves handicapés.

 

Mesure phare du ministre, l’abaissement de l’âge de la scolarité obligatoire à 3 ans est en réalité un simple cadeau à l’éducation privée.

98% des élèves sont déjà inscrits à l’école à 3 ans. Mais cette nouvelle obligation scolaire va obliger les communes à financer le privé sous contrat.

On estime le prélèvement à 150 millions d’euros !

Mais rien ne sera amélioré face au véritable problème de l’absentéisme, au contraire, vu les restrictions des moyens d’encadrement public.

 

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