SNCF, RATP : le mouvement n’est que suspendu. Les convergences de lutte se développent !

25 Novembre 2007 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Défense de la retraite par répartition

SNCF, RATP : le mouvement n’est que suspendu. Les convergences de lutte se développent !

 

Mardi 20 novembre, plus de 700000 salariés ont manifesté dans les rues des villes de France.

Plus de 50% des enseignants ont fait grève contre la suppression programmée de 11200 postes en 2008. Les agents de la fonction publique manifestaient pour le pouvoir d’achat et les salaires, rejoints dans plusieurs cortèges par des salariés de grandes entreprises privées. Les étudiants, les personnels de la Justice en lutte ont répondu également présents. Le lien s’est établit directement avec l’action des agents de la SNCF, de la RATP et d’EDF-GDF contre la casse de leur retraites.

Cette montée en puissance des convergences de lutte contraint Sarkozy et le gouvernement à précipiter encore son calendrier.

Pour eux, ils faut abattre le plus vite possible la résistance des cheminots et des salariés de la RATP et d’EDF-GDF, qui disposent de la plus forte capacité de mobilisation, avant que la jonction ne s’opère avec les autres mouvements. Politiquement pour Sarkozy, la casse des régimes « spéciaux » est un préalable nécessaire à la nouvelle étape du démantèlement de la retraite solidaire par répartition (les 42 annuités « pour » ou plutôt contre tous) et à la privatisation de ces secteurs cruciaux de l’économie.

Cette priorité explique l’acharnement médiatique sans précédent contre les grévistes, visant à minimiser l’ampleur et l’enjeu de leur bataille. L’ouverture des « négociations » est un calcul pour désamorcer le mouvement. La grève est effectivement suspendue dans les transports, mais seulement suspendue car l’action continue. Comme le pouvoir entend ne rien lâcher sur l’essentiel, l’épreuve de forces devra reprendre.

Il est plus nécessaire que jamais d’expliquer en quoi la défense des régimes dits « spéciaux » nous concerne tous, salariés du public et du privé, retraités, jeunes. Parce qu’elle porte la défense de l’ensemble des retraites, du service public, du droit du travail.

Déjà, le pouvoir a dû revoir certains de ses mensonges. Démonstration a été faite que la casse des régimes spéciaux ne financera pas les « petites retraites » du privé et n’améliorera pas les comptes du régime général. Et pour cause, l’assurance vieillesse devra assumer, à la place de l’Etat, le déséquilibre démographique et à la place des entreprises les sur-cotisations dont elles s’acquittent.

Le pouvoir n’ose plus non plus mettre en cause la réalité de la pénibilité et des contraintes de service public, notamment les horaires décalés. Il tend maintenant un nouveau piège en reportant la discussion à la RATP et à la SNCF à 2008, dans le cadre des négociations que le gouvernement fait traîner depuis 2003 sur la prise en compte de la pénibilité dans le secteur privé. Là aussi, la bataille dans le public porte l’intérêt de tous : ce n’est pas en laissant casser la référence que représentent la SNCF et la RATP que l’on obtiendra des avancées dans les autres secteurs.

Le pouvoir et les media matraquent l’argument fallacieux de « l’équité ». Il est bien écorné par les cadeaux monstrueux, 15 milliards d’euros de déductions fiscales, accordés au plus riches et par une réalité qui ne se sait pas assez : des montants de retraites inférieurs dans le public, 1214 euros par mois contre 1259 en moyenne pour les ouvriers et employés. L’âge de départ effectif est aussi pratiquement le même que dans le privé: 57,5 ans, mais le MEDEF fait payer les dernières années par l’assurance chômage...

Le nivellement par le bas des acquis sociaux est inacceptable. La véritable égalité, c’est le retour aux 37,5 annuités pour tous. Les moyens existent pour cela, c’est une question de choix de société (voir au dos).

Plus que jamais, soutenons l’action des agents de la SNCF, la RATP, d’EDF-GDF…!

   Il y a urgence à faire échec à la politique au service des possédants. Elle menace l’avenir du pays. On ne peut pas se permettre d’attendre « l’opposition » de « la gauche ». Comme à la présidentielle, le PS ne s’oppose pas sur le fond aux orientations du gouvernement. Son premier objectif: l’alternance aux élections de 2012. L’adhésion des dirigeants du PS au nouveau traité européen vient souligner cette connivence de fait.

Pour le moment, seul le mouvement social porte l’alternative politique. Communistes, nous déployons toute notre activité pour soutenir ces luttes, loin des combinaisons politiciennes.


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