Pourquoi Attali veut détruire les départements

3 Février 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #INSTITUTIONS

Pourquoi Attali et ceux dont il représente les intérêts veulent abattre le département

Les élections cantonales approchent. Sarkozy a dû désavouer une des propositions du rapport Attali. Difficile en effet de faire élire des conseillers généraux UMP aux assemblées départementales tout en se prononçant pour la suppression des départements. Mais tout laisse entendre que ce n’est que partie remise. D’ailleurs Attali a donné dix ans pour une disparition progressive. L’attaque contre l’échelon gouvernemental ne date pas de ce gouvernement. Son prédécesseur avait tenté de s’attaquer à ceux qu’il considérait comme des maillons faibles.

Il a échoué devant la résistance populaire et perdu les référendums visant à supprimer les départements des Antilles et de Corse. Sur un autre plan, avec la complicité de l’Union européenne, le pouvoir s’attaque à un autre symbole fort : la référence au département sur la plaque d’immatriculation qui devrait être abandonnée à compter du 1er janvier 2009. Là encore, l’opposition des Français est manifeste.

D’où vient cet acharnement des représentants du capital contre le département ?

Les gouvernements ont conféré de façon assez arbitraire depuis la décentralisation de 1982 un certain nombre de compétences aux départements, notamment en matière d’action sanitaire et sociale (RMI, aide aux personnes âgées…), de culture et d’éducation (collèges), de transports et d’aménagement du territoire. Une remise en cause du département permettrait de revenir sur un certain nombre d’acquis sociaux dans ces domaines.

Mais les raisons principales sont plus fondamentales. L’attaque contre les départements  s’intègre dans la remise en cause des fondements de l’Etat républicain. Le département, créé en 1790 par l’Assemblée constituante, a rompu avec les particularismes et aberrations territoriaux d’origine féodale. Comme division administrative, bien au-delà des prérogatives des conseils généraux, il porte une conception de l’égalité des territoires et des citoyens devant l’Etat.  

L’amélioration des transports et des communications n’a pas modifié ce caractère structurant de l’unité du pays. Elle a davantage fait du département, des préfectures et sous-préfectures, un maillage de proximité des services de l’Etat et des services publics. Sur cet aspect, on voit comment la volonté de supprimer le département s’apparente à celle de supprimer, par exemple, les tribunaux, avec la « réforme » de la carte judiciaire de Rachida Dati.

Construit par l’Histoire, l’attachement des citoyens au département correspond à une forme d’adhésion au modèle républicain national.

Objectivement celui-ci est devenu un obstacle au capitalisme. La Nation en général, la nation française en particulier avec son héritage révolutionnaire et ses acquis démocratiques, l’égalité républicaine, la conception du citoyen, la laïcité… représentent une résistance au développement de la mondialisation capitaliste.  

 

Pour la combattre sur le plan des territoires, ses serviteurs s’emploient à renforcer deux échelons:

- d’une part l’UE, entité lointaine, incohérente, niant la réalité des peuples et donc leur expression démocratique, correspondant naturellement à la domination des multinationales.

- d’autre part les régions, voire les « euro-régions », dont ils sont prêts à inventer de toutes pièces des particularismes identitaires. Entités inégales, nouvelles féodalités, les régions sont conçues en opposition, comme contre-pouvoirs à l’Etat-nation démocratique que l’on veut dévitaliser devant l’UE.

Les départements français sont trop petits pour constituer des régions de ce type. Leur histoire comme leur réalité d’aujourd’hui les rattachent indissociablement au modèle républicain et à l’Etat-nation.

Pour les Attali, Sarkozy, Barroso : il faut détruire les départements !

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Gilles Questiaux 04/02/2008 08:41

Salut aux camarades du quinzième,Les départements sont aussi une structure "de proximité" qui aurait du plaire à ces gens qui n'ont que les intérêts locaux à la bouche. Lorsqu'ils ont été créés en 1790, ils avaient été dessinés, à peu près tous à même échele, pour que tout citoyen puisse se rendre au chef lieu et revenir lemême jour, avec lesmoyensde circulation de l'époque. Aujourd'hui ils ont retrouvés cette fonction : le chef lieu est accessible en moins d'uneheure en voiture. Avec l"effacement des moyens directs et disciplinaires de contrôle social, l'aspect répressif manifesté par le role du préfet se réduit, et l'aspect de représentation démocratique au contraire s'accroît. La décentralisation, ils sont pour à condition qu'elle ne soit pas sous controle populaire, donc régionnale. s'ils veulent la peau du département c'est moins pour ce qu'il est que pour ce qu'il pourrait devenir, l'échellon le plus démocratique de l'État.