Hommage aux martyrs de Charonne

9 Février 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Histoire - Notre mémoire

Le 8 février 1962, 9 manifestants contre la guerre d’Algérie et les crimes de l’OAS étaient tués à Charonne.

Parmi eux 8 communistes dont Anne-Claude Godeau, employée aux Chèques postaux dans le 15ème et Jean-Pierre Bernard, dessinateur à la direction des télécommunications du boulevard de Vaugirard, secrétaire de la section ParisXV-Pasteur, père de trois enfants.

Hommage leur a été rendu, comme chaque année, au nom de la CGT et du PCF, devant la plaque commémorative, à l’entrée du bâtiment des Chèques Postaux.

Anne-Claude Godeau avait 24 ans. Originaire de Nantes, elle était venue chercher du travail à Paris comme tant d’autres provinciales. Elle fut bientôt mêlée au grand mouvement des travailleurs parisiens. Elle avait adhéré aux Parti communiste aux Chèques Postaux où elle travaillait à la brigade B du service bancaire.

Le soir du jeudi 8 février 1962, avec d’autres camarades des CCP, elle était allée crier sa colère contre les crimes de l’OAS, cette organisation criminelle fasciste qui entendait désespérément maintenir la domination coloniale sur l’Algérie, dont un nouvel attentat venait de défigurer la petite Delphine Renard.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes participaient à la manifestation pacifique à l’appel de la CGT, du PCF, du Mouvement de la Paix et d’autres organisations démocratiques.

Se montrant complice des fascistes, le pouvoir répond par le déchaînement prémédité de violence policière. Un certain Maurice Papon était alors Préfet de police de Paris. Le même avait fait jeter à la Seine le 17 octobre 1961 des centaines de manifestants algériens.

Il y eut 9 morts le 8 février 1962, écrasés au métro Charonne, assassinés par le crime d’Etat du gouvernement d’alors.

Dès la nuit, les agents des chèques débrayaient.
Le 13 février, la CGT prend l’initiative d’un mot d’ordre d’arrêt de travail national, suivi par d’autres organisations syndicales. Un million de personnes défilent dans les rues de Paris en hommage aux martyrs de Charonne. L’opinion évolue en faveur d’une fin rapide de la guerre d’Algérie. Le 19 mars 1962, l’ordre de cessez-le-feu est donné.

Souvenons-nous d’Anne-Claude Godeau, de Jean-Pierre Bernard et de leurs camarades, de leur engagement pour la paix, pour un monde plus humain, plus fraternel, engagement et lutte malheureusement toujours d’actualité dans le monde et dans notre pays.

Le 9 février 1962, les parents d’Anne-Claude Godeau recevaient sa dernière lettre à Nantes : « Ce soir, je vais à une manifestation à la Bastille, encore interdite par le Préfet de police. Vraiment on fait tout pour protéger l’OAS ».

La plaque à la mémoire de Jean-Pierre Bernard à été transférée, à l'extérieur de l'ancienne direction des télécoms, sur la rue, 18 boulevard de Vaugirard, depuis la vente de l'immeuble.
undefined

A la une des "Nouvelles du 15ème" le 10 février 1962, hebdomadaire du PCF Paris 15

undefined

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article