Présentation dans l'Huma

28 Janvier 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes!

Texte de base commune alternative pour le 33ème congrès du PCF.

Présentation du texte et de sa démarche, publiée dans l’Huma du 25 janvier 2006  

Une base commune alternative pour rassembler les communistes (qu’ils aient la carte ou qu’ils ne l’aient plus) pour rompre avec la « Mutation-dispartition » du PCF et développer l’action communiste.

Notre texte met mal à l’aise la direction du Parti. Elle a d’abord refusé de le reconnaître bien qu’il ait été dûment déposé avec plus des 200 signatures requises. Elle refuse maintenant de le publier intégralement dans l’Huma contrairement aux autres bases alternatives. L’intervention de centaines de camarades l’a contrainte à le valider finalement comme « texte alternatif » puis à concéder cet espace dans le journal.

Effectivement, notre texte s’oppose radicalement la stratégie de « Mutation-disparition » du PCF qu’elle entend poursuivre.

Engagée depuis 1994, formulée en 2000 à Martigues puis confirmée aux 31ème et 32ème congrès, la « Mutation » réformiste a réduit l’influence du Parti à 3,37%, l’a vidé des 4/5èmes de ses adhérents. Elle l’a durablement décrédibilisé avec la participation active entre 97 et 2002 à un gouvernement qui a servi loyalement les intérêts du capital.

La direction réussit le tour de force dans sa base commune d’esquiver complètement ce bilan catastrophique.

Le résultat du référendum du 29 mai illustre le rôle décisif que pourrait tenir le PCF, s’il redevenait le parti de classe dont le mouvement social a besoin. La période de la campagne a montré que le Parti pouvait regagner de la crédibilité et même des forces quand il semble reprendre une position de lutte.

Loin de tirer les enseignements du 29 mai, la direction du Parti s’arc-boute sur les choix fondamentaux de la « Mutation ».

Elle s’obstine à privilégier la présence dans les institutions et les alliances électoralistes plutôt que les luttes et le terrain de classe.

Le 29 mai, les électeurs ont condamné le jeu politicien de l’alternance et les forces politiques qui l’incarnent, regroupées dans l’« Union sacrée » pour le OUI. Malgré cela, la direction décide de s’enfermer dans la seule visée des échéances électorales et des combinaisons politiciennes pour 2007. Elle tend la main aux dirigeants du PS qui ont outrageusement fait campagne pour le OUI avec l’objectif stratégique de « rassembler toute la gauche ». Programme flexible, promesses illusoires, le remake de la « gauche plurielle » est en vue.

Le PCF représente dans l’Histoire et l’inconscient collectif de la France le seul parti de masse et de classe dont la raison d’être est de représenter et d’organiser dans la lutte anticapitaliste contre l’idéologie dominante les catégories sociales qui ont objectivement le plus intérêt à renverser l’ordre capitaliste. Pourtant la direction poursuit méthodiquement l’effacement de l’identité du PCF. La nature de classe du vote NON (79% des ouvriers, 70% des paysans, des chômeurs, 67% des employés, la majorité des jeunes, des enseignants, un grand nombre de techniciens et de cadres) souligne ce contresens.

La direction a sabordé l’organisation révolutionnaire du Parti, dans les statuts et dans les faits, les cellules, l’activité à l’entreprise et dans les quartiers populaires. Elle promeut maintenant comme instances de décision des « forums » aux contours et contenus flous et attrape-tout pour cautionner des alliances de sommet.

L’adhésion au PGE, placé sous la tutelle des institutions de l’UE, qui se réclame ouvertement du réformisme, participe de la même logique d’effacement.

La direction persiste à abandonner les « fondamentaux » du PCF, marxistes mais aussi léninistes, alors que ces outils théoriques sont plus que jamais indispensables pour comprendre et combattre le capitalisme et porter une perspective révolutionnaire. L’auto-flagellation sur l’Histoire du communisme au 20ème siècle reste de mise, au lieu de l’analyse critique nécessaire de ces expériences, approfondie mais partant d’un point de vue communiste.

Le premier objectif de notre texte, c’est de donner les moyens au plus grand nombre de camarades d’exprimer l’exigence de rupture avec cette « Mutation-liquidation » du Parti.

La responsabilité des communistes est déterminante pour ne pas laisser enfermer le mouvement populaire dans la résignation et le fatalisme, dans l’impasse politique dans laquelle il se trouve depuis vingt ans. Faute de quoi, on laisse le champ libre à la droite pour accélérer la destruction du pays, l’exploitation des travailleurs télécommandées par le MEDEF. A terme cette situation fait le lit de l’extrême-droite sous toutes ses formes.

La priorité doit être donnée au mouvement populaire, à l’action communiste dans les luttes. Mettre tout de suite, en 2006, en échec la politique au service du capital, travailler à la convergence des luttes, c’est là que se trouve aujourd’hui la perspective politique. La victoire du NON, les luttes contre le démantèlement de la protection sociale, les privatisations et la casse du service public, contre la casse du droit du travail, les délocalisations… montrent les possibilités de rassemblements majoritaires.

Notre texte met en avant 6 priorités de luttes immédiates dans une logique de ruptures.

Rupture avec le schéma de l’alternance, les alliances au sommet et la satellisation du PCF au PS.

Rupture avec le consensus autour de l’intégration dans l’UE, relais de la mondialisation capitaliste et rejet des directives et des traités européens. C’est une absurdité de défendre l’idée d’une renégociation de la « constitution » que les Français et Néerlandais viennent de mettre au panier dans l’intérêt de tous les peuples. Le cadre national, que la mondialisation capitaliste veut écraser, reste le lieu principal de la lutte des classes, le plus propice pour construire un rapport de forces politique. Cette conviction appelle un renforcement de notre engagement internationaliste avec notamment une solidarité active avec Cuba et les peuples d’Amérique latine.

Notre but, c’est avant tout la rupture avec le capitalisme, non son « dépassement ». Au lieu d’une « visée» fumeuse et lointaine laissant toute la place au réformisme, nous mettons en avant dans la perspective du communisme le socialisme et l’exigence de l’appropriation sociale des grands moyens de production et d’échange, de (re)nationalisations.

La démarche portée par notre texte ne s’arrête pas au Congrès, encore moins au vote des 3 et 4 février où nous voulons contribuer à mettre le texte de la direction en minorité. L’enjeu ne peut se limiter non plus à la question des candidatures communistes en 2007 (nécessaires mais non suffisantes).

Notre but, c’est d’appeler le maximum de camarades à se rassembler, à faire vivre, recréer leurs organisations de base dans les entreprises, les quartiers, les villages pour relancer l’action communiste, en s’émancipant des appareils départementaux et nationaux mutants.

Aussi notre texte s’adresse autant aux camarades qui ont la carte qu’à ceux qui ne l’ont plus dont beaucoup ont été mis à l’écart par la « Mutation ».

Nous proposons de réunir 1000 signatures d’ici la fin mars.

« Remettre le PCF sur les rails de la lutte des classes » ne peut être que le fait des communistes eux-mêmes. Les communistes, le monde du travail doivent se réapproprier leur organisation politique, le PCF, et tout ce qu’il représente dans le pays.

Plus que jamais, il y a besoin d’un parti communiste pour une alternative anticapitaliste. Le monde doit changer de base. Le PCF doit retrouver la sienne !

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