Beaugrenelle: la plus grande opération immobilière de Paris. Le PCF 15ème avec les riverains contre la spéculation

8 Mars 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #PARIS

Nous reproduisons ci-dessous un texte récent du Comité de défense de Beaugrenelle - Front de Seine - Charles Michels.
Comme dans les années 60 et 70 déjà, les communistes du 15ème sont en première ligne pour combattre la spéculation immobilière dans ce quartier si convoité par la finance internationale. 
Nous avons été, malheureusement, les seuls à s'engager contre la liquidation de l'Imprimerie nationale, située à deux pas, et la braderie de ses bâtiments au fonds de pension Carlyle en 2004. Depuis, le scandale a éclaté nationalement et les responsables politiques, responsables au sens fort du mot, jouent les consternés.
Tour à tour dans le quotidien Les Echos, Mme de Panafieu et M. Delanoë viennent de rivaliser de propositions pour que Paris concurrence Londres comme capitale européenne de la finance. Cela ne peut se faire qu'aux dépens des habitants et des travailleurs parisiens. Beaugrenelle risque d'en être l'exemple le plus flagrant.
Sur la base de notre analyse, nous soutenons l'action des associations de riverains depuis l'annonce des nouveaux projets immobiliers en 2003. Et nous continuerons d'où que vienne la politique qui fait le jeu des puissances d'argent à Paris!

Texte du Comité de défense:

Beaugrenelle : plaçons la future municipalité devant ses responsabilités !

Depuis cinq ans, nous combattons les immenses projets immobiliers à Beaugrenelle, et leurs lourdes conséquences. Nous continuons parce qu’il s’agit de l’avenir de notre vie dans le quartier.

La partie n’est pas facile. Nous sommes confrontés à la plus grande opération immobilière dans la capitale confiée aux promoteurs Apsys et Gécina, une des premières foncières de France, déjà responsable de dizaines d’opérations de ventes à la découpe à Paris. La nature spéculative du projet, la recherche du maximum de profits est directement à l’origine du caractère disproportionné du nouveau centre commercial qui risque d’écraser le 15ème, de l’éviction des équipements publics et sociaux, de la menace sur la mixité sociale dans le quartier.

Nous intervenons dans la campagne des élections municipales parce que la Ville de Paris et sa société d’économie mixte, la SEMEA15 devenue Sempariseine détiennent toutes les clefs du projet, comme propriétaires des terrains, aménageurs, représentants, du moins théoriquement, des intérêts de la collectivité.

Vu l’ampleur du projet, l’opération Beaugrenelle est un enjeu qui concerne tout Paris et nous ne cessons d’alerter au-delà du 15ème et d’essayer de briser la chape de plomb qui pèse sur ce dossier majeur.

La bataille continue point par point dans le quartier.

Sur trois sujets urgents, nous exigeons des engagements clairs, précis et immédiats des prétendants à la Mairie du 15ème et à la Mairie de Paris.

 

1- Non aux tours aéroréfrigérantes ! Avec 7 autres associations, nous avons déjà collecté 3500 pétitions contre ces tours. Il est démontré que ce système de climatisation présente de graves risques sanitaires (légionellose). Des précédents dramatiques ont eu lieu notamment aux abords de la Gare d’Austerlitz. Devant la mobilisation des habitants, les principaux candidats se disent enfin « favorables » au raccordement au réseau souterrain Climespace. Mais ils doivent s’engager à contraindre les promoteurs à faire ce choix et donc à le financer.

 

2- Pour le maintien du Centre médical Beaugrenelle.

Dès le lendemain du 2nd tour, les promoteurs ne cachent pas leur intention d’envoyer les pelleteuses sur le centre médical. Ce centre de santé conventionné, accessible à tous aux tarifs de la Sécurité sociale, compte 35000 patients. Il est indispensable de le maintenir. Nous ne nous contenterons pas de vagues promesses, pendant qu’on détruira le centre. Nous exigeons qu’il soit immédiatement relogé dans le quartier. Son fonctionnement ne doit pas s’interrompre. Il doit être à terme replacé dans le périmètre du nouveau centre commercial. Evidemment les promoteurs n’en veulent pas car il n’est pas assez rentable. C’est à la Ville de les obliger à l’intégrer dans leur projet.

 

3- Sécuriser le chantier. Les travaux déjà engagés depuis la place Charles Michels se sont effectués dans des conditions absolument déplorables. Un appartement a même été éventré. A plusieurs reprises, nous avons dû faire interrompre les travaux devant le danger pour les habitants. On est aux antipodes des normes affichées de « haute qualité environnementale ». Nous exigeons que la Sem et la Ville mettent en œuvre les moyens nécessaires pour garantir la sécurité de la suite du chantier, sachant que les travaux en cours ne représentent que 2% des constructions prévues.

 

A court terme, nous demandons également des dispositions pour réduire l’impact du projet.

Outre le centre médical, plusieurs autres équipements sont menacés. Nous demandons des garanties de réinstallation de l’antenne de police et du bureau de poste, et leur extension en fonction du nombre de visiteurs attendus, de 12 à 25 millions par an, 7 jours sur 7, selon les différents chiffrages des promoteurs.

Il n’échappe à aucun observateur sérieux que cet afflux, provenant d’une zone de chalandise de 1 million d’habitants, ne pourra pas être canalisé par la seule ligne 10 du métro et les 3 lignes de bus. Nous demandons des études d’impact contradictoires sur les effets sur la circulation dans les rues étroites de notre quartier et dans tout le 15ème. Nous refusons la perspective d’engorgement et de pollution entraînée par le projet, en complète contradiction avec les objectifs affichés de la municipalité sortante.

Revoir l’ensemble du projet : il est encore temps !

Nous nous opposons formellement à la vente des emprises publiques aux promoteurs. La municipalité a décidé de la rendre possible sur une grande partie de la dalle du Front de Seine rendant possibles d’autres opérations immobilières spéculatives. Nous refusons de faire les frais de la concurrence avec Londres pour devenir la capitale européenne de la finance.

Nous demandons à la future municipalité de renoncer à cette privatisation de terrains publics acquis au nom de l’intérêt général, souvent par expropriation. Nous poursuivons une action en justice dans ce sens.

Nous constatons que la vente à Apsys-Gécina n’a pas encore eu lieu. La délibération du Conseil de Paris du 15 mai 2006 prévoit qu’un cahier des charges préalable est soumis à concertation publique. C’est un peu fort ! La Ville laisse Apsys et Gécina avancer leur projet, détruire et construire et compte leur vendre les terrains après quand tout sera fini et que l’obligation de concertation sera caduque.

Nous continuons d’exiger une remise à plat du projet, l’ouverture d’une véritable concertation, la diminution des surfaces commerciales prévues, le maintien et le développement des équipements publics, sociaux et culturels dont la population a besoin.

Pour la démocratie, mieux vaut tard que jamais !

 

Quelle que soit la future municipalité, rompre avec les pratiques antidémocratiques !

Toutes les sensibilités politiques existent parmi les membres de notre comité. Ils les gardent à la veille de l’élection. Mais nous ne pouvons pas passer sous silence la conduite du projet par les représentants de la municipalité de Paris et de la SEM depuis le départ. Nous ferions pareillement si une autre équipe avait agi de même.

A Beaugrenelle, la « concertation » a tourné à la caricature. On a voulu cacher l’ampleur du projet, présenté comme la réhabilitation de l’ancien centre. A chaque fois, il a fallu que nous découvrions par nous-mêmes la vérité. A chaque fois, il s’est avéré que nous avions raison.

Lors des enquêtes publiques, des milliers de riverains ont exprimé leur opposition au projet (plus de 6000 en 2006). Mais imperturbablement, les responsables reprennent un sondage tronqué commandé par Apsys-Gécina.

Le concours d’urbanisme et la consultation des habitants promis en 2003 sur plusieurs projets d’aménagement ont été purement et simplement annulés.

Les annonces mensongères se poursuivent. 1200 emplois créés ? C’était 800 au début sans tenir compte des emplois préexistants détruits et des emplois menacés dans les autres commerces du 15ème.

Le Conseil de quartier s’est retrouvé le seul lieu d’échange et de concertation. Mme Hidalgo, membre titulaire, le déserte depuis trois ans. Visiblement, elle craint la contradiction. En témoignent aussi son refus de nous rencontrer et sa manière de fuir l’échange ces derniers jours.

Les responsables, dont Anne Hidalgo, présidente de la Sem, ont manifesté un mépris pour la population et ses associations qui n’a d’égal que leur complaisance pour les promoteurs.

La municipalité a cédé à toutes les prétentions des promoteurs.

Pas de limitation du coefficient d’occupation des sols dans le PLU : ils pourront continuer à densifier le Front de Seine.

Modification sur mesure du plan de prévention du risque inondation (PPRI) : ils pourront creuser et installer des cinémas au 3ème sous-sol en bord de Seine.

Ils veulent les pleins pouvoirs à l’avenir : la municipalité s’engage à leur vendre en pleine propriété les terrains publics acquis dans les années 60 au nom de l’intérêt général.

La municipalité a même tenté (conseil de Paris du 14 mai 2007) de faire rentrer Gécina et Apsys dans le capital de la Sempariseine. Notre intervention a contribué à mettre en échec cette tentative grossière de laisser les promoteurs s’emparer de toutes les commandes.

Cela ne peut plus durer !

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Erwann Kérozen 11/03/2008 22:44

Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, a donné naissance le 19 février à Paris à son quatrième enfant, une petite fille nommée Térébentine, a-t-elle annoncé lundi à l’AFP. Sur le bulletin du mouvement, Vert électro, la naissance est annoncée par un “Bienvenue à la petite Térébentine Cantat-Duflot”. Désignant couramment un dissolvant, la térébenthine (avec un h) est l’huile résineuse provenant des conifères. Un prénom choisi pour ses résonances landaises, région dont le compagnon de Cécile Duflot, Xavier Cantat, frère de Bertrand, est originaire.