La remontée du PCF à 8,82%

17 Mars 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #PARIS

Après le 2nd tour des cantonales et municipales, le résultat le plus important des élections pour ceux qui luttent contre la politique au service du Medef reste la remontée du PCF à 8,82%

Sarkozy, Fillon et leur gouvernement ne peuvent plus se prévaloir d’un soutien du pays à leur politique. C’est un résultat important pour s’opposer à la poursuite, déjà annoncée, de leur programme antisocial de contre-réformes structurelles.

Les résultats du 2nd tour des élections municipales et cantonales ont confirmé et amplifié le désaveu de l’UMP. L’UMP et ses alliés perdent de nombreuses mairies de grandes villes et plusieurs conseils généraux.

Le PS est le principal gagnant en terme de sièges. Mais le vote s’inscrit toujours dans la logique de l’alternance. On doit parler d’un vote sanction par défaut.

Du point de vue électoral, le PS profite du très haut niveau de l’abstention, 35% en moyenne, atteignant 40 à 50% dans les grandes villes et du recul de la droite. Avec 26% au 1er tour des cantonales, il reste stable par rapport à 2004.

Du point de vue politique, le PS n’a opéré aucune inflexion sur ses positions de la campagne présidentielle. Il ne conteste pas sur le fond les contre-réformes du pouvoir. Ses parlementaires viennent de permettre à Sarkozy de ratifier le nouveau traité européen. La politique de main tendue au Modem, fusion dans ne nombreuses villes, appels du pied de Ségolène Royal, Martine Aubry ou Bertrand Delanoë, souligne ces orientations. Le PS et ses dirigeants, renforcés par les élections locales, ont les yeux rivés vers 2012.

Le deuxième tour ne doit pas effacer le résultat le plus important du 1er : la nette progression du PCF. Les candidats communistes ont enregistré 8,82% aux élections cantonales et obtenu de très bons résultats aux municipales, dans les villes où ils conduisaient des listes « d’union de la gauche », mais aussi en particulier dans les villes où ils affrontaient des listes PS. Le résultat du PCF aux cantonales, en léger retrait par rapport à 2001 (-0,9%) est en progression par rapport à 2004 (+0,9%). Sur 50% du territoire, le PCF rassemble 1.150.000 voix alors Marie-George Buffet n’en a recueilli aux présidentielles que 707.000 dans tout le pays.

 

Ce résultat représente un grand encouragement pour les communistes et un point d’appui important pour les salariés, retraités, jeunes pour les luttes à venir.

 

Le redressement du PCF est parti de la base. Les électeurs ont retrouvé l’utilité du vote communiste dans chaque campagne locale. Les candidatures PCF, identifiées comme telles et se distinguant du PS et de la « gauche » indéterminée, ont porté l’engagement des militants communistes dans les luttes locales comme nationales, contre le traité de l’UE, pour une véritable alternative politique.

Le résultat apporte un démenti manifeste à tous ceux qui, y compris dans les rangs de la direction du Parti, veulent enterrer le PCF et se répandent sur son déclin « inéluctable ».

Il invalide la ligne d’effacement, d’affadissement de ses positions et d’inféodation au PS, poursuivie par la direction du PCF.

Les élections ont rendu encore plus pressante l’exigence d’une rupture avec cette stratégie suicidaire. Déjà, en décembre, lors de l’Assemblée nationale extraordinaire du Parti, la direction du PCF a dû reculer sur son ordre du jour de disparition du PCF et de transformation en « nouveau parti ».

Aux élections, les participations, acceptées ou prétendument subies, à des listes PS-Modem, avant le 1er tour ou entre les deux tours, ont suscité un vent de réprobation salutaire de tous les communistes qui refusent que l’on passe de l’union de la gauche à la caution du social-libéralisme et à une recomposition politique qui élimine la gauche révolutionnaire.

L’union sans condition, pour préserver quelques places, est apparue d’autant moins tolérable que le PS s’est livré dans bien des villes et départements à une entreprise ouvertement anticommuniste, en particulier en Seine-Saint-Denis. Le PS s’est évertué à faire perdre au PCF villes et cantons. Que font aussi les députés communistes dans le même groupe parlementaire que Noël Mamère qui coalise depuis 1989 droite et socio-démocrates contre les communistes à Bègles et dont l’amie Voynet se félicite d’avoir éradiqué le communisme à Montreuil avec l’appui de la droite ?

Le PS aime le PCF faible et soumis. Les communistes le veulent fort et combatif ! Encouragés par le 9% des voix, les communistes peuvent relever la tête !

La raison d’être anticapitaliste du PCF est plus actuelle que jamais. Il a présenté plus de candidats que les partis gauchistes réunis ne comptent d’adhérents, LO et LCR (qui bénéficient d’une étonnante complaisance médiatique). Comment accepter, aujourd’hui comme hier, qu’ils se sustentent de l’affaiblissement du principal et du plus conséquent parti historique du monde du travail en France ?

Les batailles s’annoncent contre la casse du contrat de travail, de l’hôpital public, de l’éducation nationale, du logement social… contre la nouvelle étape du démantèlement de la retraite solidaire par répartition… Pour les mettre en échec, le pays aura besoin d’un parti communiste fort ! Dans nos quartiers et nos entreprises, nous répondons présents. Rejoignez-nous !

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Pasquale NOizet 18/03/2008 09:43

Tout à fait d’accord avec cette analyse. Fort de notre remontée dans les urnes nous devons restés plus que jamais mobilisés dans les luttes mais aussi continuer à affirmer haut et fort le rôle des communistes dans le combat à mener pour changer radicalement la société. Les faits le prouvent que ce soit en France que partout dans le monde, le capitalisme ne cache plus ses objectifs totalitaires d’exploiteur de tout le prolétariat, les patrons les plus conservateurs voire paternalistes qui donnaient encore le change auprès d’une tranche de travailleurs, ont rejoint un passé clairement révolu . La finance est l’alpha et l’oméga à l’échelle mondiale qui permet de passer au dessus de toutes les lois et d’obtenir le soutien des politiques basées sur le super profit. Dans ce jeu de dupes et à l’échelle de notre pays, de nos villes et de nos quartiers, les communistes plus que jamais ont un rôle a joué non pas de compromis comme la gauche actuelle le comprend mais réellement de démarche révolutionnaire qui soit constructive dès maintenant dans une alternative politique de changement et qui donne à pense et à préparer concrètement au prochain congrès du PCF une ligne claire pour un avenir résolument basé sur la théorie marxiste révolutionnaire tout en prenant en compte le « nouveau » visage que ce donne le capitalisme aujourd’hui.