29 mars: solidairement défendre la retraite solidaire!

30 Mars 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Défense de la retraite par répartition

Défense de la retraite solidaire

Gagner l'union des salariés!

Briser le consensus politique!

 

Malgré la défaite, dès le soir des élections, Fillon annonçait une accélération des contre-réformes antisociales, à commencer par la nouvelle phase du démantèlement du système solidaire de retraite par répartition. C’est une provocation !

Sarkozy et Fillon viennent pourtant de perdre l’un de leurs (faux) arguments préférés. Depuis les élections municipales et cantonales, ils ne peuvent plus se prévaloir d’une légitimité électorale, même par défaut.

Ils assènent à nouveau l’argument de la prétendue faillite de l’Etat et de la Sécurité sociale pour justifier de nouveaux sacrifices aux salariés. C’est eux-mêmes qui ont creusé les déficits du budget de l’Etat et de la Sécurité sociale, en accordant 15 milliards d’euros par an de réductions d’impôts aux plus riches avec le « paquet fiscal » de l’été 2007 et en portant à 30 milliards par an les exonérations de cotisations patronales pour le bonheur des profits des entreprises du CAC 40. Rendez l’argent ! Ils se précipitent maintenant pour subtiliser le milliard d’euros d’excédents de l’Unedic obtenu en pressurant les indemnités des chômeurs.

Dans tous les secteurs, les luttes se développent et atteignent parfois un niveau inédit comme dans l’audiovisuel ou la justice. Sur quoi bute le mouvement social?

L’avenir des retraite: point de convergence des luttes.

Le défi et la priorité sont plus que jamais de construire les convergences de lutte. C’est particulièrement évident pour la défense des retraites. Le gouvernement a étudié minutieusement son calendrier. En automne, il s’attaque aux « régimes spéciaux » des salariés des entreprises publiques pour lever l’obstacle à la nouvelle étape de la loi Fillon de 2003 contre tous les salariés (41, 42 annuités). Il laisse traîner les « négociations » sur la prise en compte de la pénibilité et prépare un projet de loi pour l’été.

Dans le même temps, il tente d’éluder les revendications des retraités, qui avec 1,1% d’augmentation de leur pension, s’apprêtent à perdre encore 3% de pouvoir d’achat cette année.

Il est temps de déjouer cette entreprise de division.

Par la capacité de mobilisation des agents concernés, les références qu’ils représentent en terme de durée de cotisation, de prise en compte de la pénibilité, la bataille pour la défense des régimes spéciaux reste essentielle pour toute la lutte pour les retraites.

Le piège des négociations ouvertes au plus fort de la grève de novembre est maintenant démasqué. Elles n’ont abouti à aucune « amélioration » du projet du gouvernement mais ont servi à désamorcer le mouvement. Au contraire, les décrets RATP/SNCF, en principe applicables au 1er juillet, prévoient le passage à 41 annuités à partir de 2009.

Préparer les conditions d’une reprise du mouvement dans le secteur public est décisif pour tous. Ajoutons que l’argument de l’équité a été balayé par la révélation des montants des pensions du public, sensiblement égaux sinon inférieurs à ceux du privé.

Les objectifs du gouvernement sont clairs: permettre au Medef et à la finance de mettre la main sur les 140 milliards d’euros de financement des retraites. Continuer à démanteler la retraite par répartition permet au Medef d’obtenir de nouvelles exonérations de cotisation et en même temps de diriger vers la finance, les fonds de pension… une nouvelle part des salaires nets.

Le prétexte de la démographie tient d’autant moins que 60% des salariés faisant valoir leur droit à la retraite à 60 ans ne sont plus en activité (chômage…).

Les financements pour maintenir et reconquérir les retraites existent. Il faut rendre à la Sécurité sociale l’argent qui lui revient (voir au dos). Dans ce contexte, il n’y a aucune raison d’en rabattre sur les revendications et de rentrer dans la logique de déclin de la Sécu. C’est aussi la façon d’unir les salariés.

Refus de tout allongement de la durée de cotisation. Retour à 37,5 annuités pour tous. Pas touche à la retraite à 60 ans!

Retour dans le privé à l’indexation des pensions sur les salaires, au calcul sur les 10 meilleures années.

Augmentation du minimum contributif (pas de pension au dessous du SMIC), départs anticipés pour les travaux pénibles...

Ces propositions se heurtent à l’absence de perspective politique. Celle-ci ne peut partir, dans la période, que des luttes elles-mêmes.

Le recul électoral de la droite s’est fait en direction de l’abstention et de la gauche. Le PS est le principal gagnant en sièges de maire. Mais il s’agit d’un « vote sanction par défaut », le PS ne portant pas une alternative politique que les questions de fond. Ses parlementaires viennent de voter avec Sarkozy la ratification du nouveau traité de l’UE, rejeté par le peuple en 2005. Sur les retraites, le PS n’a pas soutenu le mouvement des agents RATP/SNCF/EDF. Il est à l’origine d’une grande partie des déductions de cotisations sociales, au nom des 35h. Il évoque régulièrement une augmentation de la CSG. Etc.

C’est bien pour cela aussi que la droite au pouvoir peut se permettre d’accélérer encore le rythme de sa politique de casse sociale. Aujourd’hui, la perspective politique est ailleurs, dans le mouvement des luttes lui-même, dans sa convergence pour mettre en échec au moins sur un point du programme de Sarkozy.

La remontée du PCF, à 8,82% aux cantonales, peut être un atout pour construire cette perspective.

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