La défense de l’enseignement professionnel public : une priorité

6 Mai 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Education nationale

La défense de l’enseignement professionnel public : une priorité

 

La mobilisation des lycéens tient bon malgré les campagnes de dénigrement. Le retour de vacances a été marqué dans chaque académie par des actions significatives. La manifestation du 6 mai à Paris a réuni près de 6000 lycéens. Elle constitue un jalon dans la préparation de la journée de grève du 15 mai qui s’annonce décisive, réunissant lycéens, enseignants, personnels techniques en convergence avec l’action des autres agents de la fonction publique.

N’en déplaise à M. Darcos, l’action des lycéens montre un sens élevé de la responsabilité. Ceux qui les taxent d’inconscience savent bien qu’ils veulent défendre leur avenir, défendre les conditions de leur formation et de leur réussite, dans l’intérêt du pays.

La mise en échec du plan de suppressions de 11200 postes, préalable à celle de 85000 autres d’ici 4 ans, est l’objectif capital (voir notre tract).

La défense de l’enseignement professionnel public est également un souci prioritaire.

Le projet de généralisation à partir de 2009 des bac pro en 3 ans, au lieu de 4 aujourd’hui, fait en effet peser une lourde menace pour l’ensemble du système.

Aujourd’hui, la préparation du bac professionnel comprend 2 ans de BEP puis 2 ans pour le bac pro proprement dit.

Le passage général à 3 ans, avec soi-disant le même contenu du diplôme (est-ce possible ?), va conduire à diminuer la qualification moyenne, à laisser encore davantage de jeunes sur le bord de la route. Pour deux raisons :

-         Un grand nombre d’élèves risquent de ne plus décrocher le bac. Déjà aujourd’hui, 61% des titulaires du BEP ne vont pas jusqu’au bac et 20% ont besoin de 5 ans pour construire leur qualification professionnelle et y arriver. Ce sera encore plus difficile en trois ans.

-         L’avenir et la valeur des BEP sont directement menacés. Après avoir laissé entendre leur disparition pure et simple, le ministère reste dans le flou et évoque un système d’obtention automatique par contrôle continu. Le BEP risque en fait de cesser d’être un diplôme en tant que tel, valorisable dans la vie active. La recréation éventuelle de CAP marquerait le recul de la qualification polyvalente.


Pour former 3 ans au lieu de 4, il y aura besoin de moins d’enseignants et de moins de moyens. Il n’est pas difficile de voir là une des motivations principales du gouvernement. Faire des économies pour compenser les cadeaux fiscaux consentis aux plus riches. Des milliers de postes, des établissements entiers sont menacés

L’autre objectif est de drainer des élèves vers les formations privées, payantes, entièrement contrôlées par le Medef suivant ses intérêts immédiats, à l’image de l’apprentissage à 14 ans, aux dépens notamment de la formation générale.

Le Medef déjà guidait en 2001 le gouvernement de « gauche plurielle » vers l’ouverture de filières « expérimentales » de préparation du bac pro en 3 ans. Les résultats traduisent le développement d’une forme de sélection. Les rapports officiels eux-mêmes estiment que l’expérience n’est pas généralisable.

Devant la mobilisation des lycéens et des enseignants, le pouvoir essaye de louvoyer. Il reporte certains transferts de 4 à 3 ans à 2009, suivant les rectorats. Il temporise pour laisser passer l’orage de la mobilisation générale de l’éducation nationale pour le maintien des 11200 postes.

Raison de plus pour amplifier et élargir la mobilisation, pour que le 15 mai sonne le recul de Sarkozy et Darcos.

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M
Défendons le service public de Météo France!http://www.sauvonslameteo.fr/ Météo-France est un établissement public à caractère administratif qui a pour missions l’observation et la prévision du temps, l’étude de l’atmosphère et du climat. La Direction de Météo-France a annoncé la fermeture de plus de la moitié des centres météorologiques (maintien d’environ 40 centres sur la centaine existant actuellement). Cette décision est guidée par la seule « logique comptable » de réduction des moyens pour les services publics qui se traduirait à Météo-France par la suppression de 1000 emplois (sur les 3600 actuels). Elle correspond également à la croyance de plus en plus aveugle dans les évolutions technologiques à venir. Cela n’est pas sans rappeler l’époque où l’on croyait naïvement que la modélisation numérique allait remplacer les prévisionnistes, alors qu’elle n’a fait que faire évoluer leur métier. D’autre part, la surveillance du climat et les missions de service public de Météo-France en terme de sécurité des personnes et des biens ont été reconnues incontournables notamment à l’occasion du grenelle de l’environnement. L’Organisation Mondiale de la Météorologie a d’ailleurs rappelé lors de la conférence de Madrid (Mars 2007) « qu’un euro investi dans la météorologie permet d’éviter sept euros de perte pour les sociétés confrontées à toujours plus de menaces météorologiques du fait du réchauffement climatique en cours ». Cette décision entraînerait une baisse significative de la qualité du service rendu et condamnerait la moitié des départements français à être privés de surveillance du climat et de prévision locale. Au côté des usagers, des agents, des élus, nous, signataires demandons :
le maintien des moyens et des missions du service public météorologique (effectifs et budgétaires)
le maintien de tous les centres météorologiques
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