Décryptage communiste de l’actualité – 21 mai 2008

21 Mai 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

1- Fin des 35 heures : une cacophonie bien mise en musique

Depuis quelques derniers jours, les media se sont fait l’écho d’une division à droite entre Devedjian d’un côté, le ministre Bertrand et Sarkozy de l’autre sur les 35 heures. Mais les « couacs » à droite correspondent à deux registres de la même partition. L’attaque « extrémiste » de Devedjian ferait passer les deux autres pour plus modérés et respectueux des acquis sociaux. L’hypocrisie est générale.

Le pouvoir et le MEDEF ne veulent pas abroger les lois Aubry d’il y a dix ans ; ils veulent seulement finir d’en supprimer les quelques dispositions favorables aux salariés. Mais pas question de remettre en cause la flexibilité et l’annualisation du temps de travail, encore moins les quelques 20 milliards d’euros par an d’exonérations de cotisations sociales patronales attribuées par le gouvernement de « gauche » au patronat à titre de « compensation » de la RTT.

Pour le pouvoir, dans la suite des lois Raffarin, la durée légale du travail doit devenir une référence virtuelle. Il veut relever encore les contingents d’heures supplémentaires en faisant sauter les verrous des accords de branche de la période 1999/2004. Xavier Bertrand réclame du « sur mesure, entreprise par entreprise ».

Curieusement, la « position commune » au Medef, à la CGPME, à la CFDT et à la direction de la CGT sur la représentativité syndicale s’apprête à lui permettre de satisfaire cette revendication patronale. Elle prévoit en effet la possibilité, « à titre expérimental », qu’un accord d’entreprise prenne le pas sur un accord de branche précisément sur la question des 35 heures.

Voir notre analyse du 17 avril

Voir l’article de la cellule PCF Pierre Simonnot de Lille


2- Représentativité syndicale : « Xavier Bertrand s’aligne sur la position CGT-CFDT-Patronat » (dépêche AFP du 16 mai).

Le ministre a annoncé qu’un projet de loi reprenant la « position commune » sur la « représentativité syndicale » serait déposé et discuter avant les vacances parlementaires de cet été, c'est-à-dire sans doute en juillet lors d’une session extraordinaire.

La précipitation se confirme sur ce dossier capital qui institutionnalise des rapports de cogestion entre patronat et syndicats et qui rompt avec les fondements et pratiques de syndicalisme de classe de la CGT. Le débat contradictoire, à commencer par l’information sur cette évolution structurelle majeure est une nécessité pour les syndiqués comme pour les militants politiques. Voir l’analyse complète de notre camarade Stéphane Auriol : « du syndicalisme de lutte au compromis ».

Le ministre a indiqué que le projet de loi respecterait le texte de la « position commune » du 9 avril « dans l’esprit et la lettre ». « L’esprit » peut laisser redouter une aggravation notamment sur la question de la hiérarchie des normes, entre les accords d’entreprise, les accords de branche, la Loi.

La complaisance avec laquelle des ouvrages malsains sur le financement des syndicats sont présentés, après l’orchestration du scandale de l’UIMM, participe de la campagne de conditionnement des esprits à la mise sous tutelle des finances des syndicats contre la liberté obtenue avec les lois Waldeck-Rousseau de 1884.

 
3-
« Service minimum » dans l’éducation nationale : diversion, déviation, attaque fondamentale

Jeudi 15 mai, Sarkozy agite le « service minimum » le soir même des fortes manifestations de fonctionnaires et de lycéens. Le 18 mai, malgré l’occultation médiatique de la mobilisation, les enseignants montrent une détermination renforcée en manifestant à 45000 à Paris à l’appel de la FSU. Le soir même Darcos sur Europe 1 en rabat sur le « service minimum » rebaptisé « droit d’accueil » pour les familles. Le lendemain, il s’affirme dans une lettre aux syndicats prêts à négocier sur des questions de rémunération, de conditions de travail.

La stratégie gouvernementale n’est pas neuve. Il tente de déplacer l’objet de la lutte pour faire passer le principal de son attaque : la suppression des 11200 postes préfigurant celle de 90000 autres.

Dans le même temps, il laisse le débat sur « l’accueil minimum » arriver de lui-même à une impasse avec l’impossibilité pour les collectivités locales de l’assurer, ce qui prépare le terrain à la véritable remise en cause du droit de grève par la réquisition de personnels.

La force du mouvement est en train de mettre en échec l’opération. Les syndicats (UNSA) qui renvoyaient déjà la suite du mouvement à l’automne sont en train d’être débordés.

La défense de l’éducation nationale peut être le point de convergence de l’ensemble des luttes parce qu’elle concerne tout le monde. Les manifestations du samedi 24 mai, suivant celles du 22 pour les retraites, peuvent et doivent en être le début de réalisation.

Nos tracts sur l’école en lien.

 

4- GDF : deux données pour poursuivre et intensifier la lutte contre la fusion-privatisation avec Suez :

L’entreprise vient de d’annoncer son bénéfice d’exploitation pour 2007 : 6,1 milliards d’euros ! Cette somme record montre à quel point les augmentations de tarifs et le quasi-blocage des salaires sont scandaleux et ne visent qu’à préparer la privatisation. Les investissements prévus, pour une bonne part uniquement financiers, atteindraient 4 milliards d’euros en 2008.

Dans le même temps, les difficultés juridiques de la fusion se confirment et le PDG Cirelli annonce un report de « plusieurs semaines » (Les Echos du 21 mai). 

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