Intéressement, participation : nouvelle attaque contre les salaires

27 Mai 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

Intéressement, participation : nouvelle attaque contre les salaires

 

Les salariés vivent le résultat de la politique du gouvernement sur le pouvoir d’achat : les difficultés s’accumulent, même pour faire face aux besoins élémentaires des familles. L’INSEE a révélé dans une enquête que le « revenu salarial » des ménages est retombé au niveau de la fin des années 70. Trichet, directeur de la Banque centrale européenne, BCE, suivi par le gouvernement et bien sûr les entreprises incite à la « modération salariale » pour ne pas « alimenter l’inflation ».

Tout cela n’empêche pas Sarkozy de continuer à faire des annonces sur le « pouvoir d’achat » et d’utiliser les difficultés des salariés comme prétextes à des mesures, dirigées en réalité contre leur intérêt, et dans celui du MEDEF.

Il vient ainsi d’annoncer de nouveaux encouragements aux dispositifs de « participation » et surtout « d’intéressement ».

Pour les patrons, ces dispositifs sont tout bénéfice, en particulier par rapport au salaire !

Ils ne paient aucune cotisation sociale sur l’intéressement comme la participation.

Sarkozy leur offre, en supplément, une déduction d’impôt équivalente à 20% des nouvelles primes d’intéressement. Encore des cadeaux fiscaux !

En outre, l’intéressement et la participation permettent d’intégrer les salariés aux objectifs patronaux.

Les salariés, eux, malgré les apparences ont tout à perdre.

Intéressement et participation se développent aux dépens des salaires. On note comment les patrons refusent de trouver de l’argent pour augmenter les salaires mais en trouveraient pour l’intéressement.

Ils sont développés aux dépens de la Sécurité sociale (déjà 3 à 4 milliards d’euros par an)  et de leur retraite, dans le calcul desquels ils ne sont pas intégrés.

Ces dispositifs incitent aussi les salariés à intensifier leur propre exploitation puisqu’ils sont liés, non à la réalité du travail accompli, mais au profit patronal.

Autant de vérités correspondant à une logique d’alliance contre nature entre capital et travail que les communistes ont dénoncées dès le départ, sous de Gaulle, juste aux lendemains de 68. Le projet avancé par Sarkozy, en complément de la logique du dialogue social et des nouvelles conditions de « représentativité syndicale », incite les organisations syndicales à s’inscrire dans la négociation d’accords sur l’intéressement.

La possibilité proposée par Sarkozy de débloquer la participation sans attendre 5 ans comme à présent accentue encore la concurrence avec le salaire et finit de vider le contenu d’épargne du dispositif.

Sarkozy annonce aussi une mise sous condition des exonérations de cotisations sociales patronales. Ne pas se faire d’illusion ! L’obligation de négociations salariales ne sera pas assortie de résultat…

Tout travail mérite salaire ! Exonérations de cotisation, dispositif soi-disant « d’épargne salariale », « Prime » soi-disant pour « l’emploi », participation, intéressement, chèques « cadeaux » etc : tout cela n’est que piège pour les salariés !


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