Rassemblement de soutien aux grévistes - "Castro, nettoyeur de sans papiers".

29 Mai 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Pour la régularisation des travailleurs

Le PCF Paris 15 s'associe à l'appel de l'Union locale CGT du 15ème

Rassemblement de soutien aux salariés grévistes de la SARL Castro

Jeudi 29 mai 2008, entre 12h00 et 13h00, au siège de la société,

63 rue de la Croix-Nivert


Castro, nettoyeur de sans-papiers

Article de l’Humanité du 28 mai 2008

Occupation. Six victimes d’une société de nettoyage parisienne sont victimes d’un patron dangereux.

Il ne reste pas grand-chose du matériel entreposé dans le modeste local de la société de nettoyage Castro, rue Mademoiselle dans le quinzième arrondissement de Paris. « Le patron a loué un camion et a tout emporté », raconte Gory Lamba, en grève car sans papiers comme un salarié sur deux des vingt employés de Castro. Depuis l’occupation de ses murs, l’entrepreneur s’est montré particulièrement violent avec ses salariés. Comme d’ailleurs plusieurs patrons concernés par la deuxième vague de grèves lancée le 20 mai. Après avoir coupé l’électricité et condamné la porte des toilettes, l’employeur, d’origine espagnole, a lancé dix litres d’eau de Javel sur la moquette, aux pieds des six grévistes maliens.

« Je suis chez moi, je fais ce que je veux. Vous n’êtes pas mes fils. Je m’en fous de vous. Je ne vous connais pas », aurait-il dit à ses salariés auxquels il refuse tout soutien à leur demande de régularisation. « Je préfère mourir ou fermer l’entreprise plutôt que vous aider à avoir des papiers », aurait-il ajouté, selon des témoins. Un comportement non-conforme au droit, signalé par la CGT à l’inspection du travail. Pour ne pas s’intoxiquer, Gory, Dansoko, Diarra et les autres ont laissé la porte ouverte toute la nuit. « Le patron est passé nous voir ce matin pour nous demander si on avait bien dormi », raconte l’un d’entre eux. Tous en contrat à durée indéterminée, à l’exception du dernier venu, ils travaillent chez Castro depuis plusieurs années, sont arrivés en France entre 1997 et 2004 et ont entre 31 et 38 ans. « Il dit qu’il ne savait pas qu’ils étaient sans papiers alors que depuis un an la loi oblige l’employeur à vérifier la situation de ses salariés », rappelle Jacky Auchères, de la CGT. « Il a déjà cherché à nous remplacer. Il s’est tourné vers d’autres sans papiers », ajoute Gory Lamba, confirmant l’hypocrisie patronale. Une main-d’œuvre contrainte à la soumission, c’est en effet ce que recherche Castro.

« Il nous fait faire des choses qui ne sont pas dans nos contrats. En plus de nettoyer les parties communes de vingt à trente immeubles par semaine, on ramasse les gravats s’il y a des travaux, on passe le Kärscher dans les parkings. Si quelqu’un est malade, on le remplace. Lui n’est pas payé et nous pas davantage. Cela va dans la poche du patron. On ne prend pas nos congés payés. On travaille tous les jours. On est censé travailler huit heures par jour, mais en fait on en fait entre dix et onze. On n’est pas payé pareil entre 1100 et 1500 euros, mais on ne sait pas pourquoi. Parfois, il nous appelle à n’importe quelle heure de la nuit », témoignent en vrac les salariés.

« Bonjour, j’habite le quartier, qu’est-ce que je peux faire pour  vous aider ? », demande une passante. « On voudrait bien de l’eau chaude. », répond Dansoko en tendant deux Thermos. La dame revient au bout de quelques minutes, avec aussi des duvets. « Vous savez, votre patron habite dans mon immeuble. » Et Diarra dironiser : « Eh bien, nous sommes ses valets. »

Ludovic Thomas

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