Rien que dans le 15ème: des luttes partout!

2 Juin 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #15ème

Rien que dans le 15ème: des luttes partout! Passer de l’ébullition sociale à la convergence des luttes.

Les luttes sociales s’intensifient dans le pays. Le rejet majoritaire de la politique du gouvernement et du président, exprimé dans les sondages et dans les urnes lors des élections municipales et cantonales, se manifeste par un mouvement social puissant et diversifié. De très nombreux secteurs d’activité sont concernés. Prenons l’exemple de notre arrondissement ! Ces derniers jours ont été marqués par plusieurs mobilisations importantes. De nouvelles dates d’action sont fixées.

Les agents du centre des impôts de la rue du Général Beuret, ont été très fortement mobilisés toute la semaine dernière. Lundi 26, le piquet de grève a été évacué par la police. L’assemblée générale des personnels a rassemblé plus de 100 agents. Le mouvement est resté à un haut niveau jusqu’à vendredi. Certains contribuables ont été amenés à prendre davantage conscience de l’utilité du service public. Le centre de Grenelle couvre la collecte de l’ISF pour le 15ème mais aussi pour les 7ème et 16ème. Le désarroi de certains redevables était notable…

Le mouvement des impôts s’inscrit dans le mouvement général contre les suppressions d’emploi dans la fonction publique, contre le projet de loi dit de « mobilité » des fonctionnaires qui l’accompagne, plus spécialement dans l’action contre le projet de fusion impôts/Trésor et les dégradations des services qu’il organise. La manifestation nationale du 10 juin sera une prochaine étape décisive.

A France Télévision (3000 emplois dans le 15ème), le degré de mobilisation des personnels ne fléchit pas depuis la grande grève de février. D’autant moins avec les premières conclusions de la Commission Copé. Le calcul du pouvoir se vérifie. En supprimant le financement par la publicité, en évoquant en substitution des financements improbables (nouvelles technologies) ou politiquement intenables dans cette période (redevance), il prépare le déclin et le démantèlement de l’audiovisuel public, de tout ce qui reste du service public, de sa conception et son esprit. Des centaines d’emplois sont aussi immédiatement en jeu. Les personnels et leurs syndicats représentatifs ne s’y trompent pas. Une journée d’action est prévue pour le 18 juin.

Dans l’éducation nationale, les taux de grévistes le 15 mai ont été plus forts que précédemment dans le 15ème, à peine en dessous de la moyenne à Paris (63% dans les écoles primaires). A l’opposition à la suppression de postes s’ajoute le refus de la suppression des horaires du samedi (et de ses conditions). Les enseignants font face également à la nouvelle étape de la remise en cause de la carte scolaire et au désordre qu’elle occasionne à l’heure des inscriptions. Des parents d’élèves, directement concernés, appuient et participent de plus en plus au mouvement comme ils l’ont montré aux manifestations du dimanche 18 mai et du samedi 24.

Ces mobilisations suivent de peu celles d’avril des lycéens de Buffon, Camille Sée, Louis Armand, Beaugrenelle… Mêmes revendications : l’exigence du maintien des 11200 postes que Darcos veut supprimer à la rentrée, du maintien du bac pro en 4 ans.

Rendez-vous pour tout le monde de l’éducation le 10 juin.

Comme dans des dizaines d’autres entreprises de la région, les salariés, « sans papiers » mais avec bulletin de paie et feuilles d’imposition, de l’entreprise de nettoyage Castro, 10/25 rue Mademoiselle ont engagé une grève pour obtenir leur régularisation, des conditions de travail conformes au droit. Un rassemblement de soutien, jeudi 29 mai, a montré combien leur lutte était aussi celle des salariés des autres entreprises du 15ème contre la casse du droit et notamment du contrat de travail, contre l’allongement du temps de travail…

Dans les grands services publics, les salariés, avec leurs organisations syndicales, continuent de s’opposer à la privatisation rampante. A la Poste, au centre de distribution, la 3ème vague de restructuration dénommée « facteurs d’avenir » menace immédiatement et à court terme des dizaines d’emplois, les conditions de travail de tous et, encore la qualité du service. L’idée d’une riposte coordonnée avec les CDIS des autres arrondissements, déjà frappés, fait son chemin. A EDF et GDF, l’importante mobilisation parisienne de l’automne, animée par le syndicat CGT énergie de Paris, a structuré la résistance à la poursuite du processus de privatisation : filialisation du secteur commercial, concrétisation de la fusion-privatisation de GDF par Suez. La direction ne s’y trompe pas en intensifiant la répression anti-syndicale et les sanctions contre les militants. Au dépôt RATP d’autobus et de trams de Croix-Nivert, l’action est permanente pour les salaires, contre le chantage au travail les jours de repos, contre la course au profit financier exprimée par les objectifs déments et dangereux de vitesse des tramways.

Ce bref descriptif ne reflète qu’une partie de toutes les luttes dans l’arrondissement, notamment des actions pour les salaires et le pouvoir d’achat, pour les retraites dans les entreprises privées, parmi les retraités. Ou bien les actions du secteur hospitalier contre les prémisses du plan Larcher et les coupes budgétaires. Les agents de la Ville de Paris font également face à la pratique « libérale » de la municipalité de Paris, notamment dans le secteur de la petite enfance où la lutte a arraché 255 postes au niveau parisien ou dans les bibliothèques (ouverture le dimanche sans les personnels formés équivalents à la médiathèque Yourcenar).  

Au plan plus local, les mobilisations pour le droit au logement, contre le démantèlement du secteur HLM (banalisation du livret A, remise en cause du droit au maintien dans les lieux, augmentations de loyers, surloyers…), contre la politique favorisant la spéculation s’affirment.

Cette énumération est longue, bien qu’encore incomplète. Tant mieux ! Il faudrait y ajouter les batailles de l’automne dans les universités et contre la casse des « régimes spéciaux » de retraites qui gardent toute leur actualité.

Mises bout à bout, ces luttes représentent une force absolument considérable. C’est vrai qu’on le mesure au niveau d’un arrondissement ou qu’on l’extrapole au plan national.

L’adversaire est toujours le même : la politique au service du Medef et du capitalisme mondialisé, plus précisément le programme cohérent de contre-réformes de gouvernement Fillon et du président Sarkozy. Qu’ils s’appellent Kessler, ex numéro 2 du Medef ou Attali, leurs inspirateurs ont indiqué leur objectif : en finir avec tous les acquis sociaux et démocratiques du monde du travail depuis au moins 1945, en passant par ceux de 1968.

Le pouvoir joue sur la division des mouvements, la résignation. Pourtant la prise de conscience de la cohérence de l’attaque s’étend. L’opposition s’accroît.

Communistes, notre responsabilité est de dégager la perspective politique pour renforcer cette résistance, mettre en échec le pouvoir. Le Ps s’interroge sur son identité libérale. Surtout, il n’apporte pas d’alternative sur le fond à la droite (retraite, universités…) avec laquelle il vient d’approuver le traité européen de Lisbonne que le peuple à rejeté en 2005. 

Attendre une éventuelle alternance en 2012 est une impasse : l’alternative politique peut et doit naître, dans la période, du mouvement des luttes lui-même. Cela se construit. Nous mettons nos propositions et notre organisation communistes à votre disposition pour cela.

Nous vous invitons à venir en discuter mardi 3 juin 2008, à 18h30 au Patronage Laïque, 72 avenue Félix Faure.

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