35 heures : urgence d’une clarification avant le 17 juin - décryptage!

10 Juin 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #REPRESENTATIVITE SYNDICALE

35 heures : urgence d’une clarification avant le 17 juin.

 

Un article dans le Figaro de ce 10 juin : étonnant ou inquiétant ?

« 35 heures : le bureau du Medef unanime derrière la CGT et la CFDT.

Pas une voix au bureau du Medef hier pour soutenir la décision du gouvernement d’aller au-delà de la « position commune » sur le dialogue social à propos des 35 heures. Contrairement à ce qui s’était produit dans le passé, lorsque Laurence Parisot avait été vivement critiquée pour avoir émis des « réserves » sur le CPE, hier le bureau a été unanime. Tous reconnaissent que sur le fond, le projet va contribuer à défaire un peu plus les 35 heures. Mais la procédure est sévèrement jugée : tordre ainsi la « position commune » et déstabiliser la CGT et la CFDT au moment où ces deux syndicats s’engagent pour construire de nouveaux rapports sociaux est considéré comme une faute qui va instaurer un climat de défiance. »

Le Medef au secours de la CGT ? Un raccourci qui déconcerte, même dans le Figaro, et qui appelle encore davantage une attention critique sur la « position commune » signée par la CGT, la CFDT, le MEDEF et la CGPME sur la « représentativité syndicale ». Nous avons publié plusieurs analyses sur ce texte dont « "représentativité": du syndicalisme de lutte au compromis » par Stéphane Auriol, syndicaliste à la RATP, membre du CN du PCF. Le volet 35 heures de ce texte ouvre la voie, dans le cadre d’accords d’entreprise, à une augmentation du temps de temps, entreprise par entreprise, au-delà des accords de branche. Le gouvernement a saisi la perche pour aller plus vite et plus loin dans la mise à mort des dispositions de la loi de 1999, encore un peu favorables aux salariés. Il compte déposer un projet de loi dans ce sens le 18 juin. CGT et CFDT appellent à une mobilisation nationale le 17 contre la remise en cause des 35 heures par le gouvernement. Oui mais sur quelle base ? Pour défendre la « position commune » et une régression sociale « moins grave » parce qu’encadré par le « dialogue social » ? Voir notre article du 2 juin.

L’aspiration à l’unité et à la convergence des luttes, à la hauteur de la violence et de la cohérence des attaques du pouvoir, ne cesse de grandir. Des mobilisations d’un très haut niveau se succèdent, secteur par secteur. A chaque fois sur des revendications d’intérêt général et non corporatistes. C’est le cas aujourd’hui, 10 juin, de l’action des fonctionnaires, notamment des agents du ministère des finances qui viennent de mener une grève souvent de plus de dix jours, largement occultée par les media.

Le 17 juin peut être une étape dans la construction de la convergence des luttes. Mais seulement sur un contenu clair. Concernant le temps de travail, pour défendre les quelques acquis de la loi de 99 mais aussi se battre pour l’avancée sociale véritable, toujours à conquérir, que constitueraient les véritables 35 heures hebdomadaires, sans annualisation, sans exonérations de cotisations patronales...

De même concernant les retraites, la convergence ne peut s’imaginer sans le refus de tout allongement de la durée de cotisation, dans le régime général comme dans les régimes spéciaux (37,5 annuités).

Construire les convergences de lutte à partir des convergences d’intérêt : c’est la condition de l’alternative politique aujourd’hui. 

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