TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS EN GREVE SUR DES CHANTIERS MUNICIPAUX: DELANOE DOIT ASSUMER SES RESPONSABILITES

21 Juin 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Pour la régularisation des travailleurs

Sans-papiers, Vélibs: la municipalité de Paris doit cesser de donner le contre-exemple en matière de précarisation de l’emploi 

Un sous-traitant de Vinci dans un cas, une filiale de JC.Decaux dans l’autre : la responsabilité de la Municipalité de Paris est posée dans deux exemples d’actualité d’extension de la précarité, de remise en cause des droits des salariés. Delanoë a révélé son « libéralisme ». Nous sommes nombreux à l’avoir repéré depuis le début et à le combattre !

1- TRAVAILLEURS SANS-PAPIERS EN GREVE SUR DES CHANTIERS MUNICIPAUX: DELANOE DOIT ASSUMER SES RESPONSABILITES

Dans le 17ème, plusieurs travailleurs, employés au chantier de la nouvelle crèche municipale, sont en grève pour des conditions de travail décentes et pour leur régularisation.

Ils ont occupé une partie de la mairie d’arrondissement voisine. Leur bataille, de même que les autres mouvements similaires en cours dans le nettoyage et la restauration, porte une exigence de dignité en même temps qu’une accusation des pratiques patronales et de la politique hypocrite du gouvernement : criminaliser les travailleurs sans papiers, les faire vivre sous la menace pour mieux les surexploiter et abaisser les conditions et contrats de travail de l’ensemble des travailleurs.

Dans ce cas du 17ème, les ouvriers sont officiellement salariés de la société CDT. Celle-ci n’est en fait qu’un sous-traitant du géant du BTP Vinci Construction.  668 millions d’euros de bénéfice net en 2007, en hausse de 34% ; 1,46 milliard pour l’ensemble du groupe : combien de sans papiers, de salariés sous-payés, précarisés ont contribué à ce résultat ?

Afficher son soutien aux luttes des sans-papiers, c’est bien. Dans le 17ème, de nombreuses associations et tous les partis de gauche l’ont fait. Mais, pour être conséquent et efficace à terme, il est indispensable de souligner toutes les responsabilités, celles de tous ceux qui couvrent ce système hypocrite et antisocial et qui pourraient intervenir pour y mettre fin.

Dans le cas de la crèche du 17ème, il s’agit d’un chantier municipal, commandé par la Mairie de Paris, dont la maîtrise d’ouvrage devrait être du ressort des services municipaux.

Depuis son avènement, Delanoë et son équipe ont poursuivi et amplifié la politique d’externalisation des services techniques de la Ville. Ils ont encore étendu la logique des appels d’offres privilégiant les offres en apparence les moins coûteuses, souvent celles des groupes les plus influents qui pratiquent à outrance la sous-traitance en cascade. Pour bien des chantiers, l’utilisation de la procédure « simplifiée » d’appel d’offres limite encore les possibilités de contrôle. Un groupe comme Vinci, également privilégié dans la gestion des parcs de stationnement concédés, figure parmi les principaux bénéficiaires des contrats parisiens.

La municipalité a le pouvoir de faire le choix de la responsabilité sociale, d’être un modèle de gestion pour toutes les collectivités locales. Elle peut choisir et justifier, dans ses appels d’offres, de recourir à des fournisseurs « socialement responsables ». Elle peut faire le choix de redévelopper les compétences des services municipaux en matière de maîtrise d’ouvrage et de contrôle réel des chantiers. Elle en a aussi les moyens financiers.

M. Delanoë s’est borné pour l’instant à écrire au Préfet de police pour lui demander un examen « avec humanité » des demandes de régularisation. Dans la même lettre, il insiste sur « les difficultés économiques » qu’entraînerait un « durcissement des politiques migratoires ». S’inquiète-t-il pour les possibilités de recrutement à bas prix de Vinci et CDT ?

Nous demandons à M.Delanoë d’intervenir personnellement pour la régularisation des salariés « sans papiers » du chantier de la crèche municipale du 17ème. Nous lui demandons de garantir que tous les salariés « sans papiers » employés sur un chantier municipal bénéficieront du soutien politique de la municipalité pour leur régularisation.

Nous demandons l’adoption de règles pour les avis d’appel d’offre définissant systématiquement les conditions de travail et de rémunérations des salariés des entreprises retenues. Nous demandons la réinternalisation dans les services municipalisés de l’ensemble des activités délaissées au privé depuis 1995.

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