Vélibs: la municipalité doit cesser de couvrir les pratiques antisociales de JC.Decaux

23 Juin 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #PARIS

Vélibs, sans papiers : la municipalité de Paris doit cesser de donner le contre-exemple en matière de précarisation de l’emploi (suite)  

Un sous-traitant de Vinci dans un cas, une filiale de JC.Decaux dans l’autre : la responsabilité de la Municipalité de Paris est posée dans deux exemples d’actualité d’extension de la précarité, de remise en cause des droits des salariés. Delanoë a révélé son « libéralisme ». Nous sommes nombreux à l’avoir repéré depuis le début et à le combattre !

 

Exemple n°2 :

Vélibs : il n’est pas acceptable que la municipalité de Paris couvre les conditions de surexploitation des salariés de Cyclocity.

La face cachée des « Vélibs », expérience dont se prévaut à toute occasion le Maire de Paris, n’est pas reluisante.

Les salariés de Cyclocity dénoncent les conditions de travail et de rémunération dans cette filiale du groupe JC.Decaux qui a en charge l’entretien et la régulation du système Vélib. 60% des personnels payés au SMIC, 40% d’emploi à temps partiel, une forte pénibilité du travail, non reconnue, des problèmes de sécurité…, un responsable CGT résume la situation : « ras-le-bol de conditions de travail qui nous ramènent 50 ans en arrière ». Le taux de « turn-over » sur la première année, 40% sur 370 salariés, en témoigne.

Avec difficulté, face à la répression et l’obstruction patronales de JC.Decaux, les salariés parviennent à s’organiser et commencent à faire un peu reculer la direction de l’entreprise.

Communistes, nous soutenons pleinement cette lutte. Communistes conséquents, nous devons la porter à tous les niveaux et souligner les responsabilités de chacun.

Les salariés en lutte des Vélibs ne se sont pas trompés en manifestant le 16 juin sur le Parvis de l’Hôtel de Ville. La municipalité de Paris est pleinement concernée en tant que donneur d’ordre. D’autant plus que la situation sociale à Cyclocity est directement liée à l’option économique retenue à l’origine par le Maire et avalisée par le Conseil de Paris.

Le besoin de développer la circulation cycliste dans la ville faisait et fait quasiment l’unanimité. Le système Vélib y répond de manière relativement satisfaisante du point de vue  des utilisateurs, avec des bémols, notamment liés aux problèmes de maintenance.

Mais le choix de confier le marché à JC.Decaux et les conditions de passation sont hautement contestables.

M. Delanoë et sa municipalité avaient plusieurs autres possibilités :

Ils pouvaient créer un service municipal pour la mise à disposition de bicyclettes aux Parisiens. Suivant l’option technique retenue, pas forcément celle de Vélib, pendant une phase transitoire, la Ville faisait appel à des opérateurs, privés ou publics (ex : coopération avec d’autres villes), pour former le service municipalisé, composé d’agents de la Ville. C’est la solution que nous continuons à défendre.

Ils pouvaient aussi faire correspondre l’appel d’offre aux prestations d’un opérateur public comme Effia, filiale de la SNCF, dont le système de location de vélo, Vélo+, a fait ses preuves, par exemple à Orléans.

Mais non, à Paris, le Maire a fait le choix du privé, et singulièrement de la firme JC.Decaux dont les relations avec la municipalité précédente avaient pourtant été si critiquées. Avec ce choix de l’externalisation totale, la Ville a écarté tout critère social dans la gestion de la nouvelle activité.

Le contenu de l’appel d’offre aggrave encore les choses. Delanoë a décidé de lier, sans logique, l’appel d’offre pour les vélos à celui du renouvellement des espaces publicitaires. De fait, il excluait Effia, qui ne s’occupe pas de publicité, et favorisait JC.Decaux ou le groupe US Clearchannel, perdant après avoir été sur les rangs.

Sur le plan financier, beaucoup ont fait observé les avantages, sinon le cadeau, consentis à JC.Decaux, qui a obtenu le marché pour 10 ans.

La gestion des panneaux publicitaires lui rapportera au minimum 60 millions d’euros par an de bénéfice net. Pour les Vélibs, il paye à la Ville 3,5 millions de redevance (outre le reversement des abonnements des usagers).

En clair, dans ce marché, Decaux empoche la différence entre le bénéfice net de la pub et le coût de Vélib, dont l’amortissement et le fonctionnement reviendraient à 40 à 50 millions d’euros par an les premières années, moins ensuite. De surcroît, JC.Decaux se retrouve en position extrêmement favorable pour l’obtention des marchés d’extension des vélibs (et la publicité) en banlieue.

Avec ce marché global « publicité+vélos », qui ne fixe pas un budget propre aux Vélibs, JC.Decaux est invité à pressurer le plus possible les salariés de Cyclocity.

On comprendra que les annonces de la municipalité sur le thème « Vélibs ne coûtera rien aux contribuables parisiens » ne tiennent pas. JC.Decaux n’est pas un philanthrope. Les salariés de Cyclocity le savent.

Rien n’empêchait la Ville de garder tout ou partie de la manne publicitaire d’un côté, et de décider de l’autre de la subvention à accorder aux Vélibs en intégrant des critères sociaux, nombre de salariés, forme d’emploi…

Ajoutons que, conformément à son habitude, le Maire de Paris a précipité la négociation de l’opération dont le Conseil de Paris aura à peine discuté du fond. Les groupes, même de « gauche », l’ont tous suivi au doigt et à l’œil, ne souhaitant sans doute pas être écartés du bénéfice de l’opération médiatique.

Aujourd’hui, nous soutenons les revendications des salariés de Vélibs, comme celles de tous les salariés qui se battent contre la précarité, les bas salaires et les mauvaises conditions de travail. Mais nous pointons aussi les responsabilités de la Mairie de Paris à qui nous demandons de faire pression sur JC.Decaux, de revoir la convention signée avec cette firme, d’aller vers la municipalisation des Vélibs, avec l’intégration des personnels parmi les agents de la Ville.

Décidément, il n’y a pas d’ambiguïté dans le sens du mot « libéral » quand il est utilisé par le Maire.

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