Ne laissons pas escamoter le débat politique sur la « représentativité syndicale »!

23 Juin 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #REPRESENTATIVITE SYNDICALE

Ne laissons pas escamoter le débat politique sur la « représentativité syndicale » !

Xavier Bertrand est rusé. Le projet de loi qu’il a déposé mercredi 18 juin en Conseil des ministres rassemble deux sujets : la « rénovation de la démocratie sociale » et la « réforme du temps de travail ».

Le ministre du travail s’efforce déjà de focaliser l’attention sur le deuxième titre, la question du temps de travail. Il va tenter de faire en sorte que le débat politique n’ait pas vraiment lieu sur le premier sujet, crucial, ni au Parlement, ni dans le pays.

La « rénovation de la démocratie sociale » reprend strictement les dispositions de la « position commune » signée par la CGT, la CFDT, le MEDEF et la CGPME au sujet non seulement des nouvelles conditions de reconnaissance de la représentativité syndicale, mais aussi de la validation des accords, ou du financement des syndicats.

Nous sommes nombreux à considérer que ce texte est d’une extrême gravité parce qu’il institutionnalise des relations sociales basées sur un syndicalisme de cogestion, pour ne pas dire de collaboration, contre un syndicalisme de lutte. Nous avons publié plusieurs tribunes et analyses (voir en lien).

Les syndicats signataires de la « position commune » (contre-nature) avec le Medef donnent l’impression d’emboîter le pas au ministre en pointant également la question de la RTT, dont ils ont fait le centre de la journée de mobilisation du 17 juin, marquée par la confusion des mots d’ordre.

On s’étonnera aussi sur ce sujet, qu’à la demande du ministre, les signataires ont donné le statut vague de « position commune » à leur texte et non « d’accord » que le gouvernement aurait été contraint de reprendre inchangé dans son projet de loi, notamment sur le volet contesté de la nouvelle remise en cause de la RTT.

Il y a fort à parier que les parlementaires de « gauche », embarrassés, se saisiront le la perche tendue par Bertrand pour esquiver tout positionnement de fond sur la « démocratie sociale ». En bonne opposition, ils voteront contre l’ensemble du projet de loi mais justifieront leur vote sur leur opposition au volet « temps de travail ». Si le projet de loi n’avait concerné que la « position commune », ils auraient été amenés à prendre leur responsabilité sur la question déterminante. Là, pas nécessairement.

Dans les syndicats, notamment la CGT, dans les sections syndicales, somme dans la société, la réflexion critique monte sur cette conception de la « démocratie sociale » tant défendue par le Medef et la droite. Une représentativité avant tout électorale, le développement d’une pratique syndicale électoraliste et délégataire dans le contexte de l’entreprise où le patron est institutionnellement en position de force : une avancée ? plutôt un recul pour les salariés ! Des syndicats sponsorisés par le patronat : danger !

Visiblement le pouvoir cherche à prendre de vitesse le débat public et les syndiqués.

Nous demandons aux parlementaires de « gauche » et singulièrement à nos camarades députés et sénateurs communistes de déjouer le piège d’une discussion bâclée, d’un escamotage du débat public, et d’exprimer clairement leur position, nous espérons leur opposition, sur tous les articles issus de la « position commune ».

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