Sur France 3, Sarkozy tente d’intimider l’audiovisuel public

1 Juillet 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #France-télévisions - audivisuel

Sur France 3, Sarkozy tente d’intimider les salariés de l’audiovisuel public

Nicolas Sarkozy s’est invité plus d’une heure hier soir, 30 juin, sur France 3. On voit aisément ce qu’il a cherché : à afficher sa détermination à faire passer le démantèlement du service public de l’audiovisuel depuis le coeur même de l’entreprise qu’il veut détruire, France télévision en général, France 3, son appareil de production en particulier. Il est venu défier le service public et ses salariés après qu’ils ont, à nouveau, montré leur très grande capacité de mobilisation et de résistance lors de la grève du 18 juin dernier.

Sarkozy s’est posé en patron, en futur « maître » des lieux. Il a précisé le sens que prendrait la nomination directe du président de France Télévisions par l’Elysée. Ce n’est pas tant que cette nomination sera plus « politique » qu’actuellement, mais le prochain PDG bénéficiera d’un pouvoir beaucoup plus étendu, inscrit dans la durée, pour déstructurer l’entreprise publique.

Les journalistes de France 3 ne se sont pas laissés intimider. Loin de la complaisance dont bénéficie le petit Berlusconi français sur les chaînes de ses amis Lagardère et Bouygues, ils ont manifesté la rigueur et la neutralité du service public que l’on n’est plus si souvent habitué à entendre.

Sarkozy a refusé de répondre lorsqu’ils lui ont rappelé son engagement que l’audiovisuel public retrouverait au sou près l’argent de la publicité supprimée. Au contraire, il a confirmé l’analyse du rapport Copé par les salariés en lutte et leurs organisations syndicales. La suppression de la publicité sera bien le moyen d’asphyxier financièrement la télévision publique et d’engager son déclin. Sarkozy s’est même permis de pointer implicitement ses premières victimes : les 6000 salariés de France 3, la production publique.

Au-delà de la provocation politique, il est important de démonter les faux arguments repris par le Président. Il s’est efforcé de renverser la vérité.

Sur la redevance, il s’est donné le beau rôle en excluant toute hausse de cet impôt injuste, mis à part l’indexation sur les prix et une extension de l’assiette des contribuables. Il fait oublier que c’est directement sa politique qui crée le besoin nouveau de financement. Depuis son arrivée au pouvoir, il a déjà privé le budget de l’Etat de 15 milliards d’euros par an de déductions fiscales accordées aux plus riches : 6 fois le produit annuel de la redevance audiovisuelle !

Son hypocrisie est à son comble concernant la publicité. Quel téléspectateur n’est pas excédé par les interminables pages d’annonces ? Mais encore bien davantage sur les chaînes privées que sur les chaînes publiques. Les mesures gouvernementales préparent le transfert d’une grande part de la publicité au bénéfice des chaînes privées (toujours les amis du président), qui seraient même autorisées à faire deux coupures dans les émissions. La politique du pouvoir, c’est plus de publicité sur la télévision privée et moins de télévision publique.

Sarkozy sait reprendre aussi un argument qui semble de bon sens mais qui est surtout de mauvaise foi. La présence d’une dose de publicité (actuellement à peine 20% des recettes) sur le service public entraînerait mécaniquement la « tyrannie » des annonceurs, donc la « tyrannie » de l’audience, donc des programmes racoleurs de mauvaise qualité. Non, non et non !

La tendance, relative, des chaînes publiques à suivre le modèle TF1, par exemple à solliciter des animateurs-producteurs vedettes, très coûteux et loin d’être toujours attractifs, ne résulte pas d’une fatalité due à la publicité mais du choix politique des directions de chaînes et des gouvernements de délaisser les missions et les objectifs du service public, de faire le jeu économiquement et culturellement du secteur capitaliste.

Sarkozy sous-entend que pour faire de l’audience, il faut faire de la télé-poubelle. Ce n’est pas vrai ! Information, culture et divertissement de qualité sont la raison d’être de l’audiovisuel public. Pas pour un public rabougri, mais pour tous !

Hier soir, Sarkozy s’est efforcé encore une fois à justifier la logique de privatisation par les dégâts actuels du même processus de privatisation. Il a fait l’étalage de ses souvenirs d’enfance, des bonnes émissions d‘autrefois, de sa télé-nostalgie qu’il partagerait avec ses contemporains.

Il ne trompera pas Nounours et Pimprenelle. Il n’est pas leur Nicolas !

Les agents du service public de l’audiovisuel ne baissent pas la garde. D’importantes luttes sont envisagées dès la rentrée. Sur cet enjeu d’intérêt général, comme sur tous les autres, d’importantes convergences d’actions sont possibles avec le grand mouvement de riposte dans le pays.


Notre tract précédent sur France-Télévisions

La défense de l’audiovisuel public: une lutte d’intérêt général - 18 juin



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E
Hallucinant !On a beau être habitué à vos pitreries, celle-là les dépasse toutes.Neutres, les merveilleux journalistes du service public qui, à l'automne, expliquaient en toute neutralité la "galère des usagers' victimes de salopards arc-boutés sur leurs privilèges d'un autre âge ?C'est quand on parle de leur supprimer la pub qu'ils se réveillent anti-sarkozystes.On peut méditer sur les contradictions qui ont conduit Sarkozy à brimer ainsi certains de ses plus fidèles serviteurs, mais de là à en faire des martyrs de la cause du service public… Faut pas pousser ! 
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B
Bonjour,Je trouve vos déclarations sur l'actualité pertinentes d'un point de vue politique et surtout d'un point de vue marxiste.J'apprécie votre note d'humour avec "Nounours et Pimprenelle" ce à quoi je ne suis pas habitué dans vos déclarations que je lis régulièrement.FraternellementBoudda, sympathisant communiste
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J
pétition pour la déstitution de nicolas sarkozy de ses fonctinos de président de la république je signe et je vous invite à signer et aàdiffuser largement signez sur http://www.antisarkozysme.comensemble tout devient possible  :)
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