Nouveau tract contre CPE-CNE

14 Mars 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

Gagner le retrait immédiat du CPE et du CNE, c’est possible!

Tous ensemble, marquons un coup d’arrêt à la précarité mise en œuvre par les gouvernements successifs depuis 20 ans!

M. de Villepin éprouve de grandes difficultés à convaincre que son CPE, comme son CNE, n’ont pas uniquement pour but de précariser encore davantage l’ensemble des salariés pour satisfaire le MEDEF mais aucunement de créer des emplois. La méthode retenue n’y change rien. Coups de forces avec les ordonnances, le 49-3 à l’Assemblée, les CRS dans les rues et les universités, ou bien maintenant interventions télévisées: il se casse les dents!

 

Il pensait que les jeunes salariés, étudiants, lycéens étaient suffisamment conditionnés, « formatés » à la précarité pour accepter la supercherie du Contrat Première Embauche. Il s’est lourdement trompé. Comme l’ensemble des salariés, les jeunes refusent la vie au rabais, le mal-logement, l’horizon bloqué de l’insécurité sociale, l’exploitation accrue pour satisfaire l’appétit des actionnaires des entreprises du CAC 40 (dont les profits ont augmenté de 23,4% en 2005…).

Le 7 mars, un million de salariés de tous âges, particulièrement du privé, d’étudiants, de lycéens, de chômeurs... ont manifesté dans tout le pays. Cette immense mobilisation fait la démonstration de l’existence d’un rapport de forces pour mettre un coup d’arrêt tout de suite à la politique au service du MEDEF de précarisation générale du travail salarié, menée par les majorités successives depuis 20 ans. En commençant par obtenir le retrait du CPE et du CNE!

Amplifions le mouvement jusqu’au retrait pur et simple du CPE et du CNE!

Jeudi 16 mars: journée d’action à l’appel des organisations étudiantes et lycéennes. Samedi 18 mars à 14h30:  Manifestation de Denfert à Nation à l’appel de 10 syndicats de salariés, d’étudiants et de lycéens

Nous sommes tous concernés: Le CPE et son clone CNE (le « contrat nouvelle embauche » pour les entreprises de moins de 20 salariés, sans condition d’âge), ouvrent au patronat la possibilité de substituer ces emplois dévalorisés aux CDI (contrats à durée indéterminée). Le renforcement de la mise en concurrence des travailleurs à statuts différents ferait encore monter la pression sur tous les salariés dans l’entreprise.

A terme, la volonté du MEDEF est de faire du CPE/CNE la norme et de briser le CDI qui fonde jusqu’à présent le droit du travail. L’ensemble du code du travail est remis en cause pour généraliser la précarité, lever toute entrave à l’arbitraire patronal.

Cette attaque s’inscrit dans un processus général de démantèlement de l’ensemble du statut du travail salarié. Elle suit la nouvelle remise en cause ces dernières années de notre système solidaire de retraite et d’assurance maladie. Les exonérations de cotisations sociales patronales (23 milliards d’euros par an, en 2005, depuis 1997), au nom du dogme de la « baisse du coût du travail », amputent la part socialisée du salaire et prive le budget de la Sécurité sociale, l’hôpital, de ses ressources légitimes. Les attaques contre les statuts particuliers des salariés du secteur public, notamment des fonctions publiques participent de la même logique d’abaissement des droits de tous. Ces références, acquises par les luttes, contribuent à tirer l’ensemble du droit du travail vers le haut. Pour le MEDEF, il faut les abattre pour abaisser l’ensemble du système.

A l’autre bout, les gouvernements européens, de droite et socio-démocrates, tentent à nouveau d’imposer la directive européenne Bolkestein pour marchandiser au niveau européen toutes les activités de service (70% des emplois en France). C’est la même logique de mise en concurrence des salariés de tous les pays de l’UE et de leurs droits sociaux (protection sociale, code du travail) pour mieux les abaisser. Le 29 mai, notre peuple a déjà dit NON à cette mesure. Faisons respecter notre décision par les gouvernants français!

Qui profitent de ces sacrifices imposés aux travailleurs? Au MEDEF et aux marchés financiers! Les entreprises du CAC 40, qui auraient le droit de recourir aux CPE, qui délocalisent leurs activités comme jamais, qui ont supprimé des dizaines de milliers d’emplois en France, viennent d’enregistrer en 2005 des profits record, en hausse de 23,4% sur 2004. Qui subit? Les salariés, l’économie du pays!

Elargir la riposte: ici et maintenant!

Ensemble, les salariés, jeunes ou moins jeunes, du secteur privé ou du secteur public, les étudiants, les lycéens, les chômeurs peuvent gagner la bataille contre le CPE. Cette mobilisation peut et doit ouvrir la voie à la mise en échec de tout le processus de casse du statut et de dévalorisation du travail.

C’est ici et maintenant dans les luttes que se jouent la véritable alternative politique, la rupture avec les choix en faveur du MEDEF et de la finance, opérés depuis plus de 20 ans par les gouvernements successifs.

Il ne s’agit pas d’attendre 2007 et de préparer une hypothétique nouvelle alternance politicienne. Nous ne pouvons accorder aucun crédit au PS qui essaye de se refaire une virginité à gauche à propos du CPE. Il a lourdement contribué à la casse des droits sociaux entre 1997 et 2002. Il vient de se faire le chantre du OUI à la constitution de l’UE du capital, de la remise en cause des acquis sociaux nationaux (au coude à coude avec Villepin, Sarkozy, Schröder ou Blair auquel ses « présidentiables » rendent hommage à tour de rôle...). Ses propositions, y compris sur « l’emploi des jeunes » restent fondamentalement inspirées par la même logique.

Battre le CPE et le CNE aujourd’hui, c’est la meilleure façon de construire l’alternative politique pour aujourd’hui, comme pour demain.

De vraies solutions pour aller vers le plein emploi: Combattre la précarité (taxer les contrats précaires, interdire la sous-traitance en cascade, dissuader les « externalisations », rétablir l’autorisation préalable de licenciement…). Revaloriser le travail et le pouvoir d’achat des salaires et des retraites, pour alimenter une croissance saine, basée sur la consommation populaire et la réponse aux besoins (porter le SMIC tout de suite à 1500 euros,en finir avec le scandale des déductions de cotisations sociales patronales…). Accorder la priorité budgétaire à l’éducation nationale, la formation, la recherche. Défendre et développer l’appareil productif notamment contre les délocalisations et développer le secteur public.

Pour ceux qui auraient encore des doutes sur la nocivité du CPE: 

1– Emploi: chercher l’erreur! Le CPE, comme le CNE, ne vise qu’à substituer des emplois précaires à des emplois existants. Depuis août, le gouvernement se targue de 300000 CNE déjà signés, mais le secteur marchand concerné n’a créé selon l’INSEE que 8000 emplois (non liés à la mesure).Le gouvernement fait cadeau au patronat de l’exonération intégrale des cotisations sociales patronales pour les CPE. Depuis 1997, ces cadeaux ont fait la preuve de leur totale inefficacité pour l’emploi mais de leur effet dévastateurs pour le déficit de la Sécurité sociale.

2– « Mieux que rien pendant 2 ans ?» NON! Pire que tous les contrats de travail existants! Plus besoin de justification pour licencier! Le CPE n’est pas un contrat de 2 ans mais un contrat à « durée incertaine », le salarié pouvant être licencié à tout moment pendant 2 ans. En ce sens, il est même pire qu’un CDD en terme d’incertitude pour le lendemain. Cette disposition, la possibilité de licencier sans motif et sans recours: c’est la soumission totale à l’arbitraire, un déni de droit, un recul d’un siècle en matière de droit du travail.  Elle est en contradiction avec la convention 158 de l’Organisation internationale du travail (OIT). Le début de la précarité à vie: la possibilité d’enchaîner les CPE/CNE: Les CPE peuvent se succéder sans motif, sans recours, sans contrôle. Indemnité de fin de contrat pour un CPE: inférieur à l’indemnité de précarité des CDD (8% au lieu de 10). Licencier un salarié en CDI pour motif économique et le remplacer par un CPE: c’est possible! 

 

 

 

BREVE: 

1 salarié sur 10 a connu un « épisode dépressif » dans les douze derniers mois d’après le Baromètre santé 2005 de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé. Ce chiffre est en hausse constante depuis des années. Comment ne pas voir le lien étroit avec l’explosion de la précarité, la dégradation généralisée des conditions de travail? Quel gâchis aussi pour notre pays!

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