Dès la rentrée, une première attaque contre le SMIC

15 Août 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

Mettre en échec l'attaque contre le SMIC

Précipiter les contre-réformes antisociales structurelles avant que se développent les convergences de lutte reste plus que jamais à l’ordre du jour du gouvernement et du président. L’Assemblée nationale est convoquée en session extraordinaire dès le 22 septembre avec comme premier texte à l’ordre du jour le dangereux projet de loi « en faveur » des revenus du travail.

Ce texte comprend d’une part une extension des systèmes d’intéressement et de participation. Nous avons dénoncé, à l’occasion des annonces présidentielles du mois de mai, ces nouveaux dispositifs, dirigés contre les salaires, largement financés aux dépens de la Sécurité sociale et des dépenses publiques, c'est-à-dire des salariés eux-mêmes, et qui poussent à l’auto-exploitation.

Lire notre article en lien : Intéressement, participation : nouvelle attaque contre les salaires.

Le gouvernement a ajouté d’autre part dans le projet de loi des mesures qui sonnent comme une première étape d’une attaque frontale contre le SMIC.

Il veut créer en vue de « moderniser la procédure de fixation du SMIC pour favoriser, à l’avenir, une évolution du SMIC davantage en phase avec les conditions économiques et le rythme des négociations salariales… » une « commission d’experts indépendante à caractère consultatif, la Commission du SMIC » qui donnera un avis tous les ans (extraits de l’explication des motifs).

En d’autres termes, des « spécialistes » à la botte du Medef donneront chaque année un prétexte au gouvernement pour limiter la revalorisation du SMIC voire, à terme, remettre complètement en cause son mode de fixation, peut-être son existence même.

Actuellement, le SMIC, cet acquis de 1968, est indexé sur l’inflation, augmentée selon l’évolution du taux du salaire de base ouvrier. On sait que pour le Medef, c’est de trop. Ses « experts » sauront montrer que payer les salariés est contradictoire avec le développement de l’emploi, la concurrence mondiale. Etc…

Une deuxième disposition concerne le SMIC dans le projet de loi : sa revalorisation aurait lieu à partir de 2010, non plus au 1er juillet, mais au 1er janvier. On doit y voir une étape en vue d’annualiser le SMIC, ce qui permettrait par exemple d’y intégrer les primes.

Le SMIC est l’un des acquis sociaux les plus importants et les plus symboliques. Le pouvoir ne peut pas le démanteler d’un coup. Il est d’autant plus important de mettre en échec dès le début son entreprise de démolition.

La seule « modernisation » acceptable du SMIC, c’est son augmentation. L’inflation actuelle, l’explosion des dépenses de base, des loyers, de l’alimentation, de l’énergie… rendent encore plus pressante notre revendication des 1500 euros net par mois.

Il est inadmissible qu’il existe, dans certaines branches, des premiers niveaux de la grille salariale inférieurs au SMIC. Des minima indexés sur le SMIC doivent être créés selon les niveaux de qualification.  

Le SMIC doit vraiment correspondre à son objectif d’origine : garantir à tous les salariés un niveau de vie décent.

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