Congrès départemental de Paris - compte-rendu

19 Mars 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Congrès départemental du PCF Paris, 17, 18 et 19 mars 2006 :

Compte-rendu de la délégation de la section du 15ème arrondissement, 20 mars 2006

Résultat du vote sur l’ensemble de la base commune :

Pour : 124, Contre : 24, Abstentions : 15

Ce résultat est fortement à relativiser compte tenu du « blindage » de nombreuses délégations de section dont les opposants à la ligne de la direction ont été éliminés.

En ce qui nous concerne, selon les critères retenus par la direction départementale sortante, nous aurions eu le droit à 21 délégués suivant le nombre de nos cotisants, à 16 délégués suivant le nombre des inscrits au vote des 3 et 4 février reconnus par la direction départementale elle-même. Cependant, seules 12 places nous ont été laissées. 

A noter la situation du 14ème (voir aussi ci-dessous). L’assemblée générale de section a refusé majoritairement, en toute souveraineté, d’envoyer des délégués au congrès départemental. Pourtant, avec l’appui de la direction départementale, 12 délégués d’un groupe fractionnel ont été acceptés (pour seulement 28 voix favorables à la base commune dans le 14ème). 

 

A noter aussi dans la composition du congrès : - la quasi absence de militants d’entreprises (sauf dans notre délégation, celle de la Ville de Paris et quelques unités). D’où la quasi absence d’interventions se référant aux luttes dans les entreprises (sauf des mêmes). Seule lutte largement évoquée, le CPE. - selon le rapport de la commission des mandats, 27% des délégués auraient « BAC +5 » (6% des adhérents de notre section). 

Les débats ont été globalement inintéressants et ennuyeux, sauf à de rares moments. Leur organisation a été souvent défectueuse avec une volonté manifeste d’obstruction des amendements les plus gênants. Le ton du rapport du secrétaire départemental sortant était à l’autosatisfaction et la méthode Coué. 

Conformément au mandat de notre assemblée de section, nous avons défendu les positions clés du texte alternatif « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes » dont nous sommes à l’initiative (avec d’autres). Notre délégation est intervenue dans la discussion générale et sur tous les textes. Nous avons souvent obtenu un écho favorable au-delà des rangs des signataires.

Sur certains sujets, les dirigeants départementaux et nationaux se sont trouvés embarrassés et obligés de biaiser. 

1-     « Visée communiste » : 10 ans après, même devant une assemblée triée, la pilule de la Mutation a toujours du mal à passer (même chez les suivistes). C’est le 5ème congrès de suite où la question de l’identité communiste, de l’Histoire du Parti et du mouvement communiste international fait débat, presque dans les mêmes termes. Des voix se sont élevées, en plus des nôtre, notamment de la part de jeunes camarades, contre le reniement du passé et des fondamentaux du Parti, contre l’attitude d’autoflagellation portée par la direction du Parti et son texte. Un jeune camarade a bien démontré comment le nom PCF est indissociable de ces références. Nous sommes intervenus dans ce sens. Nous avons souligné, une fois de plus, comment la notion de « dépassement » du capitalisme imposée depuis la Mutation , servait à justifier la ligne réformiste mise en évidence entre 1997 et 2002. Alors que les partis réformistes et le PS ne peuvent plus se prévaloir d’aucune réforme (obtenue en fait grâce à l’action du parti révolutionnaire), la ligne réformiste du PCF est plus un contresens que jamais.

2-     « Stratégie » : Nous avons exigé à plusieurs reprises le bilan de l’expérience de la « gauche plurielle » entre 97 et 2002 , occultée par la base commune. Nous avons mis en cause la poursuite de l’inscription du Parti dans le schéma de l’alternance, défendue par la direction au nom du rassemblement de « toute la gauche ». Comment se rassembler avec les partis à commencer par le PS qui ont activement fait partie de l’union sacrée du OUI à la constitution européenne. Visiblement, sur ce sujet aussi, la direction peine à convaincre. Le caractère « inédit » de la démarche-prétexte des « forums » ne trompe pas. De jeunes camarades ont montré combien la présence du PS dans le mouvement anti-CPE, dans les collectifs anti-CPE, était opportuniste et perçue comme tel. Sur un autre plan, la « gauche plurielle » à la Ville de Paris, un camarade de la Ville a bien résumé les contradictions de la ligne de la direction de notre Parti : c’est bien beau de se préoccuper de la remunicipalisation de l’eau en 2009 (et il est pour), après les élections municipales, mais pourquoi ne quasiment rien faire pour s’opposer à la privatisation de services entiers par la municipalité actuelle. Le débat sur les élections et les candidatures communistes en 2007 a été particulièrement confus. Pour notre part, nous avons rappelé notre position : nous voulons des candidatures PCF pour stopper le processus d’effacement de notre Parti mais pour l’avenir, c’est une condition nécessaire mais pas suffisante. Ces candidats doivent porter une ligne de lutte et des propositions communistes, sachant que le programme du Parti ne doit pas être une base de négociation d’alliance électorale mais un point de repère politique pour les luttes, pour des victoires (tout de suite comme plus tard) contre la politique au service du MEDEF, car c’est dans les luttes que se joue l’alternative politique aujourd’hui.

Plusieurs dirigeants nationaux se sont évertués (très longuement…) à défendre la position du texte national qui joue d’ambiguïté pour calmer les camarades tout en préparant toute possibilité d’effacement du Parti en 2007 : pour une candidature de rassemblement, en proposant aux autres « forces politiques » (géométrie variable mais à eux de décider) une candidature PCF. Certains intervenants ont clairement revendiqué une candidature du « pôle de radicalité ». D’autres ont proposé d’adopter au congrès le principe d’une candidature communiste aux présidentielles à ce congrès, mais en différenciant cette échéance de celles des législatives. 

3-     « Programme » : La discussion du programme a été particulièrement bâclée. On mesure combien le nouveau mode de préparation du congrès est appauvrissante pour la réflexion collective. C’est la seule partie où des amendements intéressants ont été défendus sur des sujets précis (culture, audiovisuel, logement, pauvreté…) par des camarades de différentes délégations. Nous sommes intervenus notamment sur deux points : les services publics pour souligner la nécessité de (re)nationalisations et la question centrale de la propriété des moyens de production, abandonnée par la direction qui s’en tient maintenant à des formules vagues comme les « pôles publics », qui plus est « européens », qui laissent le champ libre aux privatisations. Nous avons dénoncé avec force l’inscription dans la partie « programme » de la volonté d’un autre « traité constitutionnel européen » alors que le peuple vient de jeter aux poubelles de l’Histoire cet instrument antidémocratique de l’UE du capital. Globalement, il y a eu très peu de débats sur l’UE, même dans la partie suivante.

4-     « Europe/Monde » : Nous sommes intervenus contre l’esprit du texte qui valide une rôle international diplomatique et même militaire à l’UE. Nous avons exprimé notre refus de l’Europe-puissance, nécessairement impérialiste, notre rejet du « nationalisme européen ». Nous avons aussi, comme plusieurs autres délégués, insisté sur la nécessité d’une solidarité politique active avec Cuba. Nous avons aussi demandé que le PCF Paris soutienne la jeunesse communiste tchèque menacée d’interdiction. Pas d’écho.

5-     « Parti/Statuts » : La discussion sur les statuts a suscité un important débat contradictoire sur le lien entre la souveraineté des adhérents et le paiement de la cotisation. Le fait qu’on puisse être adhérent sans payer de cotisation n’est pas accepté par une majorité (nous compris, dans les termes des statuts d’avant le 30ème congrès). Un amendement contre cette modification des statuts a été voté, contre l’avis de la commission. Nous avons souligné pour notre part combien les changements de statuts depuis Martigues avait contribué au démantèlement du Parti, notamment avec la suppression des cellules comme structure souveraine. Les changements proposés à ce congrès restent dans la même veine. Nous avons voté contre en particulier à cause de la validation de l’adhésion au PGE (que nous avons condamnée à plusieurs reprises comme organisation placée sous la tutelle de l’UE et à l’orientation sociale-démocrate), obtenue après une consultation délibérément bâclée. Seule la future direction pourra prendre l’initiative de remettre en cause ce coup de forces. Nous sommes aussi intervenus pour la réappropriation intégrale de l’Huma par le PCF et pour exprimer notre refus que le marchand de canon Lagardère soit considéré, dans les nouveau statuts, comme « une force engagée dans la défense et la participation au journal » sur le même plan que les militants. 

 

Elections des directions : la direction départementale n’arrive pas à éliminer l’opposition et notamment notre section

La direction s’est évertuée comme d’habitude à blinder la composition du futur Conseil départemental. Le jeunisme, dénoncé par plusieurs intervenants, a servi à faire élire des partisans de la Mutation , au prétexte qu’ils ont moins de 30 ans… 

Nous notons qu’un très grand nombre d’élus sont directement ou indirectement dépendants financièrement de l’appareil. Le nouveau secrétaire départemental, Patrice Bessac, 27 ans, a ainsi été contesté par quelques intervenants comme n’ayant jamais été professionnellement que permanent du Comité national… 

La représentation des oppositions est totalement minorée pendant que les sections « bidon » mises en place pour doubler les sections légitimes en désaccord sont outrageusement surreprésentées. La caricature étant atteinte pour le 14ème. Des mutants ont cherché à évincer la seule représentante de la section normale mais 5 personnes dont trois adhérents de la dernière pluie (un de 2006 !) ont été élus. 

 

La force de notre texte alternatif a empêché notre élimination du CD. Nous aurons désormais deux élus, au lieu d’un (sur 90 !) : Emmanuel DANG TRAN et Josette GAWSEWITCH. 

Vote sur l’élection du CD : Pour la liste du Conseil départemental proposé : 143, Contre 35. 

La délégation au congrès national a été particulièrement bétonnée, ce que nous avons souligné.

Les textes alternatifs ont obtenu au total 23% à Paris (dont 16% pour notre texte « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes »). Mais l’épuration ne laisse qu’un seul représentant sur 20 de ces textes : 

Le vote sur la délégation : Pour : 90; Contre : 32; Abstentions : 10

Candidatures proposées au Conseil national : 

Nos deux candidatures, Emmanuel DANG TRAN et Stéphane AURIOL ont été violemment rejetés par la commission des candidatures (bureau). Pour le xème congrès départemental consécutif, des dirigeants ont prétendu qu’il ne s’agissait pas d’une question de divergences politiques mais d’une question de comportement. La charge contre Stéphane nous a permis de mettre en valeur les expériences de lutte à la RATP , dans les dépôts bus, dont il est l’un des principaux artisans. 

Vote. Pour : 100, Contre : 30, Abstentions : 10

Notre délégation remercie particulièrement notre camarade Josette qui s’est  dévouée pour participer dans la nuit du samedi au dimanche (jusqu’à 3H30) au bureau du congrès sur les candidatures, quasiment seule face à l’adversité des partisans de la mutation pour défendre le pluralisme et la démocratie dans la fédération.

Notre délégation (16 camarades au total avec les suppléants) a donné une très bonne image de la diversité, du dynamisme, du sérieux politique et de l’ancrage dans les luttes de notre section.

Situation du 14ème (suite) : 

Ce groupe, après s’être trouvé en minorité à l’assemblée de section, a organisé une réunion parallèle lors de laquelle a également été élue une pseudo nouvelle direction de section.

Notre camarade Camille Marques, présente en tant que membre du conseil départemental sortant, a courageusement dénoncé au congrès départemental les violations multiples et flagrantes des statuts du Parti. De toute évidence, il s’agit d’une tentative de coup de force administratif pour pousser à l’écart une section très majoritairement opposante à la Mutation réformiste du Parti, depuis des années. Les réponses vaseuses du secrétaire départemental, la composition de la délégation bidon (comprenant surtout des adhérents de la dernière pluie dont un de 2006 !), ont démasqué encore un peu plus le caractère de l’opération. Camille n’a pas pu être éliminée du nouveau Conseil départemental.

Lien vers l’intervention de Camille au Congrès 

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