Contre la privatisation de La Poste, pour le service public, la riposte s’élève dans l’intérêt de tous (mise à jour)

7 Septembre 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #La Poste

Contre la privatisation de La Poste, pour le service public, la riposte s’élève dans l’intérêt de tous

 

Usagers, salariés, participons aux manifestations, à l’appel de tous les syndicats, mardi 23 septembre 2008

Dans le processus de privatisation de La Poste, le gouvernement a décidé de passer brutalement à une nouvelle étape. Depuis le début de l’été, le PDG Bailly et les ministres ont mis à l’ordre du jour tout à la fois le changement de statut et l’ouverture du capital de l’entreprise publique. La Poste deviendrait une société anonyme au lieu d’être un établissement public. 10 à 20% de son futur capital seraient cédés au privé, dans un premier temps. Le projet de loi, nécessaire à la privatisation, pourrait être déposé dès la rentrée.

Le pouvoir tente un coup de force contre l’un des services publics auxquels la population est le plus attachée. Il tente de prendre de vitesse la mobilisation des salariés, le développement des convergences avec les luttes d’autres secteurs d’activité, la mobilisation aussi des usagers, durement frappé par les étapes antérieures du processus de privatisation.

Mais sauf cette précipitation, le choix politique ne saurait surprendre. Depuis des années, depuis la casse des PTT par Quilès en 89, les gouvernements successifs préparent progressivement la marchandisation des activités postales, potentiellement si juteuses pour les capitalistes.

La mobilisation doit et peut être beaucoup plus forte aujourd’hui que contre la loi antipostale de 2004 qui a transformé les services financiers en Banque postale de droit privé et livré à la concurrence la distribution du courrier au dessus de 50 grammes, à l’aide d’une directive européenne.

Dans tous les services publics, on peut mesurer les dégâts de la privatisation. L’expérience de la dégradation du service public postal s’est déjà durement vérifiée dans cette perspective.

Des milliers de bureaux de poste ont été fermés ou réduits à des « points poste », notamment dans les petites localités, pendant que des milliers de guichets étaient supprimés dans les villes.

Des milliers d’emplois dans la branche courrier ont été supprimés au prix pour les agents d’une dégradation sans précédent des conditions de travail et de rémunération. Les usagers subissent l’inégalité devant la distribution du courrier, la hausse des tarifs.

Le détournement des fonds des CCP vers la finance a commencé à produire ses effets néfastes pour les titulaires de comptes (frais financiers), les épargnants, la société (réforme du Livret A aux dépens du logement social). On annonce d’ailleurs aussi ces jours-ci le « partenariat » de la Banque postale avec une filiale de la Société générale dont on connaît les performances.

Voilà déjà le lourd prix de la casse du service public pour la recherche d’une rentabilité financière à terme pour les futurs actionnaires. Le coût de l’adossement en 2006 des retraites des fonctionnaires de La Poste au régime général, 2 milliards d’euros, est à ajouter. Cette atteinte au statut de 60% des postiers a bien été un préalable à une nouvelle attaque contre tous. Aujourd’hui, comme à France Télécom hier, le pouvoir creuse la dette de l’entreprise pour racheter des opérateurs à l’étranger au profit des marchés financiers en faisant payer l’addition par les usagers et les salariés.

La Poste représente l’un des services publics dont la population se sent le plus proche, auquel elle est le plus attachée. Les mobilisations d’usagers pour le maintien de la présence postale, endroit par endroit, sont très fortes. Les mobilisations, site par site, des agents des centres de distribution ou des centres de tri sont très fortes également contre l’application des plans de déstructuration de la branche courrier qu’ils s’appellent « cap qualité courrier » ou maintenant « facteur d’avenir ». Les grèves nationales sont aussi de plus en plus suivies dans les centres financiers.

Aujourd’hui, face à l’évidence de la globalité de l’attaque, la défense du service public de La Poste doit devenir une grande campagne nationale pour tous les progressistes.

Communistes, nous entendons y contribuer, en prenant nos responsabilités :

- celle de participer à construire les convergences de lutte, notamment avec les batailles pour les autres services publics, à mobiliser les usagers.

- celle de dégager la perspective politique du prétexte européen. NON, comme l’ont dit les Irlandais, après les Néerlandais et les Français, les traités et directives de casse sociale et économique n’ont pas de légitimité pour être appliqués en France ! Dans l’intérêt général et national, il est nécessaire de restaurer le monopole public des activités postales.

- celle de dégager la perspective politique de la seule attente d’une hypothétique alternance en 2012, avec un retour aux affaires de la « gauche » qui a une si lourde part de responsabilité dans le démantèlement de La Poste. Le PS s’associe à l’action contre la privatisation de la Poste. Très bien ! Mais alors qu’il dénonce les choix, notamment européens, qu’il a accomplis lui-même contre le service public.

L’alternative politique, c’est dès la rentrée qu’elle se joue, dans les luttes !

 

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