Retrait du CPE: une victoire qui en appelle d'autres

10 Avril 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème - tract Publié dans #Actualités - Alternative politique

Le CPE « remplacé », abandonné ce matin  

 

Une victoire qui en appelle d’autres!

Après des semaines d’entêtement, le gouvernement vient de céder.

Il a annoncé ce matin que le CPE serait « remplacé » pour ne pas dire « retiré ». C’est une grande victoire populaire. La formidable mobilisation, toutes générations confondues, des étudiants, des lycéens, des salariés du privé comme du public… a fait la démonstration que l’on peut mettre en échec la politique au service du MEDEF et des marchés financiers. 

 

Cette victoire en appelle d’autres, sans attendre.

La politique du pouvoir est battue sur le fond. Le CPE était l’instrument et le symbole de la volonté de précariser tout le monde du travail, de casser l’ensemble du code du travail et d’installer l’insécurité pour tous au cœur de la société française. Le mouvement a montré qu’il n’avait absolument pas pour but de créer des emplois, exprimé le refus de ce contre-modèle. La « modernité », ce n’est pas la mal-vie, la peur du lendemain, les bas salaires, la précarité généralisée pour alimenter les profits flambants des entreprises du CAC 40. 

 

Le CPE est tombé, le CNE doit tomber !

Le Contrat nouvelle embauche, CNE, est la copie conforme du CPE pour tous les travailleurs dans les entreprises de moins de 20 salariés. Il a été imposé par ordonnance en août sans même de débat parlementaire. Comme le CPE, il donne la « liberté » de licencier à tout moment, sans motif et sans recours, pendant 2 ans. Le gouvernement a été obligé de reculer sur ce contenu scandaleux du CPE, contraire même aux traités internationaux du Bureau international du travail signé par la France. Le CNE doit être abrogé. 

Le CPE doit entraîner toute sa loi dans sa chute !

La loi contenant le CPE, cyniquement dénommée « égalité des chances » s’inspire tout entière de la logique de précarité du CPE. Elle rétablit notamment le travail de nuit à partir de 15 ans et l’apprentissage à partir de 14. Le dispositif annoncé pour remplacer le CPE prévoit de nouveaux cadeaux publics au patronat pour l’embauche de jeunes dans des emplois sous-qualifiés. Il est inadmissible que la collectivité paie, très cher (au lieu d’affecter les moyens nécessaires à l’école et l’université publiques), à la place des employeurs, les salariés qui travaillent pour eux. Cette dérive a également pour effet de tirer l’ensemble des salaires vers le bas. Toute la loi contenant le CPE doit être retirée.

La lutte paie! Le retrait du CPE est un premier et très important succès. L’exceptionnelle mobilisation, marquée par les 3 millions de manifestants dans tout le pays le 28 mars et le 4 avril commence à mettre un coup d’arrêt à la politique au service du MEDEF de précarisation générale du travail salarié menée par les majorités successives depuis 20 ans.

Dans la suite du 29 mai 2005, le mouvement populaire porte l’alternative politique et ouvre l’espoir.

Le CPE rime avec le TCE (traité constitutionnel européen) et la « concurrence libre et non faussée » que l’UE du capital voulait imposer aux peuples l’an dernier. De chauds partisans du OUI tentent de se refaire une virginité dans la lutte contre le CPE. Leurs propositions s’inspirent pourtant de la même logique. Les « présidentiables » du PS préparent une nouvelle alternance tout en rendant hommage à tour de rôle à Tony Blair...

Les luttes, après le NON majoritaire du 29 mai, peuvent déjouer le jeu de l’alternance, bousculer les jeux politiciens pour 2007. Elles peuvent construire par des victoires concrètes, comme le retrait du CPE, les conditions d’une véritable alternative politique, pour aujourd’hui comme pour l’an prochain, au règne de l’argent roi. 

Communistes, nous nous situons résolument du côté des luttes. Le retrait du CPE n’est qu’un début, tous ensemble, restons vigilants, arrachons d’autres victoires !

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