CN du 24 octobre : intervention d'Emmanuel Dang Tran

25 Octobre 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #"Europe": NON à l'UE du capital

Conseil national du PCF du 24 octobre 2008

 

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris  

 

La crise financière souligne la raison d’être et la responsabilité du PCF. Elle l’appelle à redevenir lui-même, à retrouver des positions idéologiques qui lui sont naturelles.

 

Dans un récent tract national, on lit les revendications du SMIC à 1500 euros net et de renationalisations (condition de la crédibilité de la proposition du Pôle public financier). Enfin ! Que ne les a-t-on défendues en 2007 !

 

Mais au-delà, la situation politique illustre la nécessité de ruptures stratégiques que je ne vois toujours pas à l’ordre du jour ici.

D’abord en terme de perspective politique.

Nous n’aurions même pas, ai-je entendu, de nom à donner à notre alternative au capitalisme. Bonne question ! Et le socialisme ? La crise nous incite, plus encore, à y revenir, en tenant compte, certes, des expériences passées, dans toute leur complexité.

En revanche, notre perspective politique ne peut pas continuer à être celle, purement institutionnelle, d’une victoire électorale de la « gauche » derrière le PS !

De même, elle ne peut pas aller avec l’acceptation de la logique de l’intégration dans l’UE des multinationales.

 

La bataille de La Poste est effectivement l’une des batailles prioritaires dans la période. Elle illustre concrètement ces exigences de rupture.

En 2004, nationalement le Parti est passé à côté de la lutte contre la loi « antipostale » qui a planifié l’ouverture complète à la concurrence des activités courrier et qui a créé la « Banque postale ». Ne reproduisons pas les mêmes erreurs alors que le potentiel de mobilisation est toujours au moins aussi considérable dans le pays contre la suite du processus de privatisation.

La crise financière donne également toute son actualité au maintien de la propriété publique de la « Banque postale » et à sa réintégration dans sa maison-mère La Poste.

 

Peut-on mener cette bataille, parvenir au large rassemblement nécessaire des salariés et usagers, en restant main dans la main avec le PS ? Je pense que non.

Le PS porte une part déterminante de responsabilité dans les étapes précédentes du processus : de l’éclatement des PTT avec Quilès, à l’adoption des directives de marchandisation, en passant par la création en 1999 d’Efiposte, l’embryon de la Banque postale. Aujourd’hui, dans sa posture d’opposition, il ne remet même pas en cause ses choix passés.

 

Peut-on mener efficacement la bataille de La Poste sans contester l’application des directives européennes dans notre pays ? Je pense aussi que non.

 

J’ai relu avec intérêt un passage du rapport de Francis Wurtz au CN du 5 septembre : « aujourd’hui, nous devons aider à l’expression d’exigences de changements de fond sans nous soucier de la non-compatibilité de ces demandes avec les traités en vigueur ».

Oui ! Mais pour mettre en échec tout de suite la politique au service du capital en France et non pas en continuant à nous placer dans la perspective d’une réorientation des institutions européennes.

 

Nous sommes en pleine préparation du 34ème congrès. L’UE est une des questions importantes dont les communistes débattent.

Le référendum de 2005, ceux ensuite des Pays-Bas et d’Irlande ont montré les potentialités de résistance et d’alternative qui existent au plan national et international au projet capitaliste de l’UE. Dans le parti, sur la base de la campagne de 2005 notamment, beaucoup de camarades contestent la ligne actuelle consistant à s’inscrire, avec le PGE, dans la logique de l’intégration européenne, de la « réorientation », de la « renégociation » des traités. L’UE, ce projet dirigé depuis l’origine dans l’intérêt du capital et contre les peuples, perd de la légitimité. Ne participons pas à lui en redonner !

 

Toujours est-il que c’est une discussion de congrès.

Aussi, l’ordre du jour du CN d’aujourd’hui est un contresens. Comment pouvons-nous envisager la campagne des élections européennes, qui ont lieu dans plus de huit mois, et encore plus précisément la question des listes de candidats, sans tenir compte des résultats de la réflexion engagée parmi les communistes ?

Comment discuter maintenant des alliances électorales avant que les communistes aient fixé leurs objectifs pour les élections en lien avec leur analyse de la situation politique en France et en Europe ?

 

Je redoute que l’on cherche à forcer la main aux communistes pour faire perdurer les mêmes choix politiques sur l’UE. Ce qui a été évoqué sur le caractère « européen » de la campagne souhaitée, les références et les appels à la Confédération européenne des syndicats dont certains voudraient présenter des dirigeants, alors même que la CES a milité pour la constitution et encore récemment pour le oui au Traité de Lisbonne en Irlande me le fait craindre.

 

Je redoute aussi que l’on rentre à nouveau, avec les européennes, dans des combinaisons électoralistes cherchant à effacer le PCF, à forcer une recomposition à « gauche ». Une partie de la discussion d’aujourd’hui me rappelle celles, interminables et stériles, que nous avions eues sur les collectifs « antilibéraux ».

 

Sur le fond et par principe, je voterai donc contre le projet de résolution proposé.

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