Le PCF dans un « parti de la gauche » avec Mélenchon : non merci !

26 Novembre 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Le PCF dans un « parti de la gauche » avec Mélenchon : non merci !

 

Jean-Luc Mélenchon a choisi de quitter le PS le soir du vote interne sur les motions de congrès et vient d’annoncer la création d’une nouvelle formation politique : le « parti de la gauche ».

 

Il n’en est pas à son premier changement de sigle. Avant de rejoindre le Parti socialiste, il militait à l’OCI, ancêtre du trotskyste Parti des travailleurs. PT, PS, PG : demain ?

 

Le moment choisi par M. Mélenchon surprend. Il quitte le PS au moment ou la motion qu’il soutenait, celle de Benoît Hamon, obtient un résultat inespéré et influence toute l’évolution du Parti. En 2005, ou en février 2008 lors du vote par les parlementaires PS pour Traité de Lisbonne, l’occasion était plus propice pour une rupture. Mais peut-être est-ce maintenant le dernier moment pour justifier un départ, alors qu’il est probable que la « sociale-libérale » Ségolène Royal ne sera pas finalement élue secrétaire du PS.

 

Le nom choisi du nouveau parti de Mélenchon fait directement référence à d’autres exemples européens, en particulier à l’exemple allemand « Die Linke », parti issu de la fusion entre le Parti de socialisme démocratique (PDS) avec le groupe constitué autour de l’ancien leader social-démocrate Oskar Lafontaine.

Ce schéma a ses partisans en France, notamment au sein de notre parti, le PCF, déjà intégré au « Parti de la Gauche européenne » avec « die Linke ». Francis Wurtz a ainsi aussitôt salué la décision de Mélenchon et exprimé le souhait de partir avec lui aux élections européennes. Il n’est pas le seul.

 

Mélenchon multiplie, pour sa part également, les avances en direction du PCF. Le quotidien « La Marseillaise » daté du 15 novembre relate par exemple ses propos : « Si l’on ne peut demander au PCF de se saborder, il est permis de penser qu’il convient de passer par un front de gauche », une étape comme il y en a eu en Allemagne.

 

L’exemple de « die Linke » ne peut que nous faire réfléchir et alerter notre vigilance de communistes attachés à l’avenir du PCF et de ce qu’il représente. L’association avec le social-démocrate Lafontaine a représenté la dernière étape de la mutation du PDS, lui-même issu du Parti communiste allemand, en parti ouvertement réformiste et pro-UE de « gauche ».

 

Mélenchon cherche-t-il à jouer le même rôle que Lafontaine contre une position de dirigeant politique national que le PS ne peut pas lui offrir ? La direction sortante du PCF cherche-t-elle à utiliser Mélenchon pour continuer à entraîner notre parti dans une recomposition à « gauche », à diluer son identité et à parachever sa mutation réformiste ?

 

Nous avons toutes les raisons de le redouter et de mettre en garde nos camarades contre un tel scénario. Ce qui ne signifie pas que nous rejetions toute alliance selon les circonstances.

 

D’abord nous ne sommes pas en Allemagne. Même s’ils suivent globalement la même ligne politique, le PS et le SPD (parti social-démocrate allemand) ne représentent pas le même positionnement historique. Le SPD gouverne avec la droite de Merkel. Le PS se définit et est perçu, malgré son passif, comme un parti de « gauche » et il s’apprête à gauchir son discours d’ici 2012, comme il sait le faire.

Mélenchon n’a pas non plus la carrure de Lafontaine, ancien premier dirigeant du SPD.

Et le PCF est un parti historiquement ancré dans l’ensemble du territoire français, avec une très forte identité historique, et non un parti régional ayant déjà rompu avec le communisme comme l’était le PDS.

 

Autant dire qu’il n’y a probablement pas de place pour un second parti social-démocrate en France à « gauche » du PS et le PCF, tant qu’il gardera ce nom, même avec des positions floues, ne pourra pas être le noyau d’un parti social-démocrate.

 

Mais l’essentiel pour nous est ailleurs. Fondamentalement, même si cette évolution paraissait avoir des chances politiciennes de réussir, en tant que membres du PCF, nous ne pouvons pas l’accepter. Tout simplement parce qu’elle trahit notre engagement : nous ne voulons pas devenir un parti réformiste, dériver vers l’accompagnement du capitalisme.

 

Nous nous situons dans l’héritage du choix de nos camarades en 1920 de rompre avec le réformisme de la SFIO pour devenir un parti révolutionnaire, un parti de classe et de masse. Continuer à transformer le PCF en parti réformiste, en parti institutionnel comme les autres est un choix que nous combattons au nom précisément de notre engagement.

Nous n’avons aucune raison de l’accepter davantage au nom d’une alliance avec un politicien comme M. Mélenchon, même s’il devait jouer momentanément une partition gauchiste.

 

Notre priorité reste plus que jamais de « faire vivre et renforcer le PCF », une condition de rassemblement pour mettre en échec et gagner des ruptures avec la politique au service du capital.

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Pingouin094 30/11/2008 17:59

Je ne partage absolument pas cette analyse.
Tout d'abord, personne et surtout pas Mélenchon, n'a jamais parlé de dissoudre le PCF dans le Parti de Gauche. Cessons la paranoïa !
Il est absurde de creoir que quiconque pourrait vouloir dissoudre un parti de 130 000 adhérents revendiqués dans un parti qui n'existe pas encore, revendique à peine 5000 adhérents et n'a ni structure ni programme. Si cela devait se faire, il est évident que le résultat en serait l'absorbtion du second par le premier.
Ensuite, pour quiconque s'interresse au parcourt de Mélenchon, il est évident que ce n'est pas son orientation politique. La ligne directrice de Mélenchon est que l'union des forces de gauche ne peut se faire que dans le respect de l'individualité de chaque composante, de chaque parti. Il considère que l'échec d'une candidature unique antilibérale aux présidentielles a eu pour principale raison la volonté de nier l'existence du PCF en tant qu'organisation propre au sein des commités. Ce n'est évidemment pas pour faire la même chose avec son Parti de Gauche !
Enfin, il faut regarder les choses en face. Surtout lorsqu'on se revendique attaché à l'identité communiste, il faut bien admettre qu'il y'a de la place à gauche du PS pour ceux qui veulent une alternative au capitalisme, une politique plus juste et plus sociale, mais sans avoir à assumer l'identité communiste et le poids de son histoire. Comment expliquer autrement qu'en 15 jours, avec pour internet comme seul moyen de communication, Mélenchon puisse revendiquer 5000 adhérents et 3000 participants à son meeting. Il y'avait une place à prendre, il l'a prise.
Enfin, croire que le résultat "inespéré" de la motion Hamon signifie qu'il y'a encore un espoir d'influencer à gauche le PS est illusoire. Il suffit de se rappeler qu'au précédent congrès, les deux motions de l'aile gauche du PS faisaient 40%. Le résultat "inespéré d'Hamon", c'est que l'aile gauche n'a fondue que de la moitié de ses voix et pas des trois quarts comme s'y attendaient les analystes. Par contre, l'actuelle première secrétaire compte dans ses soutiens Dominique Strauss Kahn et récemment Bertrand Delanoë. Gageons que ce n'est pas à gauche que ces soutiens là vont l'influencer. Enfin, alors que le poids des motions qui l'avaient rallié pouvaient lui faire espérer un score de 70%, Martine Aubry n'a obtenu qu'un petit 50% des voix. La première à influencer Martine Aubry ne serait pas Hamon, mais bien royal, qui peut se targuer de représenter la première motion du PS et d'avoir le soutien de la moitié des adhérents du PS. Non, Hamon et les siens n'influenceront pas le PS à gauche, et pour ceux qui veulent militer à gauche, il est plus que temps de quitter le PS.
Enfin, et pour terminer, je n'ignore pas que des paroles aux actes, il y'a parfois une différence. Mais les paroles de Mélenchon, ce sont "tourner la page du capitalisme", "répartir autrement les richesses", et enfin, il se réclamme un "hériter des espoirs nés de la révolution de 17".  Certes, il n'est pas communiste. Mais si je ne sais pas donner sa chance à quelqu'un qui dit des phrases comme ça, c'est que je suis plus sectaire qu'un militant de Lutte Ouvrière. Et je ne le suis pas.
Bref, moi je dis : "bienvenu au parti de gauche" et vous invite à lire l'article éponyme sur mon blog, en lien.