Situation en Grèce: communiqué du PCG (KKE)

13 Décembre 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Solidarité internationale

Communiqué du Comité Central du Parti Communiste de Grèce

Sur les dernières évolutions à l’occasion de la mobilisation suite à l’assassinat de l’adolescent de 15 ans

Le Comité Central du Parti Communiste de Grèce (CC du KKE) s’est réuni le mardi 9 décembre et a discuté de la situation politique du pays à l’occasion des évolutions des derniers jours, les luttes massives des travailleurs et de la jeunesse, qui ont manifesté leur protestation contre l’assassinat de l’élève de 15 ans, leur indignation pour les problèmes populaires aigus. Le CC du KKE est arrivé aux conclusions suivantes :

1.                  Le CC du KKE salue les jeunes hommes et femmes, élèves, étudiants, travailleurs, qui dès le premier moment et jusqu’à ce jour ont réagi avec des mobilisations de masse et de la protestation à l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos. Ils ont révélé les raisons politiques intemporelles qui ont armé la main de l’assassin, les responsabilités précises du parti de la Nouvelle Démocratie. Les mobilisations avaient aussi comme support les problèmes populaires aigus, l’autoritarisme, la répression d’état, l’indignation de la jeunesse, l’angoisse et l’incertitude pour l’avenir. Le CC du KKE adresse un appel combattif de continuation et intensification des luttes du peuple et  de la jeunesse qui sont en effervescence tous ces derniers mois et qui doivent s’échelonner afin de repousser la nouvelle attaque en raison de la crise économique et de l’autoritarisme d’état qui s’intensifie. Le KKE signale : aucun sursis à l’action et mobilisation de combat populaire, l’organisation et sauvegarde des luttes, au développement de formes supérieures de lutte à travers de processus collectifs avec de la participation populaire et un sentiment de responsabilité de lutte. Des luttes populaires qui toucheront tout le spectre de la politique dominante, depuis la flambée de la répression et violence d’état jusqu’aux revendications économiques et sociales de la classe ouvrière, des petites et moyennes couches sociales de la ville et du village, de la jeunesse et des femmes, contre l’immense attaque que subissent leurs droits. Les travailleurs, ici et maintenant, doivent prendre cette affaire en main. Les lieux de travail, les usines, les secteurs, les chantiers, les grands magasins des villes, les lieux d’éducation et d’habitation doivent devenir des cellules vivantes de la renaissance et du développement du mouvement ouvrier et populaire.

 

2.                  L’assassinat de sang-froid de l’élève de 15 ans Alexandros Grigoropoulos le soir du samedi 6 décembre, par des gardes spéciaux des forces de répression d’état, était une « chronique de mort annoncée » par la répression et violence d’état, par une politique qui voit comme ennemis le peuple et la jeunesse qui revendiquent, qui luttent, qui contestent le pouvoir de la ploutocratie du pays et ses partis politiques. Une politique qui est inamicale envers toutes les formes combattives d’action, envers les mobilisations de grève, les manifestations, les occupations, envers toutes les formes de lutte qui sont organisées et politiquement élevées. Une politique qui est inamicale à l’organisation collective et à l’action des ouvriers, des agriculteurs, des petites et moyennes couches sociales des villes, de la jeunesse. L’assassinat de l’élève est la continuité de la violence et de l’autoritarisme policiers, qui s’est intensifié ces dernières années contre les ouvrières et ouvriers sur les lieux de travail avec des chantages et intimidations, contre les immigrés, victimes de l’exploitation et des guerres, contre les étudiants et élèves qui sont persécutés car ils revendiquent une éducation publique gratuite. C’est le même ventre du système qui crée les victimes de l’indifférence du patronat, les ouvrières et ouvriers morts sur le lieu du travail.

 

3.                  Énormes sont les responsabilités de tous les gouvernements du pays jusqu’à ce jour, de la Nouvelle Démocratie et du PASOK. Ils ont promulgué  et appliqué les lois qu’eux-mêmes ont à tour de rôle voté au parlement. Les lois « anti »-terroristes, le traité de Prüm (Schengen III), les lois pour l’usage des armes par les policiers qui facilite leur usage abusif, l’élargissement  des pouvoirs des services secrets, la création de systèmes de surveillance, l’implication progressive des Forces Armées dans des questions d’ordre intérieur. La création d’un autre mécanisme, complémentaire de la police nationale au niveau municipal, l’élargissement  de l’usage de chiens de police lors des apparitions publiques de la police nationale et lors des manifestations, l’élargissement du port d’arme des agences privées de sécurité et tant d’autres.

 

4.                  La violence aveugle des casseurs encagoulés dont nous devenons témoins surtout à travers des chaînes de télévision, tend d’être utilisée par l’état bourgeois, le gouvernement de la Nouvelle Démocratie, afin de bloquer la vague de contestation et intervention populaire qui se développe. La sauvegarde des luttes est l’affaire du mouvement populaire organisé et non pas de la police, des forces de répression. Avec  la contribution du KKE et des forces de classe, les luttes, le mouvement peuvent être sauvegardées par eux-mêmes et faire face tant à l’état de répression qu’aux casseurs encagoulés qui sont les alliés et le bras droit de tous ceux qui veulent voir le peuple résilié et terrorisé. Leur noyau s’est formé au sein de l’état, de source interne et externe au pays, sous le PASOK et la Nouvelle Démocratie. Comme il s’agit souvent dans des cas similaires ceux-ci peuvent échapper également au contrôle des leurs inspirateurs d’origine.

 

5.                  Sont également responsables ceux qui donnent des « lettres d’expiation » à la violence aveugle des casseurs encagoulés, en essayant de les identifier avec des actions spontanées des élèves indignés. Ceux qui caressent les oreilles des casseurs comme le parti SYRIZA et un groupe d’alliés qui lui font la propagande via les médias, ont une responsabilité politique lourde. Objectivement, avec sa pratique le parti SYRIZA soutient contre le mouvement des formes d’action qui sont ouvertes et vulnérables à l’infiltration des mécanismes de répression d’état et d’autres services. La position de SYRIZA est un opportunisme politique. Il s’intéresse, uniquement pour des raisons électorales à flatter, sert de « paratonnerre » à toutes sortes de casseurs, en ciblant les urnes et les jeux de la formation d’un gouvernement après les élections. Avec sa pratique politique et tactique soutient contre le mouvement organisé des formes d’action ouvertes et vulnérables à l’infiltration des mécanismes bourgeois et de répression.

 

6.                  Le CC du KKE salue la réponse de dizaines de milliers de manifestants, travailleurs et jeunes  à son invitation de participer à la manifestation qu’il a organisé en partenariat avec la Jeunesse Communiste de Grèce (KNE) hier, lundi 8 décembre. Il a été évident qu’il existe un plan d’implication du KKE dans une confrontation avec les casseurs d’un côté et les forces de répression de l’autre. Le KKE n’a pas été pris dans le piège, il a organisé un grand rassemblement et une manifestation dans les rues d’Athènes, ainsi que dans des dizaines de villes du pays qui ont été couronnés de succès avec un dynamisme inédit. Des manifestations qui sont arrivées à leur destination d’origine sans un seul blessé. Aujourd’hui, le besoin est pressant de faire entrer en action tous ceux qui jusqu’à ce jour n’avaient pas fait le pas ou ceux qui se sont démobilisés par le passé. Que le mouvement populaire organisé prenne l’affaire en mains avec comme départ les lieux de travail et de vie, avec des coordinations par secteur, par commune, par quartier. Dans le cas où les élus syndicaux, ne répondent pas ou vendent les luttes et bloquent les fermentations de lutte, les travailleurs doivent prendre eux-mêmes l’affaire en main,  avec de processus de masse en formant des comités de lutte. Ils doivent se rassembler et coordonner leurs forces dans tout le pays avec des revendications économiques, sociales et politiques ainsi que contre les lois répressives.

 

Qu’une préparation complète se développe devant la probabilité d’élections anticipées, pour qu’un grand coup soit donné aux partis du bipartisme, que le KKE en sorte renforcé. Le KKE est le facteur décisif du développement de la lutte de classe, du Front sociopolitique, dans la lutte pour des acquis, dans la voie de la rupture et du renversement de situation. La Nouvelle Démocratie et le PASOK doivent recevoir une leçon significative aux prochaines élections. Le peuple doit condamner de façon décisive, affaiblir et tourner le dos au bipartisme ainsi qu’à leurs alliés. Tous ceux qui essaient de dégénérer le radicalisme pour préserver le pourri, injuste et corrompu système de répression et de violence. Le premier pas dans cette perspective est le renforcement et le rassemblement avec le KKE partout. Avec initiative et détermination, avec intensification de la vigilance et de la préparation, de façon bien plus créative, les communistes, les jeunes de la KNE doivent  combiner l’information du peuple concernant les positions du KKE sur l’actualité avec la discussion interne devant le 18e Congrès du Parti, avec une bien plus grande contribution au développement des luttes du peuple et de la jeunesse.

 

- QUE LE PEUPLE ET LA JEUNESSE DONNENT MAINTENANT LEUR REPONSE AVEC LEUR LUTTE ET LEUR VOTE !

 

- LUTTE-ORGANISATION-VIGILANCE-PRÉPARATION

 

- AVEC LE  KKE  NOUS ORGANISONS LA CONTRE-ATTAQUE DU PEUPLE ET DE LA JEUNESSE POUR UNE GRANDE ALLIANCE POPULAIRE SEUL ESPOIR ET GARANTIE POUR UN VRAI POUVOIR POPULAIRE

 

Athènes, 9/12/2008 - Le bureau de presse du CC du KKE

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Martin 17/12/2008 12:17

Quoiqu'en disent les médias français, rien ne se calme en Grèce !!!17/12/2008 - Déploiement d'une banderole "RESISTANCE" sur l'Acropole :http://www.rtbf.be/info/grecemanifestations-une-banderole-deployee-sur-lacropole-6494516/12/2008 - Des jeunes grecs piratent le "FRANCE2 grec" en pleine allocution du 1er Ministre,avec une banderole "ARRETEZ DE REGARDER LA TELE - TOUT LE MONDE DANS LA RUE" :http://www.youtube.com/watch?v=xeWKwQ4iHsE15/12/2008 - Les émeutiers utilisent des rayons laser pour aveugler les flics-porcs-assassins :http://uk.youtube.com/watch?v=oZgTekSb-0I14/12/2008 - Les communiqués de la résistance se font de plus en plus rageurs :http://emeutes.wordpress.com/Alignés au mur, fils de pute ! Nous sommes arrivés pour prendre ce qui nous appartient…En ces jours de rage, le spectacle comme une relation de puissance, une relation qui imprime son souvenir sur les objets et les corps, est confronté à un diffus contre-pouvoir qui déterritorialise le vécu, lui permettant de s’éloigner de la tyrannie de l’image pour s’aventurer dans le domaine des sens. Les sens ont toujours été perçus comme antagonistes (ils réagissent toujours contre quelque chose), mais dans les conditions actuelles, ils se dirigent vers une polarisation de plus en plus aiguë et radicale.Des caricatures soi-disant pacifiques des médias bourgeois ( “la violence est toujours inacceptable, partout dans le monde”), nous ne pouvons que nous gausser : leur loi, leur loi d’esprit obéissant et consentant, de dialogue et d’harmonie ne sont rien d’autre qu’un bestial plaisir bien calculé : un carnage garanti. Le régime démocratique sous son verni pacifique ne tue pas un Alex chaque jour, précisément parce qu’il tue des milliers de Ahmets, Fatimas, JorJes, Jin Tiaos et Benajirs : parce qu’il assassine systématiquement, structurellement et sans remords l’ensemble du tiers monde, qui est le prolétariat mondial. C’est de cette façon, à cause de ce quotidien massacre à froid, qu’est née l’idée de liberté : la liberté non pas comme un prétendu bienfait humain, ni comme un droit naturel pour tous, mais comme le cri de guerre des damnés, comme le principe de la guerre.La classe bourgeoise et son histoire officielle nous lavent le cerveau avec la légende d’un progrès graduel et stable de l’humanité au sein duquel la violence n’est qu’une désolante exception découlant d’un sous-développement économique, culturel et émotionnel. Pourtant, nous tous qui avons été écrasés entre les pupitres d’école, derrière les bureaux, les usines, ne savons que trop bien que l’histoire n’est rien d’autre qu’une succession d’actes bestiaux reposant sur un système de règles mortifères. Les gardiens de la normalité déplorent que la loi ait été violée par la balle du revolver de Korkoneas le Porc (le flic tueur). Mais qui ne sait pas que la vigueur de la loi est simplement la force de la puissance ? Que c’est la loi elle-même qui permet le recours à la violence contre la violence? La loi est vide de bout en bout, elle n’a aucun sens, ni aucun autre but que celui de déguiser la force du pouvoir.Dans le même temps, la dialectique de la gauche tente de codifier le conflit, la bataille et la guerre, avec la logique de la synthèse des contraires. De cette manière, il construit un ordre, un état pacifié au sein duquel tout a sa propre petite place. Pourtant, le destin du conflit n’est pas la synthèse - comme le destin de la guerre n’est pas la paix. L’insurrection sociale contient la condensation et l’explosion de milliers de négations, pourtant elle ne contient en aucune de ses sous-parties, ni en aucun de ses moments, sa propre négation, sa propre fin. C’est toujours avec une certitude lourde et sombre qu’arrivent les institutions de médiation et de normalisation, de la gauche promettant le droit de vote dès 16 ans, le désarmement mais le maintien des porcs, l’État-providence, etc. En d’autres termes, en voilà qui souhaitent tirer un gain politique de nos blessures. La douceur de leur compromis suinte le sang.Ceux qui sont contre la violence sociale ne peuvent pas être tenus pour responsables de ce qu’ils n’assument pas : ils sont destructeurs de bout en bout. Si les luttes contemporaines ont quelque chose à nous apprendre, ce n’est pas leur triste consensus sur un objet (la classe, le parti, le groupe), mais leur processus systématiquement anti-dialectique : pour eux, l’acte de destruction ne contient pas nécessairement une partie créative. En d’autres termes, la destruction de l’ancien monde et la création d’un nouveau monde sont pour eux deux processus discrets mais continus. Pour nous, la question est plutôt quelles méthodes de destruction de l’existant peuvent être développées en différents lieux et moments de l’insurrection ? Quelles méthodes peuvent non seulement maintenir le niveau et l’ampleur de l’insurrection, mais contribuer à son amélioration qualitative ? Les attaques de commissariats, les affrontements et les barrages routiers, les barricades et les batailles de rue, sont maintenant un phénomène social quotidien dans les villes et au-delà. Et ils ont contribué à une déréglementation partielle du cycle de production et de consommation. Et pourtant, ils ne sont qu’une attaque partielle de l’ennemi ; il est évident que nous restons piégés dans une seule et unique dimension de l’attaque contre les relations sociales dominantes. Car le processus de production et de circulation des marchandises en lui-même, autrement dit le capital comme relation, n’est qu’indirectement touché par les mobilisations. Un spectre plane sur la ville embrasée : celui de la grève générale sauvage à durée indéterminée.La crise capitaliste mondiale a ôté aux patrons leur réponse la plus énergique et la plus mensongère à l’insurrection : «Nous vous offrons tout et pour toujours, alors que tout ce qu’eux peuvent vous offrir n’est qu’un présent incertain”. Avec ses entreprises qui s’effondrent les unes après les autres, le capitalisme et son Etat ne sont plus en mesure d’offrir quoi que ce soit d’autre qu’un lendemain pire de jour en jour, une situation financière asphyxiante, des licenciements, la suspension des pensions de retraite, des coupes dans les budgets sociaux, la fin de la gratuité de l’enseignement. Au contraire, en seulement sept jours, les insurgés ont prouvé par la pratique ce qu’ils peuvent faire : transformer la ville en un champ de bataille, créer des enclaves de communes dans l’ensemble du tissu urbain, abandonner l’individualité et sa sécurité pathétique, rechercher la formation de leur force collective et la destruction totale de ce système meurtrier.À ce moment historique de la crise, moment de rage et de rejet des institutions auquel nous sommes finalement parvenus, la seule chose qui peut transformer le système de déréglementation en une révolution sociale est le rejet total du travail. Quand les combats se dérouleront dans des rues assombries par la grève de la compagnie d’électricité, lorsque les affrontements auront lieu au milieu de tonnes de déchets non collectés, lorsque les tramways seront abandonnés au milieu des rues, bloquant les flics, lorsque l’enseignant en grève allumera le cocktail molotov de son élève révolté, nous serons enfin en mesure de dire : Camarade, “les jours de cette société sont comptés ; ses raisons et ses mérites ont été pesés, et trouvés légers”. Aujourd’hui, cela n’est plus un simple fantasme, mais une possibilité réelle dans la main de chacun : la possibilité d’agir concrètement sur le concret. La possibilité d’apercevoir les cieux.Si tout cela, à savoir l’extension du conflit dans la sphère de la production-distribution, avec ses sabotages et ses grèves sauvages, semble prématuré, ce ne serait que parce que nous n’avons pas réalisé à quelle vitesse le pouvoir se décompose, à quelle vitesse les méthodes de confrontation et les formes de contre-povoir se diffusent socialement : des lycéens qui caillassent les commissariats aux employés municipaux et aux voisins qui occupent les mairies. La révolution ne se fait pas par la croyance et la foi en des conditions historiques à venir. Elle se fait en saisissant n’importe quelle occasion d’insurrection dans chaque aspect de la vie sociale, en transformant notre animosité envers les flics en une grève définitive aux pieds de ce système.Dehors les porcs !14 décembre 2008 - Initiative du Comité d’Occupation de l’Ecole Athénienne d’Economie et d’Affaireshttp://emeutes.wordpress.com/