Un déraillement en plein Paris, dans le 15ème, rue Castagnary !

11 Janvier 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #SNCF

Mardi 16 décembre, trois wagons transportant du fioul pour la Compagnie parisienne de chauffage urbain (CPCU), ont déraillé des voies ferrées de la gare Montparnasse. L’un d’entre eux a manqué de deux mètres de s’écraser en contrebas sur le trottoir de la rue Castagnary. Fort heureusement, il y a eu plus de peur que de mal.

 

Mais les moyens mobilisés pour sécuriser le secteur, bloqué pendant deux jours, la grue spectaculaire utilisée pour dégager le wagon soulignent combien l’accident ne peut pas être rangé au rang des anecdotes.

 

A nouveau, en pleine ville cette fois, est posée la question de la dégradation de l’état du réseau ferré. Les incidents, les dysfonctionnements se multiplient, notamment sur le réseau secondaire, mais aussi par exemple sur les lignes des RER. Des responsables syndicaux tirent la sonnette d’alarme sur la sécurité et l’avenir du réseau lui-même. Le constat est confirmé par des rapports officiels, plus ou moins bien intentionnés.

Sans moyens nouveaux conséquents, des milliers de kilomètres de voies pourraient ne plus être exploitables d’ici quelques années.

 

Cette évolution préoccupante a des causes et des responsables : les gouvernements successifs qui préparent le terrain à la privatisation de la SNCF. En 1997, le service public ferroviaire a été éclaté. L’établissement public Réseau ferré de France, coupé du reste de la SNCF, a été créé. A RFF on a confié la propriété et la gestion des infrastructures. En cassant l’unicité du réseau et de l’exploitation, les gouvernements ont l’objectif de préparer la mise en concurrence de l’exploitation, de transformer progressivement la SNCF en opérateur de type privé, de dégager des marges de profit pour de futurs actionnaires.

A RFF public, la majeure partie des dettes et des investissements les plus lourds. Aux opérateurs destinés à être privés, les profits d’exploitation.

 

Depuis 1997, le RFF a la responsabilité du financement et de la gestion du réseau. Mais seule la SNCF et ses agents, avec les qualifications et l’excellence du service public nationalisé, sont restés en état d’assurer le travail d’entretien, ce qu’elle fait en tant que prestataire de service pour le compte de RFF.

 

Dans cette nouvelle configuration, l’accélération de la dégradation du réseau provient de deux raisons, toutes les deux liées à la privatisation:

1- RFF ne se voit pas doter des moyens pour entretenir et de développer le réseau selon les besoins du service public. Il manquerait de 500 millions à un milliard d’euros par an. L’investissement public, notamment de l’Etat, est très insuffisant alors que les contribuables régionaux sont lourdement mis à contribution notamment pour l’extension des lignes à grande vitesse. Les bénéfices d’exploitation de la SNCF, qui s’envolent (1 milliard en 2007), issus de tarifs de plus en plus prohibitifs, sont détournés de l’investissement dans les infrastructures de réseau.

2- Dans la perspective de privatisation, la direction de la SNCF fait le choix de sacrifier à la loi du profit la qualité de l’entretien (comme de la maintenance). Des milliers d’emplois qualifiés sont supprimés. Le recours à l’externalisation et à une sous-traitance précaire s’étend… L’immense majorité des retards sont dus à la logique de privatisation que les luttes des personnels dénoncent, et non au terrorisme, ni aux chasseurs !

 

Le gouvernement actuel veut tirer prétexte du problème que sa politique a alimenté pour l’aggraver en poursuivant le démantèlement du service public SNCF. Il cherche à enlever le travail d’entretien du réseau. Non rentable, cette activité n’intéresse pas les groupes privés qui convoitent la SNCF.

 

C’est tout le contraire qui s’impose :

-
mettre en fin à la politique de désorganisation des services de maintenance et d’entretien de la SNCF
- reconstituer entièrement l’unicité du service public ferroviaire en réunissant RFF et SNCF, en rétablissant le monopole public sur l’ensemble de l’activité ferroviaire en France.  
- diriger, en cohérence, l’argent des bénéfices d’exploitation de la SNCF vers l’investissement et l’entretien.
- accroître les investissements publics, beaucoup plus efficaces car correspondant aux besoins, et beaucoup moins coûteux à l’usager et au contribuable que les financements privés, pour entretenir et développer le réseau et l’ensemble du service public.

 


C’est tout cela qui se trouve en fait à l’origine d’un accident spectaculaire comme celui de la rue Castagnary. Et il faut le dire et l’expliquer !


La manifestation occultée des cheminots le 19 juin 2008

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Candide 11/01/2009 21:22

Pourquoi ne pas porter plainte contre les bureaucrates de Bruxelle et contre le gouvernement qui a pris de telles décisions d'ouverture du marché il est vrai initié par Gayssot...