Après la magnifique victoire du NON, pousser l'avantage!

9 Juin 2005 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #"Europe": NON à l'UE du capital

Après la magnifique victoire populaire du NON, POUSSER L’AVANTAGE!

Le 29 mai, le peuple français a fait la démonstration éclatante de sa force et de sa détermination à reprendre son avenir entre ses mains.

Malgré le déferlement de propagande officielle, malgré la mobilisation unilatérale des institutions et de la quasi-totalité de la classe politique, malgré la désinformation, les mensonges et les pressions, les électeurs, notamment les jeunes et l’ensemble du monde du travail, ont massivement pris conscience de l’enjeu du référendum sur la « constitution » européenne. A 55%, ils l’ont condamnée.

Ils ne se sont pas trompés en faisant le lien entre les choix européens et la politique nationale. Toute la politique de casse sociale et économique que les tenants du oui mènent à tour de rôle depuis Maastricht, au nom de l’Europe, est disqualifiée.

Depuis le 29 mai, la propagande n’est pas retombée. Elle s’évertue maintenant à minimiser la portée du vote, de la victoire populaire. Chirac, Villepin, Sarkozy, au prix de quelques aménagements de façade, tentent de continuer exactement la même politique en jouant à nouveau sur le fatalisme et l’absence d’alternative politique. Le programme énoncé hier par M. de Villepin est ainsi une véritable provocation.

Mais ceux-là, comme les forces de « l’alternance » défenseurs du oui (le PS et satellites), ne pourront pas faire comme si rien ne s’était passé.

Nous les avons fait plier sur leur projet de « constitution » européenne; nous pouvons les faire rompre sur leur politique en France!  

 

La « Constitution » européenne est caduque: aux orties!

Un traité s’appliquant à tous les pays de l’UE n’est valide que si chaque pays le ratifie. La France a dit NON. Le « traité établissant une constitution européenne » est caduc. Les eurocrates sont prêts à contourner ce principe du droit international, anticipant sur les règles antidémocratiques de leur « constitution ». Giscard voudrait faire revoter les Français jusqu’à ce qu’ils (lui) disent oui. L’ampleur du résultat en France, 2,7 millions de voix d’avance pour le NON, le résultat du référendum aux Pays Bas rendent inconcevables ces manipulations comme toute tentative de « renégociation » du texte. Le NON est donné gagnant également au Danemark, en Suède, en Grande Bretagne, en République Tchèque… 

En gagnant le NON, nous avons préservé la base de nos droits démocratiques nationaux, de la souveraineté populaire, notre capacité légale de résistance aux dispositions européennes contraire à nos intérêts. Nous avons rejeté la camisole de l’UE de Bruxelles. « Maastricht à perpétuité », le peuple français, fort de son expérience, a dit NON. Notre Parlement ne sera pas réduit à être une chambre d’enregistrement. Notre pays n’est pas définitivement arrimé à l’OTAN et au joug américain. 

Mais c’est aussi tous les traités antérieurs auxquels les eurocrates voulaient donner rang de constitution qui sont désavoués, privés de toute légitimité pour continuer à sévir en France: Amsterdam et Nice (ratifiés par la « gauche plurielle » sans consultation populaire en 1998 et 2001) et bien sûr Maastricht.

M. Chirac (avec M. Jospin en son temps) a signé toutes les directives antisociales et antiéconomiques lors des « sommets » européens pour ensuite mieux infliger sa politique en France en se défaussant de sa responsabilité sur l’Europe. Les Français ont montré qu’ils n’étaient pas dupes. Ouvriers, employés, paysans,.. ils en ont assez des discours « européens », moralisateurs et démobilisateurs pour faire accepter tous les sacrifices pour le profit des marchés financiers et de la mondialisation capitaliste.

Le NON aux diktats et directives de Bruxelles/Maastricht 

Chirac est mandaté par le peuple pour dire définitivement NON à la directive Bolkestein (mise en concurrence des activités de service et des salariés de ce secteur au niveau de toute l’UE), qui a juste été « ajournée » le temps de la campagne en France. Idem pour le projet de « directive sur le temps de travail » qui se propose d’autoriser la semaine de 72 heures. Idem pour le projet de directive Barrot qui veut casser les services publics des transports urbains… 

De façon hypocrite, les partisans du oui ont versé des larmes sur notre industrie textile menacée par le dumping social chinois. Ils ont eux-mêmes avec l’UE approuvé les accords de l’OMC qui ont ouvert notre marché à ces importations. Elles doivent être de nouveau contingentées, voire interdites…

Plus forts contre la politique de Chirac/Villepin/Sarkozy

Les électeurs ont parfaitement fait le lien entre les choix européens et la politique nationale des tenants du oui. Toutes leurs lois, de privatisation, de remise en cause du code du travail, de casse de la sécurité sociale, l’austérité des dépenses publiques et sociales mais aussi leur choix de laisser délocaliser et désindustrialiser la France ne sont-elles prises au nom de l’Europe?

Prudemment, le gouvernement avait reporté plusieurs mesures lourdes de conséquences après le référendum. Depuis, Chirac a congédié Raffarin. Mais ses remplaçants, anciens ministres, sont là pour poursuivre la même politique.

Toutes les luttes nourrissaient le NON. La dynamique du NON renforce toutes les luttes!

Villepin et le nouveau gouvernement sont obligés de lâcher un peu de lest sur le « médecin traitant » ou l’application de la Loi Fillon sur l’école. Le sens et la force du NON peut et doit aller beaucoup plus loin et mettre en échec leurs choix politiques, dans l’immédiat: 

- TOUS ENSEMBLE CONTRE LA PRIVATISATION DU GAZ. La privatisation partielle de GDF était prévue pour mai (avec la hausse des tarifs), elle est programmée pour le 23 juin. Celle d’EDF pour la fin de l’année. En 2004, de puissantes luttes soutenues par une large majorité de la population ont condamné le saccage de ces atouts économiques nationaux, au nom de directives européennes. Maintenant, les conditions existent pour gagner l’arrêt de toutes les privatisations et du démantèlement des services publics. La loi anti-postale ne doit pas être appliquée. L’ensemble des bureaux de Poste, des missions de la Poste , doit être préservé.

- Les lycéens ont mené une lutte d’une haute maturité pour le maintien des fondements de l’éducation nationale, de l’égalité, des diplômes nationaux. La loi Fillon (également viré) doit être abrogée.

- Au nom de la lutte contre le chômage, de nouvelles attaques contre le code du travail, l’assurance chômage et le financement de la protection sociale sont en préparation. Les salariés ont les moyens de ne pas les laisser passer comme d’obtenir une revalorisation substantielle du SMIC et des salaires pour relancer la croissance.

- Le prétexte du pacte de stabilité sera encore moins recevable pour justifier un budget 2006 d’austérité et d’injustice...

L’alternative politique se construit à partir des luttes

Le référendum a permis une clarification. Les forces de l’alternance qui mènent grosso modo les mêmes politiques depuis Maastricht, sinon depuis 20 ans se sont toutes retrouvées derrière le OUI, comme 90% des parlementaires. La sanction populaire massive (fort taux de participation) a porté sur le fond, pas sur une « équipe » faute de mieux.

Le PS a confirmé logiquement ses choix même s’il a pris la précaution de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en laissant l’hypermaastrichien Fabius défendre en sourdine la partition du NON. Dans les conditions politiques actuelles, il est vain d’attendre un changement en 2007.

La construction de l’alternative politique ne peut surgir que du mouvement populaire auquel la victoire du NON au référendum donne de réelles perspectives d’avancée. Les communistes de la section du 15ème entendent continuer de se mettre au service de cet objectif, comme ils l’ont fait pendant la campagne, dans les entreprises et les quartiers de l’arrondissement.

La Hollande , l’autre pays du NON

Trois jours après les Français,  les Néerlandais ont rejeté sans appel à 61,6% le projet de « constitution » européenne (63% de participation). M. Bolkestein a ainsi été vertement désavoué par ses compatriotes. A noter que 56% des électeurs de la ville de Maastricht ont également voté NON.

La France sort renforcée au plan international

15 peuples de l’UE sur 25 n’auront pas le droit de se prononcer par référendum sur la « constitution » européenne. La ministre de la justice allemande a reconnu que le Oui aurait été « laminé » dans son pays. Même aveu des dirigeants belges, confirmé par les enquêtes d’opinion. Le vote des Français est accueilli avec soulagement par la majorité des peuples. Il a ouvert la voie, suivi immédiatement par celui des Néerlandais. Les Danois, les Suédois, les Britanniques et les Tchèques s’apprêtent aussi à voter NON. Le vote des Français, c’est le vote de la fraternité entre les peuples face à la « constitutionnalisation » de leur mise en concurrence. En toute indécence, sans avoir consulté leurs peuples, les Schröder, Blair, Sampaio, Barroso, Bolkestein… se sont succédés pendant la campagne pour faire la leçon aux Français, tels les monarques européens solidaires de Louis XVI. Eux aussi sont désavoués aujourd’hui.  

 

Le PCF Paris 15 pleinement engagé pour la victoire du NON 300000 tracts, 3200 affiches, un meeting avec 120 personnes, des milliers d’autocollants, plus de 200 initiatives à la porte des entreprises, aux métros, aux marchés… Nous nous sommes retrouvés dans la campagne aux côtés de militants syndicaux, associatifs, de républicains d’autres sensibilités. L’Appel des salariés et habitants du 15ème pour le NON, dont nous sommes à l’origine, signé au total, par 2700 personnes a matérialisé ces convergences. La section du PCF du 15ème , continuera à s’opposer à toute intégration de la France dans l’Europe du capital et à lutter pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. 

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