CN du PCF du 7 février 2009 - intervention d'Emmanuel DANG TRAN

12 Février 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Conseil national du 7 février 2009, discussion sur le fonctionnement du CN

 

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris, secrétaire de la section de Paris 15ème 

 

 

Pendant toute la préparation du congrès, l’insatisfaction devant le fonctionnement du CN s’est exprimée. De toutes parts.

Le congrès passé, la direction exécutive nationale s’efforce d’aggraver les choses.

 

Le Conseil national est statutairement l’organe dirigeant, décisionnel du parti.

Mais le problème est qu’il n’est jamais placé en situation de décider, ni même de participer à la construction de la décision.

L’expérience de ces deux premiers CN depuis le congrès l’illustre.

Le 9 janvier, date modifiée à deux reprises, la discussion sur la situation politique, malgré le contexte de crise et de préparation de la journée d’action du 29 janvier, a duré en tout et pour tout 50 minutes, sans aucune initiative nationale de lutte.

Les pistes de réflexion et de propositions, intéressantes, émises par plusieurs intervenants, par exemple sur une question comme la défense de l’industrie automobile, restent absolument sans débouché. Rien encore aujourd’hui. Incroyablement, les suites du 29 janvier ne figurent même pas à l’ordre du jour de notre réunion !

Sur les européennes, le sujet du jour, les conclusions sont écrites dans l’édition d’hier de l’Huma. Tout est ficelé sans le CN et sans les communistes. Le « Front » avec Mélenchon a déjà été acté par la direction en octobre, en dehors de la préparation du congrès. Les candidatures sont négociées dans les couloirs. Les communistes, le CN n’ont même pas été invités à définir le contenu de la campagne avant que soient scellées ces « alliances ».

 

Les directions du Parti doivent être bien frileuses pour procéder ainsi par coups de force, ici comme dans les fédérations. A Paris, alors même que l’exécutif départemental n’a pas été élu, un « grand banquet pour changer l’Europe » est convoqué avec l’inévitable Mélenchon…

 

La « charte » pour le fonctionnement du CN que la tribune nous propose aujourd’hui confirme cette peur de l’échange et de la démocratie, au niveau du CN comme dans tout le Parti.

Présidant la séance de ce matin, Christine [Mendelssohn] a ouvertement expérimenté la sélection des intervenants (20 à 30, choisis à l’avance, lit-on dans la « charte »), les autres inscrits n’ayant pas droit à la parole : soi-disant par la géographie et par la « sensibilité ».

 

Pour ossifier le débat, on ne peut pas s’y prendre mieux. Il n’y a pas de raison que Patrice Bessac s’exprime à ma place parce qu’il est de Paris pas plus qu’André Gérin parce que nous figurions sur la même liste alternative à l’occasion du congrès.

Non contente de réduire le CN à une chambre d’enregistrement, la direction exécutive cherche à étouffer ses débats. Le projet de « charte » tente aussi de supprimer le compte-rendu des interventions dans l’Huma. Ce serait un profond recul démocratique. Ce qui est transcris dans ces quelques lignes, toute contestation de sa ligne, lui est-il à ce point insupportable ?

 

Les communistes n’acceptent pas la censure ! Celle-ci doit les alarmer. Comptez sur eux pour réagir d’ici le prochain CN !

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article

Pasquale Noizet 13/02/2009 12:41

Voici le texte rédigé pour une intervention au CN du 7 février 2009  que je n'ai pas pu faire oralement bien qu'inscrite , la voici, je l'ai envoyé sur le site Internet du PCF.J'ai pu intervenir l'après midi sur la Chartre et vous pourrez lire cette intervention dans CommunisteS.Pasquale Noizet
Qui faute de temps n’a pu être prise en compte.
 
Quelles sont les priorités du parti communiste  alors que la crise du capitalisme sévit, rejetant des millions de gens hors de leur emploi, de leur logement, les réduisant à l'invisibilité ? Combien de sans domicile fixe, de sans abris ? De gens rejetés par le système capitaliste sur le bas côté d'une route qui mène au château des rentiers, à des rêves uniquement basés sur la rentabilité, l'argent et le pouvoir ? J'ai rencontré cette semaine une femme à la rue après avoir été licenciée en 2004. Elle était secrétaire comptable dans une entreprise privée. Elle est maintenant handicapée et dort dehors.
Il y aurait depuis un an 217 000 chômeurs en plus ce qui donne plus de 2 millions de chômeurs comptabilisés et en réalité le double. Nous le savons, l'Europe n'est pas étrangère aux licenciements massifs dans des entreprises qui ferment pour reprendre ailleurs leur activité pour plus de profit et toujours au détriment des travailleurs et de l'économie des pays. Nous le savons pour avoir milité pour le non au référendum, cette Europe là est celle des riches, du capitalisme, de toujours plus de précarité. Cette Europe là si loin des vrais gens ne peut se substituer aux luttes sociales. Nous l'avons vu le 29 janvier : L'attente du peuple dans toute sa diversité, est grande, afin qu'il y ait des changements radicaux dans cette société! Et non des promesses sans suite d'aménager une Europe fondamentalement hostile aux travailleurs où il est tout juste permis de quémander un salaire « décent » comme le font nos amis socialistes. Dans des manifestations de travailleurs licenciés par leur entreprise nous voilà en train de distribuer le quatre pages sur les élections européennes ! Quel déphasage avec la réalité sociale!  La nécessaire coopération internationale ne peut pas se faire en renforçant un cadre antidémocratique qui a été fabriqué sur mesure par le capitalisme. Notre message ne doit pas être compris comme si nous demandions « plus d'Europe » au nom de vagues promesses sociales qui ne seront pas tenues, car les capitalistes qui la dirigent risquent de nous prendre au mot ! Nous ne devons pas servir, et le PGE non plus, de caution de gauche à l'Europe fédérale.
Voici une proposition : Changer d'Europe, c'est suspendre l'application des traités européens de Maastricht à Lisbonne qui bafouent la souveraineté populaire et qui nous empêchent de défendre les travailleurs  au nom du libéralisme et de la concurrence.
Changer d'Europe, c'est aussi sortir de l'Alliance atlantique qui est porteuse de guerre et d'agression ! Sur ce point nous pouvons tous tomber d'accord : demander la sortie de  la France de l'OTAN, sans attendre que cette organisation agressive soit réformée.
Pour ce faire, faisons  circuler une pétition à l'échelle nationale qui pourrait être relayée dans les autres pays par tous les militants progressistes, en vue de la manifestation du 4 avril à Strasbourg