Conseil national du 9 juin : la fuite en arrière

12 Juin 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Conseil national du PCF – 9 juin 2006 

La fuite en arrière !

Désistement automatique, sans conditions, pour le ou la candidate du PS en 2007.

Le Conseil national du Parti, direction nationale du PCF, s’est tenu le 9 juin durant plus de 7 heures. Mais il aura été informé dans les conclusions de MG Buffet, 4 heures après la presse, de la principale option stratégique qu’elle a annoncée dans la journée. Il n’aura même pas été invité à en discuter. Dans sa conférence de presse, la secrétaire nationale s’est en effet prononcée pour un désistement automatique en 2007 en faveur du candidat de « gauche » le mieux placé, fût-ce Mme Royal, parce qu’il « faut battre la droite », désistement « sans condition » (« Ne commençons pas à parler de conditions, le rassemblement au second tour doit se faire car il faut battre la droite »). Tout faire pour battre Sarko-Thatcher, donc tout faire pour faire gagner Royal-Blair (ou bien un Prodi)? Cette position de principe est bien l’inverse de bousculer le jeu de l’alternance sur la base du NON majoritaire !

La réunion du Conseil national elle-même a été d’une stérilité consternante à des lieux des préoccupations des militants et des salariés. La discussion a été placée dans une approche strictement politicienne des échéances de 2007 appliquant les termes de « l’appel pour des candidatures communes » signé à l’insu du CN (déjà – voir notre communiqué du 12 mai) par la direction avec une série de personnalités et de groupuscules de « gauche ». Les orateurs se sont succédés pour exprimer leurs difficultés à mettre en place localement les collectifs unitaires des signataires de cet appel. Dans la lignée des forums, ces collectifs ressemblent à des « clubs » pour reprendre le mot d’un intervenant où chacun défend ses intérêt de groupuscule. La préoccupation principale de ces clubs est la désignation des candidats, une sorte de « primaire » au sein de cette « petite gauche », certains camarades défendant l’option Marie-George (face notamment à José Bové), d’autres promouvant une candidature « non issue d’un parti ». Quel progrès démocratique ! La volonté d’effacement du PCF, notamment de supplanter les organisations communistes, dans ces collectifs nébuleux est manifeste. Elle est confirmée par la volonté affichée par MG Buffet, JF Gau ou P. Cohen-Seat d’en faire des structures durables (après 2007), « validées » par un « collectif national ».

De contenu, il en a été en revanche fort peu question, l’expression « antilibéralisme » (dont se revendique aussi M. Strauss-Kahn) tenant lieu de positionnement général. Quant à la participation gouvernementale à la remorque du PS, elle est largement envisagée, la restriction « pas dans un gouvernement social-libéral » ne tenant guère comme l’ont quand même souligné certains intervenants (on a jamais vu le PS présenter ouvertement un programme social-libéral…). 

Le rassemblement dans les luttes dans la suite du NON majoritaire semblait étranger aux préoccupations de la plupart. Quelques intervenants, notamment de la Fédération du Nord ont cependant montré comment le PCF pouvait être rassembleur en lui-même.

Cette réunion ne fait que confirmer notre analyse sur la volonté de la direction d’accélérer l’effacement du PCF, jusqu’à exclure le CN des décisions majeures. Elle illustre la nécessité, plus que jamais, pour les responsables et militants communistes de prendre leur responsabilité pour mettre en œuvre l’action communiste au cœur des luttes sur des positions communistes, au nom des organisations du PCF. C’est la seule façon de donner un sens aux candidatures PCF nécessaires dans toutes les échéances en 2007.

 

Ci-dessous les interventions au CN de deux camarades, signataires du texte « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes » (un résumé très bref devrait être publié dans l’Huma).

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