2nd tour des cantonales : confirmation des enseignements du 1er

28 Mars 2011 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

2nd tour des cantonales : confirmation des enseignements du 1er

 

Article pcfparis15 – 28 mars 2011

 

Les résultats du 2nd tour des élections cantonales, dimanche 27 mars 2011, confirment les tendances analysées à l’issue du 1er.

 

Malgré la médiatisation soudaine de certains enjeux du scrutin entre les deux tours, l’abstention, 55%, est restée presqu’aussi élevée.

Le désaveu de l’UMP et l’ensemble de la « majorité présidentielle » se vérifie : un tiers des suffrages exprimés, moins d’un sixième des électeurs inscrits. La droite résiste toutefois un peu mieux là où elle avait des positions locales à défendre, comme dans le Rhône, la Côte d’Or, la Sarthe, etc.

La gauche est gagnante en voix, en nombre d’élus et en conseils généraux gagnés. Mais c’est largement une victoire par défaut. Elle recule moins en voix que la droite mais n’obtient, avec 50% des suffrages exprimés, même pas le vote d’un électeur inscrit sur 4.

 

Dans un contexte de fort rejet de la politique gouvernemental, la gauche derrière le PS ne porte pas de véritable alternative politique. Le niveau de consensus avec la droite, traduit notamment au plan européen, est largement perçu.

L’absence de tout enthousiasme chez les électeurs a été accrue par le fait que la gauche gérait déjà la grande majorité des départements et que les enjeux locaux ont été largement occultés.

 

La nette progression du FN de Marine Le Pen se confirme également. Elle n’est ni à dramatiser, ni à sous-estimer mais à analyser précisément.

Certes au 1er tour, le FN a perdu, lui aussi, des voix par rapport à 2004, passant de 1,490 million à 1,380 million, tout en passant de 12 à 15% des suffrages exprimés. Mais en 2011, il a présenté 300 candidats de moins et les cantonales de 2004 suivaient de peu la présidentielle de 2002. Aux cantonales de 2008, le FN était tombé à 644.000 voix.

Au 2ème tour, le FN n’obtient que 2 élus dans tout le pays mais ses 400 candidats restants dépassent les 35% en moyenne et rassemblent plus large que jamais précédemment à un second tour. Ses résultats augmentent notamment, à nouveau, dans des secteurs très ouvriers.

Si ce n’est pas nouveau, on doit constater que le FN est revenu à son plus haut niveau, dans un contexte de crise sociale aggravée par rapport à 2002.

 

L’opération de promotion du FN s’est poursuivie entre les deux tours, à outrance, ponctuée par les déclarations successives du nouveau ministre de l’intérieur Guéant sur l’identité nationale et l’immigration.

Les tenants du système poussent le FN. C’est manifeste.

Ils cherchent à détourner la colère populaire vers lui, vers son discours de haine et sa démagogie sociale. C’est grave.

La désignation permanente, explicite ou implicite, des immigrés, des « musulmans » comme boucs émissaires, pour diviser les travailleurs, libère dangereusement la parole raciste.

La montée organisée du repoussoir FN, présenté comme l’adversaire du consensus « UMPS », écrase le débat politique dans la perspective des élections de 2012.

Contrer le danger FN conduit à rentrer dans le consensus UMP/PS dans la logique du « front républicain ». Au sein de la gauche, cela conduit à gommer certaines divergences fondamentales.  

 

Dans ce contexte, communistes, avec lucidité, nous ne saurions nous satisfaire des résultats des candidats de notre parti, le PCF dans la stratégie nationale du Front de gauche.

 

Malgré l’alliance avec les anciens socialistes du PG, au 1er tour, l’ensemble du « Front de gauche », toutes configurations confondues, perd 130.000 voix sur les candidats PCF et apparentés de 2004 (820.000 contre 950.000) malgré la quasi-absence de candidats d’extrême-gauche (350.000 voix en 2004). En 2008, les candidats PCF et apparentés avaient obtenu 1,150 million de voix et 8,82%.

 

Pour autant, nous ne boudons pas la satisfaction d’obtenir, à l’issue du 2nd tour, une dizaine de sièges en plus, quasiment tous gagnés sur le PS. En Seine-Saint-Denis notamment, malgré les taux d’abstention record (70%), nous nous félicitons que soient arrêtées la croisade anticommuniste de Bartolone (PS) et de Voynet (Europe-Ecologie).

Tout le travail militant des camarades et des organisations du Parti pour ces élections, qui ont porté presque toute la campagne du « Front de gauche », comptera aussi pour l’avenir. 

 

Face aux dégâts de la politique sarkozyste, face à l’absence de véritable alternative à gauche, face au danger du FN, roue de secours du capital, plusieurs défis se posent en particulier aux communistes, que nous entendons contribuer à relever.

 

Inlassablement, nous continuerons à démasquer la démagogie de l’extrême-droite, son choix de classe du côté des possédants. Nous dénoncerons toute dérive, toute complaisance pour les discours sécuritaires et identitaires, d’où qu’ils viennent.

 

L’urgence sociale, la perspective exigée par les luttes, de plus en plus larges ces dernières années, appellent une rupture, des ruptures immédiates avec la politique au service du patronat et de la finance.

Ces ruptures sont incompatibles avec les choix fondamentaux du PS pour le Traité de Lisbonne, ceux de son représentant Strauss-Kahn à la tête du FMI. L’alternative politique ne viendra pas d’une reconstitution de la « gauche plurielle » après 2012.

En 2011, comme en 2012, elle viendra du mouvement populaire lui-même.

Les forces existent – la bataille pour les retraites l’a encore montré – pour faire reculer tout de suite le gouvernement.

Face aux augmentations de tarifs du gaz et de l’électricité, au débat renouvelé sur le nucléaire, les forces existent pour gagner la renationalisation intégrale d’EDF et de GDF. Les manifestations pour l’école, pour l’hôpital publics s’intensifient tant la situation devient intenable. Les forces existent pour arrêter les suppressions d’emploi, rendre à l’école et à l’hôpital l’argent qui leur revient. Les profits du CAC 40 flambent et les salaires réels baissent : les forces existent pour gagner un relèvement général du SMIC et le rétablissement d’une échelle mobile des salaires. Etc.

 

Communistes, voilà la perspective de rupture que nous entendons porter dans les quartiers et les entreprises, dans l’action et les luttes quotidiennes, avec les travailleurs et la population. Les résultats des élections cantonales soulignent cette priorité.

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cotty jean-Louis 28/03/2011 19:55



Le premier parti de France est celui des abstentionnistes, nul doute que si notre parti avait proposé un programme de rupture avec le système capitaliste, et proposer des objectifs clairs
réalisables, il aurait pu capter l'immense potentiel de cette population découragée, et ecoeurée par ces politiciens véreux qui ne pensent qu'a défendre le pouvoir du grand capital en liaison
étroite avec le medef. Il est indéniable que la division syndicale, et l'affaiblissement de la cgt ayant rompue avec l'abolition du patronat et du salariat, et d'une direction du ocf opérant une
dérive droitière, et bafouant la démocratie interne du parti, en privilégiant l'alliance hétéroclite avec un parti de gauche qui sans le pcf n'existerait pas. Le front de gauche est un leurre,
est tend à devenir un parti socialiste bis. Qu'attendons nous des élections présidentielles de 2012 un remake de l'union sacrée contre l'extrême droite avec une gestion social-démocrate?ou bien
un parti communiste fort et influent capable d'infléchir cette politique de collaboration de classe. Il faut bien reconnaître qu'à ce jour, si les forces existent en faveur d'un grand mouvement
populaire qui peut balayer le système sarkosyste, le désespoir profond est ceux qui ont voter front national ne sachant plus ou exprimer leur colère dans un vote populiste, qui peut entrainer à
l'avenir des solutions autoritaires lourdes de menaces pour notre démocratie.Le travail admirable effectué par les militantes et militants du pcf et au delà par les femmes et les hommes de
progrés qui désirent ardemment un changement radical de politique. Mais la lutte de classe est un combat permanent de tous les jours et qui peut être en remis en question. Mais notre peuple est
riche de son expérience historique et son savoir révolutionnaire imposant.Que celles et ceux qui souffrent quotidiennement dans leur vie quotidienne sache que la flamme de la résistance ne
s'éteindra jamais, et que notre jeunesse sera reprendre le flambeau de celles et ceux qui sont tombés pour une france libre, prospère et forte.Les forces existent et ne deandent qu'à se mettre en
mouvement, le mouvement pour des retraites décentes a prouvé que oui l'espoir doit changer de camp. Alors en avant, soyons dignes de nos glorieux martyrs, la lutte continue multiforme mais nous
vaincrons...