France-Télécom: Résister à la privatisation, à la casse du service public et à l’écrasement des femmes et des hommes qui le font vivre

7 Septembre 2004 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #France Télécom

Voir aussi 2004. Conditions de travail et privatisation: le personnel relève la tête!


France-Télécom: Résister à la privatisation, à la casse du service public et à l’écrasement des femmes et des hommes qui le font vivre

 

Juste au moment où le gouvernement annonce la vente de 9,6% supplémentaires du capital de France-Télécom et le passage de la part de l’Etat en dessous de la barre des 50%, est publié le livre « France Télécom, la machine à broyer » dénonçant la dégradation dramatique de la situation sanitaire et sociale des salariés de FT.  Ce sont deux aspects d’un même processus mis en œuvre depuis 1997 par les gouvernements successifs et les dirigeants de FT qu’ils ont nommés: la privatisation.

 

Brisons enfin le silence sur le drame humain qui se déroule à France-Télécom dans la perspective de la privatisation totale!

 

Sur la base de centaines de témoignages et de documents provenant de salariés, de syndicalistes, de membres de CHSCT, de médecins du travail, « la machine à broyer » fait le diagnostic et l’analyse de l’explosion du « phénomène global de souffrance au travail » dénoncé par les syndicats, allant du développement du stress, de la dépression, des maladies, jusqu’à des actes suicidaires.

 

L’auteur, Dominique DECEZE, journaliste, avait déjà écrit « Les truands du patronat »  au sujet des conditions de travail et des méthodes de répressions chez Citroën à la fin des années 70.

 

Pour FT, il établit le lien entre cette situation subie par les salariés et les méthodes de gestion des « ressources humaines » mises en œuvre dans l’entreprise depuis le début de la privatisation, notamment: les restructurations incessantes, la casse des collectifs pour pousser à  l’extrême l’individualisation et la compétition entre salariés (ex: les PIC, indices de « performance individuelle comparée ») mais aussi les fichages, mutations d’office, pressions hiérarchiques, placardisation, harcèlement…

 

« Cette violence délibérée avec laquelle la direction de l’entreprise s’est attaquée à son personnel » résulte directement de la volonté du gouvernement d’achever la privatisation et de casser définitivement, d’éradiquer le service public des télécommunications.

 

C’est ce que Marie-Claude BEAUDEAU, sénatrice communiste, interpellant à plusieurs reprises cette année le gouvernement pour dénoncer la situation des salariés de FT, a pointé soulignant entre autres 2 objectifs des pratiques de « gestion » du personnel sans états d’âme à FT:

 

1- Faire payer par les salariés le plus rapidement possible 15 milliards d’euros de la dette accumulée depuis le début de la privatisation (le plan TOP). Rappelons que cette dette colossale (69 milliards fin 2002), immense cadeau aux banques, est le résultat de la politique de rachats tout azimut d’opérateurs à l’étranger et n’a rien à voir avec l’activité des salariés en France (le résultat opérationnel a toujours été positif). Le reste de la dette est apuré par les contribuables et les usagers.

 

2– Se débarrasser de milliers d’agents fonctionnaires par tous les moyens parce qu’ils constituent une large majorité des personnels (75%) et que leur statut est un obstacle à la privatisation et à la prise de contrôle par un opérateur privé. Cet objectif va de pair avec la volonté d’éradiquer l’esprit de service public de l’entreprise.

 

Le 9 juillet, la direction de FT, mal à l’aise, a refusé d’auditionner Marie-Claude BEAUDEAU à la réunion du CHSCT national où elle avait été dûment invitée en qualité de personnalité qualifiée par les syndicats CGT, SUD et CFTC.

 

Aujourd’hui, la direction de France Télécom et le gouvernement ne peuvent plus faire la sourde oreille.

 

Lorsque le PDG de FT, M. Thierry BRETON, se vante partout des performances notamment financières de sa gestion et se prépare même à gratifier quelques « hauts dirigeants » de « stock options », c’est une insulte à l’égard des personnels. Comment peut-il parader notamment dans les media alors que c’est précisément ses choix de « gestion », à la suite de ceux de Michel BON qui détruisent le service public, broient les salariés de FT, leurs compétences et hypothèquent l’avenir de l’entreprise?

 

ARRETONS LE GACHIS HUMAIN, RESISTONS A LA PRIVATISATION :

 

Exigeons de la direction de FT et du gouvernement le respect et la considération des salariés, l’arrêt immédiat des plans de suppressions d’emploi, de délocalisations, de la mobilité forcée, de toutes les méthodes, et pratiques d’organisation du personnel , vécues comme du harcèlement moral,  basées sur la mise en concurrence, la fragilisation des individus. Dénonçons les systématiquement sur chaque site de FT!

 

         A l’heure où le gouvernement entend accélérer le démantèlement de tout le secteur public et de la fonction publique, France Télécom représente un laboratoire qui préfigure directement ce qui commence à La Poste, à EDF-GDF, au ministère des finances… Cette situation appelle plus que jamais une riposte convergente des salariés, des usagers.

 

         L’alternative politique, c’est plus que jamais la réappropriation publique intégrale de FT avec sa renationalisation. Les personnels qu’on veut écraser constituent l’atout décisif du service public pour l’intérêt général.

 

C’est dans cet esprit que la section du PCF15ème, dont plusieurs membres ont étroitement collaboré au livre la « machine à broyer » entend continuer à militer. L’expérience de 1997 avec le choix, dès son arrivée, de « la gauche plurielle » que nous avons ouvertement combattu, d’entamer la privatisation de FT, (avec le soutien appuyé de JC Gayssot), montre que l’alternative politique se construit avant tout dans la lutte.

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