Delanoë dans le 15ème - questions du PCF

12 Octobre 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #15ème

Notre compte-rendu du « compte-rendu de mandat dans le 15ème du Maire de Paris »

Mercredi 11 octobre 2006

 

Malgré le caractère convenu de l’exercice et le numéro, exaspérant, d’autopromotion sinon de cabotinage de M. Bertrand Delanoë, son compte-rendu de mandat dans le 15ème a été l’occasion pour nous d’avancer nos propositions et de relayer les luttes dans lesquelles nous sommes impliqués dans le 15ème ou au niveau de tout Paris. L’occasion aussi d’enregistrer des avancées dans ces batailles. L’occasion enfin de mesurer à nouveau combien la présence d’une équipe de « gauche plurielle » à l’exécutif d’une collectivité importante est bien loin de suffire pour une politique de rupture à « gauche ».

Notre camarade Emile Torner est intervenu d’abord sur la mobilisation pour la création d’un marché alimentaire sous la Halle aux chevaux du Parc Georges Brassens :« Ma question concerne la demande d’implantation d’un nouveau marché alimentaire d’après-midi sous la halle aux chevaux du parc Georges Brassens. Plus de 2300 personnes, habitants, acteurs de la vie du quartier ont signé la pétition lancée par des commerçants dans le cadre du PLU. Depuis mars, ils n’ont pas reçu de nouvelles officielles. Où en est-on sur ce projet ? J’ai lu dans votre brochure que la création d’un nouveau marché était à l’étude dans le 15ème. Mais s’agit-il bien de celui que réclament les habitants du quartier Brancion/Morillons ? L’emplacement sous les halles aux chevaux est parfaitement approprié. Il est actuellement tout à fait sous-utilisé. Surtout il correspond à des quartiers populaires, densément peuplés, les plus éloignés des activités et du marché de la rue de la Convention , ayant besoin d’une véritable revitalisation commerciale. » 

Les réponses de M. Delanoë et de Mme Cohen Solal, adjointe au commerce, ouvrent, pour la première fois depuis deux ans, une perspective. Ils affirment avoir mis à l’étude un projet de création d’un marché de proximité près du parc Georges Brassens, « a priori devant la halle aux livres », avec un début de réalisation « avant la fin de l’année 2007 ». Avec riverains et commerçants, nous demandons maintenant à être associés aux études préalables. Cette promesse peut et doit se concrétiser.

Par la voix d’Emile Torner encore, nous avons à nouveau interpellé le Maire sur l’insuffisance criante des effectifs dans les crèches de la Ville de Paris : « Ma deuxième question sera encore plus courte : il s’agit du manque de personnels dans crèches municipales. J’apprécie l’effort d’ouverture de places de crèches par votre municipalité. Mais malheureusement les effectifs n’ont pas l’air de suivre, en particulier dans le secteur municipal. Les personnels ont mené une grève de 6 semaines au printemps. La création de 1300 emplois, 3 par établissement, est nécessaire pour se conformer au décret sur l’encadrement des enfants. Les crèches de nos enfants, de nos petits-enfants ne peuvent pas être réduites à des dortoirs ! Quelles mesures comptez-vous prendre cette année pour embaucher les personnels qualifiés en nombre suffisant. » M. Delanoë a répondu sur un ton de mépris et de hargne pour dénaturer devant l’assistance l’objet de la lutte déterminée des agents de la petite enfance de la Ville. Eludant tout problème de déficit de postes, il a prétendu que le mouvement des agents grévistes portait exclusivement sur le maintien du niveau de qualification requis pour encadrer les enfants. En revanche, il a ignoré le mouvement de « turn-over » (700 départs par an) dû aux conditions de travail particulièrement difficiles à Paris. Nous ne manquerons pas de répercuter cette réponse outrageante auprès des agents et des parents qui ne peut que renforcer leur détermination à se battre, tant elle est incompatible avec la priorité prétendument accordée par la municipalité à la petite enfance.

Une grande partie des questions de l’assistance ont porté sur Beaugrenelle et les projets de spéculation immobilières, les plus importants de la capitale que la municipalité rend possible. De nombreux habitants sont intervenus pour dénoncer ces projets, notamment l’implantation d’un méga-centre commercial au cœur d’un quartier résidentiel. Une habitante s’est élevée contre l’élimination par les promoteurs et la Ville de Paris, en complète contradiction avec les intentions affichées dans la brochure du Maire, de liquider le Centre de santé conventionné (35000 patients par an) à Beaugrenelle puisqu’il ne répondrait pas aux exigences de profits attendues par les promoteurs. D’autres se sont inquiétés de la disparition ou de la réduction des autres équipements collectifs comme la Poste et le commissariat de police malgré l’afflux annoncé de visiteurs. Un autre intervenant a alerté le Maire sur les dangers de l’installation de tours aéroréfrigérantes au dessus du centre commercial, directement sous les fenêtres des cités HLM (vecteurs de légionellose, 3 morts à Austerlitz). Au nom du Comité de défense de Beaugrenelle, notre secrétaire, Emmanuel Dang Tran a dénoncé la volonté de la municipalité de livrer la dalle et 26 emprises foncières publiques, dont celles de l’éventuel centre commercial, s’étendant sur l’ensemble du Front de Seine, à des promoteurs privés qui pourraient à loisir élever la hauteur des bâtiments, en changer la destination, les vendre et les revendre, en un mot spéculer dans un secteur particulièrement convoité par la haute finance, aux dépens des équilibres notamment sociaux du quartier. Il a souligné l’opposition massive des habitants manifestée par plus de 6000 signatures lors de l’enquête publique sur les demandes de permis de construire et les blocages juridiques. La Cour d’appel administrative vient en effet de confirmer l’annulation de la modification du Plan d’occupation des sols qui devait rendre recevables les demandes de permis de construire. « N’est-il pas temps de remettre l’ensemble de ces projets à plat en d’engager une véritable concertation » a-t-il demandé.

M. Delanoë n’a répondu à quasiment aucune de ces questions. Il a renvoyé l’assistance vers Mme Hidalgo qu’il a assuré de son soutien. Il a totalement esquivé l’ampleur de l’opposition des riverains et la question de la spéculation. La seule réponse que nous enregistrons est l’affirmation de sa volonté de maintenir le centre de santé dans « le périmètre du quartier ». C’est la première fois que nous obtenons un début d’engagement dans ce sens. La Ville , la SEMEA 15, les tracts du PS avaient soigneusement évité le sujet jusqu’à présent. Mais devons-nous rappeler qu’il ne tient qu’à la Mairie de maintenir le centre médical dans le futur centre Beaugrenelle ? Nous ferons tout pour que cette promesse préélectorale se confirme.

M. Delanoë a laissé à la langue de bois de Mme Hidalgo le soin de répondre sur les autres questions concernant le Front de Seine. Son discours lénifiant n’appelle que deux observations de notre part. Premièrement, elle prétend fonder la légalité des demandes de permis de construire des promoteurs sur le nouveau PLU. Cela ne tient pas puisque le Tribunal administratif a annulé la modification du droit des sols que le PLU a intégré sans la soumettre à l’enquête publique. Deuxièmement, la démagogie et le mensonge sur l’emploi doit être démasqué. Même si Mme Hidalgo prétend se prévaloir du soutien d’élus communistes parisiens pourtant dûment informés de la vérité par nos soins, la réalité chiffrée n’en demeure pas moins. L’opération « hyper-centre commercial Beaugrenelle » est globalement largement destructrice d’emplois. Plus de 700 emplois ont déjà été détruits ou délocalisés à cause des promoteurs que ce soit dans l’ancien centre Beaugrenelle ou dans les bureaux attenants. L’éventuelle ouverture du nouveau centre entraînerait un ravage sur l’emploi dans tous les commerces de la zone de chalandise, notamment rue du Commerce, à hauteur de 2 emplois détruits pour un emploi créé si l’on s’en tient aux expériences similaires. Nos édiles ont voulu montrer leur confiance dans leur projet au service des spéculateurs. Il n’a jamais été aussi fragile juridiquement et politiquement. Nous allons intensifier encore notre action pour qu’une mairie de « gauche » se détourne de tels projets de « droite ».

Par ailleurs, nous avons noté la confirmation du blocage que nous avons dénoncé dès 2002 sur les terrains de l’ancien hôpital Boucicaut dont la majeure partie ne sera libérée que vers 2011, contribuant à la dévitalisation du quartier sans évidemment satisfaire aux besoins du 15ème notamment en terme de maternité de résidence de long séjour et de logements sociaux, notamment pour les personnels de l’Assistance publique.

Embarrassé sur le changement de nom du parvis de Notre Dame en place Jean-Paul II, Le Maire de Paris n’a pas trouvé mieux que de se reconnaître dans l’action politique internationale du feu pape contre le socialisme tout en reconnaissant qu’il était réactionnaire…

L’union est un combat. L’alternative politique dans le pays, dans la région Ile-de-France, à Paris est un combat qui nécessite un PCF de lutte, fidèle à ses options, à sa raison d’être. Une nouvelle fois, la section du PCF Paris 15ème a montré quel est son camp, celui des travailleurs, celui de la population !  

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article

fabrice 16/10/2006 18:51

On entend partout que la présidentielle 2007 se jouera sur la toile ou ne sera pas
 

Interessant ce blog, dans un esprit totalement différent, un site amusant : http://presidentielles-2007.new.fr
 

Ce qu'ils appellent sur ce blog http://webnews.blogspirit.com/web/, la million dollar présidentiable