Compte-rendu du Conseil national

24 Octobre 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

La Conférence nationale du PCF des 21 et 22 octobre entérine sans surprise la nouvelle étape de la stratégie d’effacement du Parti communiste français à l’occasion des élections de 2007 mais s’efforce de tenir les communistes en dehors de la décision.

Compte-rendu du PCF Paris 15, lundi 23 octobre 2006

Il n’y aura pas de candidat présenté par le PCF à l’élection présidentielle. Les communistes ne pourront pas même pas se prononcer démocratiquement sur leur volonté ou non de présenter un candidat ou une candidate de leur parti. Ainsi en a décidé la conférence nationale en excluant cette question du vote prévu les 10 et 11 novembre prochains. La direction avait dès le départ engagé le parti dans « l’appel à des candidatures communes » sans même consulter le Conseil national.

Nous exprimons notre complet désaccord avec cette décision, ce procédé et tout ce qu’ils signifient pour le parti et le pays.

Il ne doit pas y avoir de confusion. Le nom de Marie-George Buffet n’est avancé que comme une proposition soumise au verdict des « collectifs » soi-disant unitaires qui auront le dernier mot et définiront la campagne et le programme. Marie-George Buffet a déjà annoncé que si elle devait être retenue par ces « collectifs », elle se mettrait en congé de ses responsabilités dans le parti.

En bons connaisseurs que nous sommes devenus des pratiques de la direction du Parti, nous ne sommes pas surpris de ce résultat de la Conférence nationale. Les délégations ont été désignées de façon presque unicolore par les directions départementales. Elles ne sauraient représenter l’avis des adhérents. La présidence a accentué ce tri sélectif en éliminant de la discussion générale les intervenants dont la « sensibilité » les dérange. Notre secrétaire n’a pu ainsi s’exprimer que dans la discussion des amendements qui ne donnera pas lieu à retranscription dans l’Huma.

Le texte adopté va bien au-delà de l’élection présidentielle. Il place « durablement » le parti sous la tutelle des « collectifs » prétendument unitaires et vaguement « antilibéraux ». Ils décideraient pareillement des législatives. Au-delà, ils auraient vocation à supplanter  toutes les organisations du PCF de la base au groupe communiste à l’assemblée qui cesserait d’exister.

La résolution porte ainsi une nouvelle étape du processus d’effacement du PCF entamé avec la « Mutation », de même gravité que la tentative avortée de changer le nom du Parti avant le congrès de Martigues en 2000. La disparition, le sabordage du parti est inscrite dans cette opération politique. Nous ne l’accepterons pas.

Les arguments pour justifier les « collectifs » n’ont pas fait davantage illusion à la conférence que dans la réalité.

En terme de « rassemblement », les collectifs réunissent, au-delà localement de quelques personnes de bonne volonté, des « partenaires » politiques qui se limitent à une série de groupuscules dénués de tout ancrage populaire et de « personnalités », souvent marquées historiquement par leur hostilité à l’organisation communiste. Seul, le PCF est infiniment plus à même d’incarner et de prolonger les 55% du NON de classe et les luttes, s’il revient à ses positions, retrouve son identité.

Les rivalités d’ambitions pour les places au soleil des caméras, les calculs politiciens et électoralistes donnent la piètre image de la « nouvelle façon de faire de la politique » de ces comités.

En fait de « radicalité », sous le vocable insignifiant de « l’antilibéralisme », la stratégie des collectifs permet à la direction du PCF de commettre une nouvelle fuite en avant vers l’idéologie dominante dans la suite des reniements politiques de la « Mutation ».

Malgré la sanction cinglante de 2002, elle poursuit dans l’affiliation au modèle de la « gauche plurielle au nom du « rassemblement de toute la gauche », avec l’annonce par les collectifs du désistement automatique sans conditions sur le candidat du PS. Les « collectifs » sont clairement arrimés à la social-démocratie.

Malgré la victoire du NON et le rôle que le PCF et ce qu’il représente dans le pays y ont joué, la direction du PCF se place dans l’optique d’une renégociation du traité constitutionnel rejeté et de peser sur un éventuel gouvernement de gauche (du OUI) pour obtenir en 2008, à l’occasion de la présidence française de l’UE, une version améliorée de la constitution.

Notre camarade du 19ème Claude Fainzang a relevé un bon exemple de l’impasse vis-à-vis du mouvement populaire dans laquelle le direction met le parti : 21000 pétitions de soutien aux parlementaires seulement collectées au plan national contre la privatisation de GDF (pour 90000 amendements !). Notre section a collecté à elle seule 3880 pétitions sur le sujet…

Face à cette situation, nous appelons les communistes de toutes les cellules et sections du parti dans le pays à rejeter dans les faits cette ligne de disparition du PCF, du parti historique de masse et de classe au service du monde du travail et de la lutte anticapitaliste.

Nous les appelons à se battre pour des candidatures communistes sur des propositions communistes dans toutes les circonscriptions aux législatives.

Nous les appelons à faire monter dans la campagne des propositions communistes de rupture avec la politique au service du MEDEF d’où qu’elle vienne, à commencer par la rupture avec les impasses de l’union de la « gauche plurielle » et de la renégociation de la « constitution européenne ».

Pour notre part, nous assurons les sympathisants et électeurs communistes, les salariés et la population du 15ème que nous continuerons à faire vivre les cellules et la section du PCF Paris 15ème, à alimenter les luttes sur ces bases.

Dimanche 22 était le 65ème anniversaire de l’exécution par l’occupant allemand des 27 premiers martyrs, tous communistes, de Chateaubriant, dont notre camarade député du 15ème, Charles Michels. Nous l’avons rappelé à la tribune de la conférence nationale comme nous avons signé la pétition de soutien à la jeunesse communiste tchèque qui vient d’être scandaleusement interdite par le ministère de l’intérieur au motif qu’elle remet en cause la propriété privée des moyens de productions et d’échanges. La direction du Parti a refusé de rendre hommage à nos héros, de soutenir nos camarades, même de faire chanter l’internationale à la fin de la réunion. S’ils ont honte d’être communistes pour ne pas choquer leurs « partenaires » de la « gauche », nous en sommes fiers !

Liens vers l’intervention de notre camarade Claude Fainzang (Paris 19ème), membre du Conseil national, à la conférence nationale

l’intervention (prononcée partiellement) de notre camarade Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section, membre du Conseil national

la pétition de solidarité avec la jeunesse communiste tchèque (KSM)

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