Un coup de poignard dans le dos de l’emploi et de l’industrie en France

6 Novembre 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Défense de l'industrie

Le marché colossal du renouvellement des trains de banlieue attribué à la firme canadienne Bombardier au détriment d’Alstom: Un coup de poignard dans le dos de l’emploi et de l’industrie en France

On célèbre ces jours-ci le 25ème anniversaire du TGV, éclatante réussite technologique et économique de l’industrie en France. Les décideurs politiques à tous les niveaux s’appliquent à rendre impossible à l’avenir le renouvellement d’une telle réalisation. Le Conseil d’administration de la SNCF vient ainsi d’annoncer qu’il entendait confier la commande du renouvellement des trains de banlieue au trust canadien « Bombardier ». Il s’agit d’un marché colossal : 178 nouvelles rames, 200 autres en option, pour près de 4 milliards d’euros. Ce choix s’effectue au détriment du groupe français Alstom. Empêcher un profond gâchis! Cette décision scandaleuse constitue un véritable sabotage d’une filière industrielle française d’excellence qui a toujours su répondre aux besoins du pays. Le pays va le payer très cher. Il va payer très cher les « coûts » soi-disant inférieurs de l’offre « Bombardier ». Les conséquences sur l’emploi se chiffrent directement à plusieurs milliers de postes sur plus de 10 ans en France. L’avenir de plusieurs sites d’Alstom et de leurs bassins d’activité est lourdement menacé. Il est mensonger de prétendre que « Bombardier » créerait de nombreux emplois en France. Son implantation y est réduite (assemblage) mais surtout, de l’aveu même du Ministre des transports, M. Perben, la firme canadienne emporte la commande en promettant des prix inférieurs grâce à ses usines et ses sous-traitants délocalisés en Europe de l’est. Cette opération compromet également l’avenir technologique et annonce une nouvelle étape dans le démantèlement d’Alstom, entreprise fondamentale de l’industrie d’équipement dans notre pays. La logique de course au profit financier contre l’ambition industrielle a déjà entraîné le bradage de plusieurs activités notamment dans le secteur de l’énergie, dans la recherche-développement ou bien la cession des Chantiers de l’Atlantique, ex-filiale, à un groupe norvégien. Des milliers d’emplois ont déjà été supprimés. L’intervention de l’Etat s’est limitée en 2005 à renflouer, aux frais de la collectivité, les investissements purement financiers et les dividendes boursier. Plus que jamais, il faut arrêter le dépeçage d’Alstom et gagner son retour sous le contrôle public. La relance des partenariats fondamentaux avec les grands groupes publics seraient nécessaires au maintien et au développement du potentiel industriel unique que représente Alstom. A nouveau, les gouvernants y tournent le dos au détriment de tout le pays en attaquant maintenant la filière du transport ferroviaire. Cette opération peut et doit être mise en échec. Un nouveau contrat peut et doit être signé donnant à Alstom la maîtrise d’œuvre (avec éventuellement une sous-traitance de l’usine Bombardier en France) et garantissant que l’ensemble de la production soit effectuée sur le territoire national. Pour cela il est essentiel de situer les responsabilités politiques. Le gouvernement est directement décideur. Le Conseil d’administration de la SNCF , entreprise nationale, est composé en majorité de membres désignés par lui. Mais la région Ile-de-France, présidée par la gauche, joue aussi un rôle déterminant, parce qu’elle contrôle le Syndicat des transports de l’Ile-de-France. Le STIF est le premier financeur de l’opération, à hauteur de 50%, financés en majeure partie par un emprunt que les Franciliens devront rembourser (avec les intérêts). Le principal payeur est le premier décideur. Après s’être lavé les mains de l’affaire, la Région , par la voix de son Président PS, M. Huchon, justifie publiquement le choix de retenir « Bombardier » par des « coûts sensiblement inférieurs », soutenant sans complexe le dumping social et la logique de casse industrielle. Il manifeste d’ailleurs la même orientation idéologique en préparant activement la marchandisation des transports franciliens. Mais encore davantage en période préélectorale, certaines contradictions entre actes et discours ne peuvent pas tenir, à droite comme à « gauche ». Les hypocrites du « patriotisme économique » mais aussi tous les élus de la majorité de « gauche » du Conseil régional sont au pied du mur. Certains réagissaient il y a encore peu, quand la Région n’était pas encore aux commandes du STIF, contre la livraison d’un tiers du marché du renouvellement des autobus à un groupe délocalisé en Pologne. Aujourd’hui, n’en laissons aucun se défausser ! La question du marché du renouvellement des trains de banlieue est une question économique d’ampleur nationale, aussi une question politique d’ampleur nationale.

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