Crise sociale du logement: changement radical de politique, pas la compassion!

28 Janvier 2007 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Droit au LOGEMENT

La crise sociale du logement appelle un changement radical de politique, pas la compassion!

Ils sont venus, ils étaient tous là, comme dit la chanson, aux obsèques de l’Abbé Pierre, tous ceux dont les choix politiques depuis 25 ans dopent la spéculation immobilière, assèchent le financement du logement social, « modèrent » les salaires, les retraites et le pouvoir d’achat. Sans compter toutes les vedettes et autres philanthropes, demandeurs de logement en Suisse ou à Monaco pour échapper à l’impôt républicain. Est-ce de la mauvaise conscience? Plutôt de la démagogie et de l’hypocrisie! Le gouvernement et les forces politiques de l’alternance ne peuvent plus ignorer que le logement est la deuxième préoccupation de la population après l’emploi et les salaires. Pour autant, ils s’efforcent de masquer leurs responsabilités dans la crise sociale généralisée du logement en France. Pour eux, l’heure est à la démonstration de compassion, aux promesses électorales, aux mesures symboliques. Ainsi le projet de loi, actuellement discuté, sur le « droit au logement opposable » relève principalement de l’effet d’annonce. Ce texte permet aussi de réduire le problème à sa conséquence la plus dramatique, les sans-logis, pour mieux s’abstenir de s’attaquer aux causes et à l’ensemble de la situation. Le mérite de l’action de l’Abbé Pierre et à sa Fondation ces dernières années est au contraire de s’être progressivement écartés d’une pure logique de charité et d’avoir pointé les responsabilités politiques dans le cadre d’une approche globale de la question du logement. 

 

C’est d’une crise sociale généralisée du logement qu’il faut parler. Une majorité des salariés, des jeunes, des retraités sont touchés. 9 millions de personnes sont « officiellement » mal logées en France (sans domicile fixe, sans domicile propre, dans un habitat dégradé, des conditions de surpeuplement, dans des conditions précaires…). Mais l’envolée des loyers et des charges, de l’endettement des nouveaux propriétaires en frappent bien d’autres encore. Le taux d’effort des ménages pour le logement a crû d’un tiers depuis 1988. Il devient proprement intenable (40, 50%) pour de nombreux salariés, même dans les catégories « moyennes », en particulier à Paris. Cette situation globale appelle des mesures politiques globales qui ne peuvent se cantonner à la réponse d’urgence, nécessaire, à la situation des victimes les plus graves de la crise, les SDF et les plus mal-logés. Mais actuellement, on n’a ni l’un, ni l’autre! Le projet de loi sur le droit au logement opposable: de la poudre aux yeux! Le « droit au logement opposable » est une revendication ancienne des associations. Il impose une obligation de résultat aux pouvoirs publics (assignables devant les tribunaux) pour la satisfaction du droit au logement. Avec le projet de loi de M. Borloo, on est loin du compte. 1°: Le « droit au logement opposable » ne s’appliquerait qu’au 1er décembre 2008 et pour les seules « personnes dans les situations les plus difficiles ». Seulement en 2012 pour les autres! 2° le projet de loi ne comprend aucun volet de construction, ni de places d’hébergement pour les personnes en très grande précarité, ni de logements sociaux accessibles à la majorité des habitants. D’ici la fin 2008: rien de changer. De 2008 à 2012: pas grand chose, les catégories ciblées étant déjà classés « ultra-prioritaires » en préfecture. Mais le projet rentre dans la logique de réserver l’offre de logements sociaux, quitte à renforcer les ghettos, aux plus pauvres, non solvables sur le marché spéculatif vers lequel on dirige l’immense majorité des salariés pour les pressurer. Communistes, nous ne nous résignons pas à cette évolution. Pas de promesses électorales, mais des axes d’alternative politique que le mouvement populaire peut porter et imposer au prochain gouvernement. C’est le sens des propositions (voir en lien) que nous vous soumettons au débat. Nous mettons au centre les questions de financement. L’argent existe pour une politique sociale du logement. Il faut arrêter de le détourner. Les promesses électorales n’engagent que ceux qui les croient. Le rapport de forces dans le pays est décisif. La droite vient de faire la preuve de sa volonté de favoriser le mouvement de spéculation immobilière. Mais comment croire Mme Royal quand elle annonce la construction de 600000 HLM en 5 ans alors que les années de la « gauche plurielle » ont été les moins productives en la matière et qu’elle ne propose pas de financement? Communistes, nous mettons la lutte au centre, y compris de la campagne électorale.

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