Interview de Sarkozy: déclaration du PCF RATP BUS

21 Février 2007 , Rédigé par PCF - RATP BUS Publié dans #RATP

Sarkozy déclare la guerre aux salariés du secteur public. Sa « mesure phare » : remettre en cause le droit de grève. Ne cédons rien sur le soi-disant « service minimum » !

M. Sarkozy assène avant, espère-t-il, de pouvoir matraquer. Sa méthode : monter les salariés les uns contre les autres, jeter les salariés du secteur public à la vindicte générale. Pour mieux faire passer sa politique au service des possédants. 

Interrogé dans le journal le Parisien daté du 21 février sur les premières dispositions qu’il ferait adopter s’il était élu, il fustige à nouveau les salaires et les retraites des fonctionnaires, les régimes spéciaux (non sans donner dans la même interview des chiffres contradictoires sur le nombre de leurs affiliés, d’abord 3,5 millions, quelques lignes plus loin 1,5 million…). Celui qui entend étendre les exonérations de cotisations patronales aux heures supplémentaires, prolonger la loi Fillon, notamment allonger à 42 ans la durée de cotisation, ose se permettre explicitement de désigner les salariés du public comme responsable du bas niveau des pensions de 3 millions de retraités. Dans le même ordre d’idée, il place comme « mesure phare de son programme», l’instauration du « service minimum dans les services publics ». Il rêve bien de faire comme son ami Bush dont la « justice » a jeté en prison l’an dernier Roger Toussaint, président du syndicat des transports de la Ville de New York pour avoir organisé la grève, très suivie, de décembre 2005 qui opposait notamment au passage de l’âge de la retraite de 55 à 62 ans pour les nouveaux embauchés du métro et des bus new-yorkais. L’idée de Sarkozy n’est pas nouvelle. C’était déjà l’un des objectifs de campagne de Chirac en 2002 qui a dû y renoncer. Sarkozy, bon poujadiste, prétend bénéficier de l’accord « plébiscitaire » des Français qui lui permettrait de faire passer le « service minimum » dès juillet « sans  qu’il soit discuté ». D’aucuns, notamment dans les syndicats réformistes, ou dans la gauche « molle », semblent l’avoir intégrer, ayant déjà acquiescé aux dispositifs « d’alarme sociale » ou de « service garanti » pour diminuer l’impact des grèves. Pourtant rien n’est plus faux dès lors que les vraies questions sont posées aux yeux de tous ! Qui est responsable des retards et des dysfonctionnements des transports publics que subissent les usagers toutes les semaines ? Quoi sinon le déficit de personnel, les retards de renouvellement des matériels, la recherche de la rentabilité financière à court terme, la logique de privatisation : précisément ce que combattent les salariés, parfois au moyen de la grève, en luttant pour défendre le service public nationalisé. Le spectre du mouvement de novembre/décembre 1995 continue de hanter les nuits des dirigeants du MEDEF et de leurs pantins politiques. La grève pendant 5 semaines des agents du public, notamment de la RATP et de la SNCF, avait eu raison du plan Juppé. Ils avaient été rejoints pour les journées d’action par les salariés du privé et  bénéficié du soutien massif des usagers, de l’ensemble des salariés, retraités, jeunes. En 2003, contre la contre-réforme des retraites, les salariés des entreprises publiques, dont Fillon disaient qu’ils n’étaient pas concernés, ont été des éléments moteurs d’un mouvement également massif, qui a failli l’emporter. En 2008 est programmée la nouvelle phase de la loi Fillon de démantèlement du système de retraite solidaire par répartition. Sarkozy veut anticiper en essayant d’entraver juridiquement la capacité de mobilisation des agents des services publics. Il peut se permettre d’aller aussi loin dans sa démagogie et dans ses attaques contre le droit des travailleurs parce que son opposant officiel, le PS se situe plus que jamais dans une perspective d’alternance pour gérer à son tour loyalement les affaires de la mondialisation capitaliste. Le signe manifeste de cette collusion est l’objectif commun, après avoir fait campagne chacun pour le OUI, de réintroduire d’ici 2009 la « constitution » de l’UE et sa « concurrence libre et non faussée », rejetées par le peuple. Pour les services publics, cela se traduit par la volonté de poursuivre l’application destructrice des directives et règlements européens de marchandisation. Contrairement à ce dont ils s’efforcent de persuader les Français, en évacuant la portée et la force de leur NON, traités, directives, règlements européens ne sont en rien une fatalité ! C’est précisément ce consensus que l’action des salariés, les luttes, s’appuyant sur les luttes récentes et le NON majoritaire du 29 mai 2005, doivent faire voler en éclats. C’est dans cet objectif que nous inscrivons notre action de communistes pendant la campagne électorale et le sens que nous voulons donner au vote communiste. Nous ne laisserons pas remettre en cause, au nom du « service minimum », le droit de grève dans les services publics, inscrit dans la Constitution française, résultat de décennies de luttes ! Nous agissons dans notre entreprise et vers les usagers pour montrer ce qui est vraiment en jeu. Nous exigeons plus que jamais de la majorité de « gauche » au Conseil régional d’Ile-de-France et de son président PS, M. Jean-Paul Huchon, qu’ils dénoncent le système du « service garanti », prémices du service minimum, imposé à la RATP et à la SNCF juste avant qu’ils ne prennent le contrôle du STIF, syndicat des transports d’Ile-de-France. A plusieurs reprises, M. Huchon s’y était engagé… 

 

 

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