Solidarité avec les grévistes de PSA Citroën Aulnay

11 Avril 2007 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Défense de l'industrie

Les six semaines de grève des ouvriers de PSA Citroën Aulnay ont posé un jalon important dans le développement des luttes. Saluons leur courage! Amplifions la solidarité !

Chèques à l’ordre de CGT-PSA-Citroën, boulevard André Citroën, 93600 AULNAY-SOUS-BOIS. Concert de solidarité, samedi 14 avril, de 14 à 18 heures, au Gymnase André Wallon, rue Jacques Anquetil à Bobigny

Les 500 ouvriers grévistes de l’usine Citroën d’Aulnay-sous-bois ont décidé mardi 10 avril de mettre fin à leur mouvement débuté il y a six semaines. Seules des revendications importantes, mais secondaires, sur le prix des repas et des transports, sur des primes, ont été satisfaites mais l’heure n’est pas à l’amertume 

La signification pour l’avenir de leur action se mesure à l’écho national qu’elle a commencé à rencontrer. Elle se mesure aussi aux moyens mis en œuvre par la direction de PSA et le MEDEF pour les contrer. D’abord les pressions « traditionnelles », puis la tentative de remplacement des grévistes par des intérimaires, mise en échec par voie de justice. Ensuite, devant la persistance du mouvement, ils ont dû déployer leurs relais médiatiques (TF1, articles du Monde…) pour le dénigrer, avec le soutien approprié de syndicats de division.  

Loin de tout « maximalisme », les revendications des grévistes sont aussi simples que légitimes. Partant d’une entreprise emblématique de l’industrie française, ces exigences pouvaient rapidement s’étendre. C’est bien ce qui a inquiété la direction de PSA et le MEDEF.  

-  Augmentation des salaires de 300 euros par mois pour tous avec un salaire d’embauche minimum de 1525 euros net -  Possibilité de départ en préretraite pour les 600 salariés de plus de 55 ans - Embauche des 700 intérimaires permanents sous CDI.  

Pour des ouvriers à qui on a demandé un effort de productivité de 300% depuis 1980, ce n’est que justice que de gagner de quoi vivre décemment alors que depuis 7 ans, PSA a engrangé plus de 9 milliards d’euros de profits, largement redistribués en dividendes aux actionnaires.

Dans l’entreprise, la plupart des non grévistes les partagent même si les pressions, les contraintes de la vie les ont dissuadés de suivre la grève. Chez les sous-traitants, dans beaucoup d’autres entreprises industrielles, dans le pays tout entier, des ouvriers, des employés s’y sont reconnus.

La détermination des grévistes a mis en question les choix de gestion au service de la finance. Criant misère devant toute revendication salariale, la direction de PSA a su trouver 2,8 milliards d’euros pour s’engager dans une vaste opération de rachat de ses propres actions pour soutenir le cours en bourse. Au même moment, elle fermait l’usine de Ryton en Grande-Bretagne dont la relance n’aurait demandé que 200 millions d’investissements. Le nouveau PDG de PSA Streiff vient de présenter les grandes lignes du plan « Cap 2010 ». Comme dans les choix de Ghosn chez Renault, il n’est pas difficile d’y voir la priorité accordée à la logique financière contre l’emploi, l’investissement et la production en France. L’obsession de M. Streiff : la « baisse des coûts ». Au début de l’année, il a préparé le terrain à des réductions d’effectifs. Des patrons comme M. Streiff ou M. Ghosn savent fabriquer des déficits quand il s’agit de casser de l’emploi. On peut leur faire confiance là–dessus.

Un vaste (nouveau) processus de « restructuration », de démantèlement de l’industrie automobile nationale a commencé. Les sous-traitants sont les premiers à être pris à la gorge par la stratégie financière, à subir les délocalisations. 20000 emplois supprimés l’an dernier, 25000 menacés à court terme. Aujourd’hui les sous-traitants, demain les salariés des grands groupes.

Le mouvement des ouvriers de PSA Aulnay  a posé une pierre dans le mouvement général contre ce scénario de casse, pour la sauvegarde et le développement de l’industrie automobile française. 

Les responsabilités politiques sont directement posées. Cinq candidats de « gauche » à la présidentielle sont venus soutenir les grévistes. Cela a été une bonne chose pour le mouvement mais cela ne doit pas se limiter à un effet électoraliste.

Les communistes proposent de relancer une véritable politique industrielle nationale appuyée sur un secteur public renforcé, de développer l’intervention publique cas par cas en refusant le choix de l’impuissance devant les grands groupes industriels et la finance, de refondre les relations entre donneurs d’ordre et sous-traitants, de taxer les réimportations de produits et composants dont les fabrications ont été délocalisées… Ils proposent aussi de porter immédiatement le SMIC à 1500 euros net.

Les luttes tiennent aujourd’hui une place décisive pour imposer une alternative à la politique au service du MEDEF et du capitalisme mondialisé d’où qu’elle vienne et d’où qu’elle viendra. 

Solidarité avec les grévistes de Citroën Aulnay ! Saluons leur courage! 

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