Le droit à l’avortement a 30 ans: Défendons une liberté sans cesse menacée!

15 Janvier 2005 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie

Le droit à l’avortement a 30 ans: Défendons une liberté sans cesse menacée!

Le 17 janvier 1975, les femmes, après des décennies de luttes, arrachaient enfin une avancée fondamentale de leur droit à disposer de leur corps : la Loi Veil légalisant l’avortement était votée au Parlement. Le droit à l’interruption volontaire de grossesse, c’est plus que jamais aujourd’hui notre affaire à toutes et à tous: chaque année plus de 200000 avortements sont pratiqués en France et on estime que près d’une femme sur deux y a recours dans sa vie.

Cependant 30 ans après, l’accès à l’IVG reste parfois difficile et ce droit essentiel reste constamment attaqué:

1- Des préjugés et des tabous tenaces, insuffisamment combattus sur la place publique, continuent à peser gravement dans le sens de la culpabilisation des femmes (comme de la restriction de la diffusion des pratiques contraceptives, première cause des avortements). Plus grave encore, on assiste à la résurgence active de mouvements sectaires et obscurantistes, souvent prétendument d’inspiration religieuse. A l’image des Etats-Unis, des « commandos anti-IVG » se livrent à des tentatives d’intimidation envers les femmes et les personnels médicaux. Des groupuscules tentent aussi de faire obstacle à l’éducation sexuelle à l’école comme dans les familles.

2– L’Union européenne et le projet de « constitution européenne » font également peser une menace sur la Loi française. 5 Etats de l’UE (Portugal, Irlande, Pologne, Chypre et Malte) proscrivent l’avortement. Avec les lobbys anti-avortement omniprésents à Bruxelles, ils exercent une pression continue sur les « institutions » européennes dans le sens d’une restriction des droits nationaux.

3– La pratique de l’IVG en France fait face, également et surtout, à des obstacles matériels et financiers croissants. L’IVG souffre particulièrement de la pénurie organisée de l’offre de soins et de la casse de notre système de santé et d’assurance maladie.

L’information et l’éducation sur l’IVG et la contraception restent parcimonieuses.

La faible tarification de l’IVG par la Sécu (très insuffisament revalorisé en juin 2004) dissuade les médecins et les cliniques de s’y consacrer. A Paris, 5 centres privés d’IVG sur 11 ont renoncé à cette activité. Aussi, l’été en particulier, avec les fermetures de lits, s’apparente à un véritable parcours de la combattante pour tenir les délais légaux (12 semaines depuis 2001).

De nombreux médecins s’inquiètent publiquement du déficit de formation et du risque de non renouvellement des professionnels: « Les médecins qui pratiquent l’avortement sont mal payés et mal reconnus » ou bien « sur sept années d’études de médecine, seules deux heures de cours sur la contraception seront imposées ». 

 

 

 

 

 

 

 

 

Aussi nous appelons à la mobilisation unitaire du samedi 15 janvier 2005 et agissons auprès des pouvoirs publics:

l pour en finir avec le tabou et la culpabilisation. 

 

l pour mettre en place des campagnes régulières d’information sur la contraception et l’avortement et donner des moyens renforcés pour la médecine scolaire. 

l pour rembourser tous les moyens contraceptifs dont les pilules de “ nouvelles générations ”.

l contre la remise en cause du système public de santé.

l pour affirmer notre solidarité avec toutes les femmes privées du droit à l’avortement dans le monde.

Dans le 15ème arrondissement, dépourvu de tout centre d’IVG (225000 habitants), nous demandons l’ouverture d’un centre à l’Hôpital européen Georges Pompidou.

 

 

 

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