Actions de 100000 agents d’EDF-GDF: Ils défendent le service public. Avec eux, défendons-nous!

18 Juin 2004 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #EDF et GDF

Actions de 100000 agents d’EDF-GDF: Ils défendent le service public. Avec eux, défendons-nous!

 

 

Coûte que coûte, Sarkozy, Chirac et Raffarin veulent faire passer, contre la volonté populaire, leurs contre-réformes de régression sociale et économique.

 

Ils sont ainsi en train de faire voter au Parlement la casse du statut d’EDF-GDF pour permettre la privatisation partielle puis totale de ces services publics essentiels aux besoins des usagers et de la Nation et commencer à livrer les activités cruciales (et potentiellement juteuses) de l’électricité et du gaz aux appétits des multinationales. Le mouvement déterminé et spectaculaire de 100000 électriciens et gaziers contre le projet de loi du gouvernement met en évidence et combat les dégâts programmés par la privatisation contre les salariés, les usagers, les intérêts du pays. En toute connaissance de cause, soutenons-les! Intervenons!

 

 

A votre avis?

 

Pourquoi le MEDEF et les marchés financiers lorgnent-ils avec tant d’avidité sur EDF et GDF? Pourquoi le gouvernement de Raffarin et Sarkozy cherche-t-il avec tant d’empressement à leur en ouvrir le capital? Pour renforcer le service public ou bien pour créer à leur avantage un nouvel espace de profit aux dépens des salariés, des usagers, du pays?

 

EDF et GDF sont des entreprises florissantes, maîtresses des technologies les plus performantes. EDF est le premier acteur mondial de l’électricité en même temps que « l’entreprise préférée des Français ». Leur nationalisation, à la Libération, il y a 60 ans, a permis sans discontinuer la réduction des inégalités sociales et territoriales, d’assurer l’égalité de traitement des usagers par la péréquation tarifaire, l’indépendance énergétique de la France, l’essor de l’industrie et de toute l’économie nationale au  moindre coût (en moyenne aujourd’hui 14% moins cher que dans le reste de l’Europe). 

 

Il n’y a aucune fatalité à ce que cela prenne fin.

 

Le changement de statut, c’est la privatisation.

 

EDF et GDF sont depuis 1946 des EPIC: établissements publics à caractère industriel et commercial. L’objet principal du projet de loi de M. Sarkozy est de les transformer en sociétés anonymes. Son intention, même s’il multiplie les effets d’annonce, seulement sur le calendrier, est de privatiser rapidement 30 à 50% du capital des deux entreprises.

 

Le prétexte avancé ne tient pas: les groupes privés, soucieux de rentabilité à court terme, ne voudront pas financer les investissements industriels d’équipements lourds nécessaires à long terme. C’est d’ailleurs pourquoi l’électricité et le gaz ont été nationalisés en 1946. Par ailleurs tout investissement privé revient beaucoup plus cher aux usagers et à la Nation (dividendes des actionnaires). Le projet de loi prépare aussi le démantèlement d’EDF avec la séparation de la production, du transport et de la distribution avec l’intention finale de laisser au public les activités coûteuses (ex: gestion des déchets nucléaires).

 

La privatisation: contre les usagers, les salariés, le pays

 

La logique du privé, c’est la recherche de la rentabilité financière maximale à court terme. Elle est incompatible avec le maintien du service public. Ainsi la privatisation même partielle d’EDF conduirait à: la hausse, la flambée des tarifs, encore davantage pour les particuliers. On l’a constaté partout où l’électricité a été privatisée (+60% en Suède, +43% en Grande Bretagne, +33% en Finlande…). Le phénomène est déjà visible en France pour les « gros clients » qui ont accès à la concurrence: les prix se sont élevés de 50% en un an. EDF facture actuellement ses prestations aux usagers peu au dessus du prix de revient. Demain EDF privatisée, comme les opérateurs privés, pourront d’autant plus facilement augmenter leur prix que l’électricité est un bien à la fois indispensable, non stockable et  dont le transport est difficile sur de longue distance: les « clients », bien loin de profiter des bienfaits fictifs de la concurrence, seront en fait captifs des intérêts privés.

 

la montée des inégalités avec la fin du principe de péréquation tarifaire (même tarif sur tout le territoire). Le tarif tendrait à être calculé en fonction de l’éloignement de l’unité de production, de la difficulté d’approvisionnement. Les bénéfices réalisés dans les zones « les plus rentables » ne serviraient plus à garantir les dessertes plus coûteuses. De même, les usagers les moins solvables seraient délaissés.

 

à la remise en cause des considérations de sécurité, de sûreté (nucléaire), de respect de l’environnement, de renouvellement des ressources ou d’aménagement du territoire auxquelles répond l’entreprise publique EDF-GDF. A terme, ce sont les conditions du développement économique du pays et notre indépendance énergétique qui seraient menacées. Chirac et Sarkozy priveraient ainsi le pays d’un instrument collectif décisif.

 

La privatisation de l’énergie est un non-sens social et économique. Le besoin d’investissements lourds et la réponse immédiate aux besoins des usagers sont incompatibles avec la recherche du profit immédiat.

 

Les électriciens et gaziers défendent le service public!

 

Les privatisations ont conduit à un vaste mouvement de précarisation et à la suppression de 250000 emplois dans le secteur de l’électricité en Europe depuis 1990 (source UE). Ces dégâts sociaux sont directement la contrepartie de l’abandon de missions de service public et de la volonté de maximiser le profit contre l’emploi, les salaires, la formation, les qualifications. Les salariés d’EDF-GDF ont raison de s’opposer à un tel scénario en France. Ils sont le fer de lance de la défense de tous les services publics, de l’intérêt national!

 

Ils ont raison de défendre leur système de retraite dont le projet de Sarkozy, contrairement à ses affirmations, ne garantit pas l’avenir. Sarkozy prévoit de faire payer à 80% leurs retraites correspondant au régime général par l’ensemble des salariés en dégageant les futurs actionnaires privés.

 

Le statut public des agents d’EDF et GDF est gage d’impartialité et d’indépendance. Ces salariés servent l’intérêt général suivant une éthique de service public. On l’a vu après la tempête de décembre 1999.

 

Non à l’Europe de Maastricht et au projet de constitution européenne!

 

La casse programmée d’EDF et GDF est conditionnée par les directives européennes que les gouvernements successifs ont choisi d’adopter. A Barcelone en 2002, Chirac et Jospin signaient ainsi la mise en concurrence totale du marché de l’électricité.

 

Au nom du sacro-saint principe, placé dès l’article 3 du projet de constitution, de « la concurrence libre et non faussée », la Commission de Bruxelles, qui n’a aucune légitimité démocratique, si elle n’exige pas explicitement la privatisation d’EDF-GDF, entend proscrire tout choix de service public au prétexte de concurrence déloyale.

 

Défendre le service public en France, défendre EDF et GDF, entreprises nationales d’excellence, c’est combattre cette Europe antisociale au service du capital, c’est promouvoir un modèle de coopération entre services publics nationaux de l’énergie dans l’intérêt du développement économique et social de chaque pays.

 

Etendons le mouvement des électriciens et gaziers!

 

Exigeons que le Président de la République retire le projet de loi de changement de statut d’EDF et GDF!

 

 

En Grande-Bretagne: 6 millions d’énergétiquement pauvres:

 

En réponse à la question sociale des impayés, les compagnies privées ont instauré le compteur prépaiement à clé, installé dès que les arriérés atteignent 100 livres (150 euros). Les familles rechargent leur clé avec quelques livres. Si elles n’ont pas de quoi: pas de chauffage, d’éclairage, de repas chauds.

 

Ces compteurs à pièces sont le symbole du « débranchement social » et qui plus est l’électricité est facturée plus chère aux pauvres qui doivent payer les frais d’installation et d’entretien du compteur...

 

Privatisation = coupures assurées demain!

 

La privatisation a plongé dans le noir ces dernières années toute l’Italie pendant plusieurs jours, l’Espagne, la Suède, Londres…

 

En Californie, les producteurs ont délibérément cessé d’investir dans le renouvellement des moyens de production pour faire monter les prix. Résultats: de 2001 à 2002, les prix ont augmenté globalement de 66%.

 

Les coupures sont devenues fréquentes. En août 2003, 50 millions d’habitants ont été privés d’électricité pendant 39 heures, parce que certains producteurs privés ont sciemment couru le risque de surcharger les lignes, mal entretenues, afin de tirer un profit maximal de la demande d’électricité.

 

Aujourd’hui, la consommation d’électricité en Californie fait  l’objet d’un rationnement. Les consommateurs qui le peuvent achètent des groupes électrogènes. L’Etat a dû s’endetter de 9 milliards de dollars pour se substituer aux opérateurs.

 

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