Beaugrenelle au Conseil de Paris de février 2010: aucune garantie pour les 4 frères Peignot!

10 Février 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #BEAUGRENELLE

Beaugrenelle au Conseil de Paris de février 2010: aucune garantie pour les immeubles de la rue des 4 frères Peignot et de l’avenue Emile Zola.

100210_Frontdeseine.jpg

 

Le Conseil de Paris du 8 février 2010 a examiné et adopté une nouvelle délibération concernant le secteur Beaugrenelle, liée à l’opération immobilière des promoteurs Gécina et Apsys.

Ce débat, fort éclairant, n’a été obtenu que grâce à l’opiniâtreté des associations de riverains qui ont diffusé massivement des tracts pour alerter la population et se sont adressées à chaque élu de Paris (le Comité de défense Beaugrenelle – Front de Seine – Charles Michels).

 

Les projets des promoteurs posent en effet une question technique dont les conséquences éventuelles ont été jugées suffisamment graves pour justifier l’organisation par la Préfecture d’une nouvelle enquête publique.

Ils veulent creuser 4 étages de sous-sols entre la rue Linois et la rue de l’Ingénieur Keller et 3 de l’autre côté de la rue Linois. Or nous nous trouvons dans la zone la plus inondable de Paris, ce que souligne le Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). Ces projets nécessitent donc le pompage et l’évacuation des eaux d’infiltration (« l’exhaure » en langue technique), situées à 40 mètres de profondeur et la mise en étanchéité des nouvelles constructions.

 

La ville de Paris était invitée à donner son avis dans la quinzaine suivant la clôture de l’enquête ouverte au grand public le 16 décembre 2009.

Mais rien n’avait été mis à l’ordre du jour du Conseil de Paris du 21 décembre.

On a toute raison de penser que l’action des associations a été déterminante pour qu’il soit mis à l’ordre du jour de celui du 8 février.

 

La municipalité de Paris, par la voix de l’adjointe de Bertrand Delanoë, Anne Le Strat, a demandé et obtenu de sa majorité un avis favorable à l’autorisation demandée par les promoteurs. Mais plus significatives ont été les réponses de M. Claude Dargent qui remplace Mme Hidalgo à la tête de la Sempariseine. Une fois de plus, nous constatons que ce projet privé, dans l’intérêt de promoteurs privés, trouve dans la municipalité de Paris et ses sociétés d’économie mixte, des porte-parole, des avocats et des facilitateurs dévoués.

 

Claude Dargent s’est évertué à noyer le poisson dans des arguties procédurières et des procès d’intention, autrement dit de la langue de bois façon sciences-po. Le compte-rendu témoignera du mélange délibéré entre nappe phréatiques et eaux d’exhaures, des accusations gratuites « d’interrogations excessives et ridicules » à l’encontre des associations.

 

D’autant plus gratuites et politiciennes que ni lui, ni Mme Le Strat n’ont répondu aux véritables inquiétudes soulevées pour le quartier.

 

Concernant la qualité des eaux pompées et rejetées dans la Seine, la surveillance reste placée sous la seule responsabilité des promoteurs eux-mêmes, qui sont, objectivement, juges et parties. Le « suivi régulier de la qualité des eaux d’infiltration » demandé par la municipalité perd toute valeur.

 

Mais le plus grave concerne les risques de tassement des fondations et d’affaissement des immeubles plus anciens situés rue des Quatre frères Peignot (HLM), avenue Emile Zola et même rue de Javel. Les experts, assermentés, requis par les promoteurs ont évoqué précisément le risque, se préservant, et n’ont apporté leur garantie que pour la zone du chantier. La ville de Paris le balaie d’une ligne, estimant, sans que personne n’assume la responsabilité d’un accident éventuel, sans élément, et sans enquête, qu’il ne pourrait y avoir que « des tassements de faibles amplitudes ».

Pas de quoi être rassurer ! Il y a 1200 habitants aux 4 frères Peignot… dans des HLM qui ne plaisent guère, on le sait, en Front de Seine, aux « investisseurs ».

 

On se demande vraiment comment il est possible, devant de tels risques majeurs, que les permis de construire aient pu être délivrés par la municipalité aux promoteurs en 2006 sans que l’actuelle enquête publique ait été diligentée au préalable.

 

Mais, on sait toutes les jongleries dont la municipalité est capable pour satisfaire Gécina (voir nos articles précédents).

 

M. Dargent a osé à nouveau mettre les retards du chantier sur le dos des associations. C’est indigne ! La vérité, c’est que les promoteurs, qui traînent, par exemple à démolir les bâtiments à l’est de la rue Linois, attendent de voir l’évolution du marché de l’immobilier. Grâce à la ville de Paris, ils ont acquis à moindre prix un actif immobilier inestimable. Ils préfèrent attendre et savoir s’il est plus profitable pour eux de réaliser le projet d’immense centre commercial, dont tout le monde doute du succès (vu le manque de transports et la concurrence) ou bien des tours de bureaux. Un simple petit permis de construire modificatif, à la fin, pouvant tout régulariser, aux dépens des habitants et de l’ensemble des acteurs de la vie du quartier.

 

5 ans de retard et toujours la même obstination de l’équipe Hidalgo-Dargent à satisfaire les grands trusts immobiliers à Beaugrenelle, comme à la Porte de Versailles, comme aux Halles. Assez ! Il faut et il est encore temps de remettre complètement à plat ces projets antisociaux, anti-économiques et antipopulaires, refusés par l’immense majorité de la population, dans sa diversité sociale et politique.

 

Une partie de la droite relaie certaines revendications des riverains. Très bien, même s’il devait s’agir d’une posture politique. Mais cette droite ne conteste pas (ou plus) l’ensemble du projet dont elle souhaite qu’il se réalise au plus vite et elle ne s’oppose pas réellement aux promoteurs.

 

Ce n’est pas notre position, en tant que section du PCF Paris 15.

Un rapport de force existe dans le quartier, dans le 15ème, mais aussi à Paris, au regard des autres projets immobiliers spéculatifs de la municipalité et de l’opposition qu’ils suscitent, pour mettre en échec un projet particulièrement bancal, mené cavalièrement, en toute incompétence et avec un mépris sans égal des habitants par la Semea15, devenue Sempariseine et notamment par Anne Hidalgo.

 

Il faut tout remettre à plat.

Pas de sous-sol supplémentaire sans qu’une véritable enquête soit menée sur les conséquences du pompage et de l’évacuation des eaux sous la cité des 4 frères Peignot et les immeubles anciens de l’avenue Emile Zola et de la rue de Javel. C’est un préalable absolu !

Puisque le projet peut changer, nous demandons que le futur centre commercial en reste au niveau des besoins du nord 15ème et du sud 16ème, c'est-à-dire deux fois moins prétentieux que le projet actuel.

Avec la population, nous exigeons sur la partie est, le rétablissement des équipements publics et sociaux, et en particulier du centre de santé conventionné et la mise en place d’autres équipements collectifs répondant aux besoins dont les associations dressent la liste depuis des années.

 

Entre temps, les habitants ne supportent plus un chantier bruyant et polluant à mille lieues du HQE (« haute qualité environnementale ») promis.

 

Ceux qui se mettent un vernis de gauche pour mieux défendre les intérêts des spéculateurs et des trusts rencontreront toujours notre opposition !

 

Voir l’ensemble de notre dossier Beaugrenelle.

Partager cet article

Repost0

Commenter cet article