« Prime sur dividende » : une arme de plus contre les salaires

4 Mai 2011 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités - Alternative politique

« Prime sur dividende » : une arme de plus contre les salaires

 

Par pcf paris 15

 

Pour le président autoproclamé « du pouvoir d’achat », tout est bon pour attaquer les salaires.

 

Au nom de la « compétitivité », il pousse à la modération salariale dans le privé, pour le plus grand plaisir du patronat.

Au nom de la réduction des déficits publics, que sa politique ne cesse de creuser au profit du capital, il gèle les salaires dans le public depuis deux ans.

Pour des millions de salariés, de ménages, la situation devient de plus en plus intenable avec l’augmentation de toutes les dépenses essentielles que le pouvoir encourage (tarifs gaz, électricité…).

 

Président et gouvernement essaient maintenant de tirer profit de cette situation, dont ils sont largement responsables, pour enfoncer un nouveau coin dans les salaires.

C’est comme cela qu’il faut comprendre la « prime sur les dividendes » annoncée pour les prochains mois.

 

Toutes les précautions sont prises pour qu'elle ne coûte quasiment rien aux patrons.

A peine un tiers des salariés, ceux des entreprises privées de plus 50 salariés qui versent des dividendes à leurs actionnaires (au passage, la prime est une façon aussi d’attaquer les fonctionnaires) seront potentiellement concernés.

Encore beaucoup moins le seront dans les faits car la prime n’existera que dans les entreprises qui auront augmenté les dividendes versés par rapport à la moyenne des deux années précédentes : une usine à gaz !

Précaution supplémentaire : le montant ne sera pas fixé par la loi mais « négocié » dans l’entreprise.

 

Non seulement, elle ne va rien coûter aux patrons, mais elle va leur rapporter. Ces entreprises qui font tant de bénéfices et qui les versent à leurs actionnaires sont les mêmes qui compriment au maximum les salaires.

La prime sur les dividendes va être pour elles un moyen de plus pour détourner les revendications salariales. Par rapport aux salaires, la « prime sur dividende » aura tous les avantages pour les patrons. Elle sera variable, aléatoire selon les années et largement exonérée de cotisations sociales (autant en moins pour la Sécurité sociale !).

 

Mais pour le gouvernement, le but de la mesure est fondamentalement politique et idéologique.

Il s’agit de faire semblant de répondre aux préoccupations en matière de pouvoir d’achat.

Il s’agit d’essayer de masquer l’opposition fondamentale entre le salaire, rémunération du travail, et les dividendes, le profit extorqué sur le travail au profit des actionnaires, qui ne travaillent pas.

43 milliards d’euros de dividendes versés cette année rien que par les entreprises du CAC 40…

 

Prenons l’exemple de la BNP-Paribas. Cette banque a renoué avec des profits record en 2010, non sans l’aide de l’Etat : 7,843 milliards d’euros. Là-dessus, 2,6 milliards ont été distribués aux actionnaires en dividendes.

BNP-Paribas compte 65.000 salariés en France. Même si on leur accordait une « prime sur dividende » de 1000 euros, cela ne représenterait qu’un quarantième des dividendes distribués…

En 2010, les salariés n’ont obtenu en moyenne que moins de 2% d’augmentation de salaires, moins que l’évolution du coût de la vie. Les bénéfices de l’entreprise sont tellement outranciers et indécents qu’elle a dû céder aussi une prime de 1200 euros. Il y a tout à parier que la « prime sur dividende » se confondra avec cette prime.

Dans le même temps, quelques traders se sont partagés 500 millions d’euros de « bonus », soit 8 fois plus que le total de la prime pour tous les salariés.

 

Le problème, la revendication juste, c’est le salaire !

 

Communistes, nous demandons :

-          l’augmentation du SMIC à 1600 euros net

-          la reconnaissance des qualifications et le rétablissement d’une échelle mobile des salaires, des augmentations pour tous les salariés

-          la suppression des exonérations de cotisations sociales patronales, cette part socialisée du salaire, qui doit revenir à la Sécurité sociale.

-          L’augmentation de l’impôt sur les sociétés, une sur-taxation des bénéfices distribués en dividendes et une intégration des dividendes dans le revenu imposable.

 

Tout travail mérite salaire et non des pourboires !

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