Sur le rôle des élus communistes parisiens. Conférence départementale du PCF Paris, 12 et 13 juin 2010.

27 Juin 2010 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #PARIS

Sur le rôle des élus communistes parisiens. Conférence départementale du PCF Paris, 12 et 13 juin 2010.

 

Le 13 juin 2010, une séance du « congrès départemental » était consacrée à l’activité des élus parisiens. Emmanuel Dang Tran est intervenu au nom de la délégation du 15ème.

 

La question du rôle et de l’activité des élus parisiens illustre bien la discussion sur la stratégie générale du Parti que nous avons eue hier.

Elle montre l’impasse de la ligne prétendant « tirer le PS à gauche » dans la constitution de « majorités politiques à gauche », de fait toujours dans les institutions.

 

Avant d’en venir à la municipalité, nous devons parler de la région. Des décisions graves y sont prises par l’exécutif de « gauche » menée par Jean-Paul Huchon.

Par exemple, les tarifs des transports vont être relevés au 1er juillet de 6,7% pour les usagers parisiens.

Pourtant la campagne électorale remonte à peine à trois mois. Huchon a été réélu après une non-campagne où il a éludé tous les sujets, dont celui-ci. Une liste du « Front de gauche » a été montée (aboutissant à faire perdre au parti encore 7 élus), défendant l’idée d’une baisse généralisée des tarifs, les abonnements devant être alignés sur le prix actuel de la zone 1/2. Puis le « Front de gauche » s’est rallié sans conditions au PS entre les deux tours. Et trois de ses élus font à nouveau partie de l’exécutif de Huchon comme vice-président.

Certes, les élus du FdG viennent de voter contre la nouvelle augmentation des transports. Mais c’est tout. On reste dans l’exécutif de Huchon comme si de rien n’était.

A nouveau, les élus jouent le rôle de caution de gauche au social-libéralisme d’autant que la campagne électorale du « Front » s’est abstenue de tout bilan critique de la mandature précédente. Caution de gauche et rabatteur électoral !

Le comble, c’est qu’on laisse même aux élus du PG, ces PS repentis, la possibilité de nous tailler des croupières sur ce thème. Ils refusent de participer à l’exécutif.

 

Vous aurez noté aussi comment la presse s’est fait écho du large accord retrouvé sur le « Grand Paris » entre Sarkozy, Delanoë et Huchon, ce qui ne devrait pas nous surprendre. Comment les élus du FdG vont-ils faire ?

 

Les données sont les mêmes au sein de la municipalité de Paris. En 2008, l’intégration dès le premier tour aux listes de Delanoë s’est faite sans aucun bilan critique de la période précédente, sans aucun contrat engageant l’équipe de Delanoë. La poursuite de la participation à l’exécutif avec trois adjoints a été actée d’office.

 

La discussion que nous avons confirme, si besoin était, l’orientation tout à fait « sociale-libérale » de Delanoë : externalisation/privatisation des services municipaux (dont le ramassage des ordures), gestion du personnel qui n’a rien à envier à la droite, grands projets immobiliers sur mesure pour le « Paris de la finance »…

 

La question à se poser est la même qu’à la région: comment s’opposer à ces aspects fondamentaux de la politique de Delanoë ? Cela n’empêche pas d’être constructif sur ce qui irait dans le bon sens.

Mais nous n’avons pas à apporter une validation de gauche à cette politique, avec tout le poids du mot « communiste ». La question de la participation à l’exécutif n’est pas première mais si nous étions conséquents, cela m’étonnerait que Delanoë nous y maintienne. Où se situe notre priorité sinon du côté de ceux qui souffrent et qui luttent ?

 

J’entends bien le travail fourni par certains élus (aussi les contradictions apportées en commissions municipales) mais l’orientation d’ensemble du groupe est à changer radicalement.

 

Rechercher l’expression anecdotique qui va faire parler des élus dans Le Parisien (qui ne privera jamais de nous ridiculiser) n’a aucun intérêt.

 

Les vœux des conseils d’arrondissement ou du Conseil de Paris sont un moyen d’action dont on vient de beaucoup parler. Nous aurions tort de nous en priver mais soyons conscients des limites et agissons en conséquence.

Une grande quantité des vœux que les élus proposent concernent la politique gouvernementale ou d’autres questions que lesquelles la municipalité n’a pas de responsabilité directe. L’intérêt est d’apporter un soutien aux luttes et surtout d’amener la municipalité à agir.

La plupart du temps, ce n’est pas ce qui se passe. L’équipe de Delanoë utilise seulement les vœux pour s’afficher du bon côté, contre la droite, sur les questions qui ne la regardent pas et s’arrête là.

L’outil politique des vœux pourrait et devrait être utilisé beaucoup plus souvent pour intervenir sur la politique de la municipalité. Sur une lutte comme celle des sans-papiers, c’est très bien, nécessaire, d’attaquer à Paris le gouvernement, mais la municipalité doit commencer par agir directement en direction de ses propres prestataires, des sous-traitants de ses prestataires qui exploitent abondamment la main d’œuvre sans papiers.

Les camarades du 5ème ont parlé de la Mutualité : nos élus n’ont pas à se défausser dans leurs vœux parce que ça dérange les plans immobiliers de Delanoë. [Pourquoi dans la défense des centres de santé, le groupe a-t-il refusé d’intervenir sur celui de Beaugrenelle sinon pour ne pas gêner l’opération spéculative qui se fait sous la bénédiction de la municipalité ? Un vœu, bien défendu, s’imposait.]

 

Nos élus n’ont pas à reprendre pour nous-mêmes les annonces et les effets d’affichage de Delanoë, sinon c’est de la complaisance. Donnons les vrais chiffres en termes de berceaux et d’emplois qualifiés concernant les crèches, puis notre opinion à partir de ces chiffres ! Sur le logement social, arrêtons, arrêtez, de reprendre les comptes de la municipalité. Ils sont faussés. Ils intègrent, entre autres, les rachats de logements déjà sociaux de fait dans l’augmentation du parc social, notamment les milliers de logements anciennement de la SAGI.

 

Nous avons un devoir de vérité.

Nous avons un devoir d’opposition que les élus n’assument pas.

 

Je pourrais multiplier les exemples.

On a déjà parlé de la privatisation du ramassage des ordures dans deux arrondissements.

Le contrat emblématique des Velibs est un cadeau énorme à JC. Decaux sous tous les aspects. C’est bien gentil maintenant de se montrer solidaires des salariés surexploités mais pourquoi les élus n’ont-ils pas défendu l’option d’un service public municipal ? Pourquoi ne demandent-ils pas l’intégration des salariés dans les services municipaux et, du moins en attendant, une clause sociale équivalente ?

Les projets immobiliers soutenus par la Ville frappent durement notre arrondissement du 15ème : à Beaugrenelle, à la Porte de Versailles avec la Tour Triangle. On serait en droit d’attendre des élus communistes autre chose que la reprise des arguments de la pire mauvaise foi de Mme Hidalgo. Il s’agit de projets gigantesques au profit des plus grandes foncières de France Gécina et Unibail qui sont en passe de prendre le contrôle de Paris.

Sur le sport, les agents des piscines sont en lutte contre la suppression des 74 postes d’accueil et de guichet. C’est un adjoint PCF qui est responsable aux sports ! Comment être crédible dans le soutien aux luttes ?

 

L’activité, prise globalement, des élus communistes parisiens, est l’exemple même du contresens de la stratégie des « majorités à gauche dans les institutions » par rapport à ce que sont les objectifs du PCF parmi ceux qui luttent.

Là où il faudrait des actes forts et conséquents d’opposition et de lutte, correspondant à ce qu’on attend du PCF, l’orientation générale consiste à s’aligner derrière le PS, à coller à une posture électoraliste de force d’appoint sur quelques sujets que Delanoë veut bien laisser, à discréditer le Parti auprès des plus conscients, de ceux qui luttent. Il faut complètement changer de cap !

 

Un dernier mot. Quand on fait une erreur, il faut avoir le courage de le reconnaître et de la réparer, sinon c’est encore plus grave. A propos de l’inauguration d’une allée « Ben Gourion » par la municipalité, le « président Brossat » a fait un parallèle scandaleux entre Ben Gourion et Yasser Arafat. Nous avons reçu des dizaines d’appels de camarades et sympathisants outrés. Nous attendons toujours une rectification.

 

(Aucune réponse de Brossat. Pierre Laurent, nouveau conseiller régional, intervient par la suite pour justifier le choix des élus PCF d’être dans l’exécutif régional en l’opposant à celui du Pg francilien de refuser d’y être. Raisonnement bien politicien !)

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