Tour Triangle à la Porte de Versailles : le Medef transmet la folie des hauteurs aux élus parisiens !

19 Décembre 2009 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #15ème

Tour Triangle à la Porte de Versailles : le Medef transmet la folie des hauteurs aux élus parisiens !

 


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Le Conseil de Paris a voté ce 16 décembre 2009 une délibération permettant d’engager la révision simplifiée du PLU (Plan local urbain) en vue de laisser la firme Unibail construire une tour de bureaux de 180 mètres de haut (au moins) à la Porte de Versailles.

 

Nous avons déjà eu l’occasion de dénoncer ce projet qui ne répond qu’à une logique de spéculation immobilière et aux intérêts de la finance.

Il est dommage que personne n’ait mentionné au Conseil de Paris le nombre de bureaux vides à Paris (dont les 30.000 m2 de la Tour Cristal sur le Front de Seine, 100 mètres de haut, 28 étages, vide depuis le départ de Dexia et parait-il en rénovation avant remise sur le marché).

 

Pour justifier la révision expresse du PLU, les élus devaient trouver des motifs d’intérêt général.

Les élus, PS, UMP et affiliés ont rivalisé de zèle et d’inventivité pour tourner un projet complètement privé, profitant de l’investissement public, en œuvre d’utilité publique.

Dès que les intérêts du patronat (CCIP) sont en jeu, le petit jeu d’opposition entre la mairie du 15ème et la mairie de Paris devient dérisoire (qui a concerté qui en premier ?) tant ils ne peuvent cacher leur accord sur le fond.

 

Trop drôle !

 

Pour l’UMP, des immeubles de logements sociaux de 50 mètres de haut sont des « tours et des barres » infranchissables, des hérésies architecturales du passé, mais un bâtiment de 180 mètres est un « projet du siècle ».

 

PS, UMP,…, les uns et les autres, intarissables sur les « grandes qualités » de l’œuvre architecturale (un triangle !), ont refait le sketch de la « Tour sans ombre », malgré l’évidence que les études commandées n’ont pas pu contredire.

 

Sur les équipements collectifs, les élus ont été moins diserts en superlatifs.

 

Et pour cause, les premières annonces, déjà modestes, de 2008 ont été démenties par les promoteurs. Sur 92.000 m2, la part de bureaux « de dernière génération », plus « rentables et faciles à commercialiser », est passée de 70.000 m2 à 88.000m2.

Ce qui laisse la place – ne pas rire – à un « atrium » ouvert au public (et encore pas sûr, puisque sa « programmation sera approfondie ultérieurement ») et à une promesse d’accès à un belvédère panoramique.

8.000 m2 d’espaces verts sont promis : un minimum ! On ne peut quand même pas tasser d’autres constructions sous un tel mastodonte destiné à abriter l’équivalent d’une petite ville hors sol. Contrairement à l’argument fallacieux, les tours ne limitent pas l’étalement de la ville : l’exemple de Berlin, trois fois moins dense que Paris, le montre.

 

Où est l’intérêt général là dedans ?

D’intérêt, on n’en trouve même pas pour le Parc des expositions contigu. Les équipements qui auraient pu servir aux exposants ont aussi été supprimés du projet.

On en passe sur la « haute qualité environnementale » des tours, comique au moment du sommet de Copenhague.

 

Reste l’argument massue d’Anne Hidalgo : l’emploi. La tour en abriterait 5.000. Mais en quoi une tour de bureaux créerait-elle des emplois en elle-même ? Un élu vert (que nous ne sommes pas habitués à citer) a eu cette répartie logique : pour vaincre le chômage à Paris, combien de tours faudrait-il construire ? Ce programme spéculatif ne fera que déplacer de l’emploi.

 

Enfin, il est temps de tuer cette idéologie de « l’attractivité » de la ville dans la concurrence des capitales que les élus reprennent telle quelle des groupes financiers pour mieux les combler. Le « Grand Paris », projet partagé entre gouvernement, région et ville de Paris (au-delà de sa gouvernance), correspond tout à fait à cette politique de satisfaction des promoteurs et des multinationales. Les tours, la course aux hauteurs en est le symbole  et l'instrument vieux comme le capitalisme. 

Pour nous au contraire, la véritable attractivité économique, c’est celle qui correspond au développement harmonieux de la réponse aux besoins de tous les habitants et salariés sur toute l’agglomération!

 

Ce « projet privé » de la foncière Unibail, déjà destinataires des largesses de la municipalité de Paris aux Halles, ne coûterait rien à la Ville, entend-on. Mais à combien va-t-on brader les emprises immobilières publiques ? Qui va assumer les coûts en service public ?

Les Parisiens financièrement, les habitants du quartier dans la vie de tous les jours ? Tout le laisse penser. On comprend mieux à qui la charge considérable que supportent les Parisiens et Franciliens pour le tramway T3 et l’allongement du T2 va profiter.

Que vont payer Unibail et les multinationales qui se déplaceront à la Porte de Versailles ?

 

Pas de réponse ! Même pas d’élus pour vraiment poser les questions.

Seuls les Verts, insistant sur les questions environnementales ont voté contre la délibération. A notre étonnement, les groupes MRC et des « élus communistes républicains et du Parti de gauche » se sont contentés de reprendre en bref et sans critique la version de Mme Hidalgo.

 

Nous leur communiquons à nouveau ces éléments de réflexion pour l’enquête publique qui va s’ouvrir et dans laquelle les communistes de la section du PCF 15ème comptent bien intervenir, sans illusion sur la caricature de concertation (nous sommes habitués sur les autres chantiers de l’arrondissement, notamment Beaugrenelle) mais avec le poids des arguments.

 

Non à une Tour à la Porte de Versailles ! Oui à un aménagement répondant aux besoins du Parc des expositions et à la vitalisation de ce quartier de liaison entre Vanves, Issy et Paris.

 

Nous ne nous priverons pas non plus de ressortir les bonnes vieilles réflexions de Bertrand Delanoë condamnant en son temps l’aberration qu’aurait constituée la construction de la Tour Montparnasse…

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