Arrêter la criminalisation du mouvement social

31 Mai 2006 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème - de Infos 15 n°52 Publié dans #Défense de l'industrie

Arrêter le processus de criminalisation du mouvement social.

Roger Toussaint, président du syndicat des transports de la Ville de New York a été condamné le mois dernier à 10 jours de prison ferme et son syndicat à 2,5 millions de dollars d’amende. Son crime ? Avoir organisé la grève, très suivie, des transports publics pendant 3 jours en décembre 2005 pour s’opposer notamment au passage de l’âge de la retraite de 55 à 62 ans pour les nouveaux embauchés. Dans l’Etat de New York, dans le pays développé et « démocratique » que sont les Etats-Unis, défendre ses conditions de travail dans un service public est illégal.

C’est une fois de plus de toute évidence vers ce modèle que lorgnent nos gouvernants. Après le succès de la lutte contre le CPE, le pouvoir, mauvais joueur, s’efforce ainsi de donner une leçon aux jeunes manifestants. Plusieurs milliers d’entre eux ont été arrêtés, placés en garde à vue, plusieurs centaines frappés de procédures judiciaires et de peines, malgré des dossiers la plupart du temps complètement vides. Mais au-delà de la répression arbitraire, c’est bien aussi la criminalisation de la lutte elle-même qui est visée.

L’exemple du conflit de la Régie des transports marseillais de l’automne dernier le montre. Le tribunal de grande instance de Marseille, saisi par la direction de la RTM et Jean-Claude Gaudin, avait jugé que la grève était illégale parce que son motif était politique et non strictement « professionnel ». Il avait condamné les syndicats à 10000 euros d’astreinte par jour. Les syndicats de la RTM ont réussi à déjouer le piège en modifiant le préavis. Le rapport de forces local a également été essentiel. La menace n’en est pas moins explicite contre le droit de grève. L’alerte doit inciter à réagir.  

En Ile-de-France, toujours dans le secteur, crucial, des transports, le STIF, syndicat des transports, a imposé le 17 juin 2005 le « service garanti » à la RATP et à la SNCF , une atteinte grave au droit de grève comme l’ont dénoncé les syndicats.

Cette décision a été prise par le gouvernement (via le Préfet) juste avant que la Région présidée par M. Huchon (PS) ne prenne le contrôle du STIF. M. Huchon (tout en s’affirmant dans le même temps favorable au principe du service garanti…), comme M. Delanoë avaient alors crié au « coup monté » et dénoncé « un mauvais coup porté aux élus régionaux ». Maintenant que M.Huchon est aux commandes, qu’attend-il pour supprimer le « service garanti » ? Sans doute que les salariés et leurs organisations lui rappellent ses propos d’hier comme nos camarades du collectif PCF RATP Bus ont commencé à le faire ! 

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