Réponse à la lettre d'appel "Groupons-nous et demain" de Georges HAGE

14 Mai 2007 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Actualités du PCF

Réponse à la lettre d'appel "Groupons-nous et demain" reçue de notre camarade Georges HAGE, député communiste, doyen de l'Assemblée nationale.


Paris, le 14 mai 2007,

 

Cher camarade,

 

Nous avons bien reçu et lu avec grande attention le texte d’appel « Groupons-nous dès demain » que tu nous as fait parvenir entre les deux tours de l’élection présidentielle.

Cette réponse est d’abord pour nous l’occasion de te remercier pour ton incessante action militante, toujours fidèle aux idéaux communistes qui fondent notre engagement. Puisses-tu la poursuivre longtemps encore !
 

Ton texte comporte une analyse de la situation politique et une proposition d’organisation communiste.

 
Nous partageons, ce n’est guère une surprise pour nous, à quelques mots près, entièrement ton analyse. Le MEDEF et le capital espèrent s’être donné les moyens politiques d’aggraver brutalement et structurellement la politique menée depuis 20 ans à leur service.

Leur serviteur Sarkozy doit essentiellement sa victoire électorale à l’absence d’alternative à « gauche ». Celle-ci continue à peser lourdement sur les perspectives de rassemblements majoritaires contre les contre-réformes annoncées par le nouveau président.

 

La direction du PCF porte une part écrasante de responsabilité dans cette situation. Elle a tourné le dos aux positions fondamentales de notre parti que tu fais bien de répéter à nouveau. A l’occasion des élections, elle s’est ainsi détournée de tout le contenu qui fait l’utilité du vote communiste, notamment notre opposition totale à l’UE du capital.
 

Comme tu l’as écrit dans un autre texte, la candidature de Marie-George Buffet a été un OVNI politique. A proprement parler, le résultat de cette candidate de la « gauche populaire antilibérale » n’est pas celui du PCF, même s’il est abondamment utilisé pour nourrir la thèse du déclin final du Parti communiste.

En particulier par cette direction elle-même qui exclut toute autocritique ! Comme on prête la rage au chien que l’on veut tuer, elle met de plus en plus clairement à l’ordre du jour du congrès extraordinaire, qu’elle a annoncé, la question de la raison d’être même d’un parti communiste et l’intégration du PCF à une recomposition politique de la « gauche ». L’épisode des « collectifs » antilibéraux aura été une étape. La « Mutation » continue vers son but d’origine : la liquidation.

 

Nous sommes un certain nombre d’organisations du PCF, de groupes, de communistes à partager cette analyse, à refuser la fatalité de la disparition du Parti dans une mouvance social-démocrate, à juger que l’existence d’un parti communiste est plus indispensable que jamais pour combattre le capitalisme mondialisé.

Il n’y a pas pour nous d’engagement communiste sans parti, en France sans le Parti communiste français. La bataille essentielle pour l’existence d’un parti communiste en France, reste plus que jamais pour nous la bataille, à mener jusqu’au bout, pour le PCF.

Malgré sa direction, malgré la « Mutation », le PCF continue d’exister en France dans l’inconscient collectif comme le parti de masse et de classe du monde du travail. Il est parfaitement illusoire d’imaginer « reconstruire » un parti communiste hors du PCF et de son héritage irremplaçable.

Dans un texte du début de l’année, tu insistais sur la nécessité du « ressourcement » du PCF. Nous faisons nôtre cet objectif.

Nous pensons que l’heure est à la reconquête du PCF par les militants communistes, par l’avant-garde du mouvement ouvrier.

En aucun cas, nous n’imaginons ou avons jamais imaginé « remettre sur les rails de la lutte des classes » la direction mutante. Notre préoccupation est de faire vivre et développer le PCF, nos organisations locales sur ces rails, malgré la direction. Ses contradictions, entre la légitimité d’appareil et la volonté liquidatrice, deviendront rapidement insurmontables.

Nous comprenons bien pourquoi tant de camarades ont quitté le PCF ou en ont été écartés par la « Mutation ». Aujourd’hui, nous ne pouvons nous empêcher de penser à la force que nous représenterions tous ensemble face à des directions mutantes souvent fantoches, faibles, toujours incapables de défendre leur projet destructeur devant une assemblée de « vrais » communistes.

La « reconstruction » d’un parti communiste, privé de la légitimité historique du PCF, à partir de quelques organisations locales et de quelques groupes extérieurs est tout à fait improbable. Cette « construction » n’échapperait pas davantage aux yeux des masses au discrédit que la direction du PCF pourra encore causer à l’idée communiste. 

L’action communiste dans (ou autour) du PCF est aussi le gage de l’unité des communistes. Nous avons déjà dix ans d’expérience peu concluante des regroupements, coordinations, convergences et autres comités de liaison d’opposants à la « Mutation ». Le choc stérilisant des esprits de chapelle est inévitable dès lors que des groupes, si honnêtes soient-ils, mais qui se donnent une vocation nationale, se retrouvent en concurrence.

Nous nous méfions en outre comme de la peste des entreprises entristes de groupes anticommunistes qui se nourrissent de la décomposition du PCF, en particulier du soi-disant « Parti des travailleurs ». Sous des avatars toujours renouvelés, OCI, PCI, MPPT, PT, associations ou collectifs divers, des positions fluctuant selon le vent de leur opportunisme, cette organisation ne poursuit qu’un objectif : la destruction du PCF. Nous ne cessons de mettre en garde les camarades, notamment les jeunes, qui n’ont pas fait l’expérience de leur malfaisance.

Ces réflexions nous amènent à répondre aux propositions contenues dans le dernier paragraphe de ta lettre de la façon suivante :

Nous approuvons toute forme d’échange et d’entraide permettant à chacun, organisations du PCF ou groupes communistes extérieurs de développer une action communiste parallèle. C’est déjà un peu le cas. Nous pouvons mieux faire.

Nous ne sommes pas partisans de créer une structure commune ayant « un pied dedans et un pied dehors » du PCF. Quelle que soit l’estime que nous portons à nos camarades, notamment du PRCF, cette démarche serait contradictoire avec notre analyse de l’importance de la bataille du PCF.


Pour notre part, nous invitons les camarades à réinvestir massivement leur parti, le PCF et ses organisations, à faire vivre, à recréer des cellules, des sections, dans une démarche de reconquête, sur une base de lutte.

Les directions à la dérive se permettent tout avec la « mutation-liquidation ». Imposons un point de vue, une ligne d’action communistes clairs et fidèle à notre engagement !

Des dizaines d’organisations du PCF, cellules, sections, fédération(s) s’engagent dans cette démarche ou sont prêtes à le faire.

 

Nous pourrons rassembler beaucoup si nous résistons au processus de décomposition.

Parce que le PCF reste un grand parti à l’Histoire auquel tu as donné une contribution à bien des aspects exemplaire.

 

Nous t’adressons, cher camarade, cher Georges, nos salutations les plus fraternelles,

 

Le secrétariat de section du PCF Paris 15ème

Pour ceux qui ne l'ont pas reçu, le texte de la lettre de Georges Hage est sur ce lien.

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