Référendum en Irlande: l'UE des multinationales disqualifiée!

15 Juin 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #"Europe": NON à l'UE du capital

Irlande, Pays-Bas, France : 3 votes populaires, 3 fois NON

L’UE des multinationales, ses traités, ses directives, ses promoteurs en France : DEFINITIVEMENT DISQUALIFIES !

Le peuple irlandais ne s’est pas laissé intimider.

Malgré l’intense campagne de propagande et les pressions internationales, il a rejeté sans ambiguïté le projet de nouveau traité de l’UE, dit « de Lisbonne » lors du référendum du 12 juin.

La conscience des réalités a prévalu sur les discours des eurocrates nationaux ou étrangers qui alternaient publicité et menaces, tout en essayant de masquer le contenu du texte que le gouvernement a refusé d’envoyer aux électeurs. Mme Merkel ou M. Barroso sont venus à Dublin vanter le Traité mais il n’a pas échappé aux Irlandais qu’ils n’avaient pas le courage de le soumettre au vote dans leurs propres pays.

Contrairement à l’image véhiculée, l’UE ne fait pas le bonheur des Irlandais depuis les années 80! Juste celui des multinationales, notamment américaines, pour lesquels l’île est devenue une tête de pont sur le marché européen.

Les avantages fiscaux dont elles bénéficient privent le pays de la majeure partie des rentrées possibles en même temps qu’ils tirent vers le bas les politiques publiques des autres pays de l’UE. Maintenant, les gouvernements des pays de l’est concurrencent à leur tour l’Irlande sur le terrain du moins-disant fiscal et menace son « modèle ».

Comme dans les autres pays, l’UE est synonyme de recul social, de recul démocratique, et aussi d’alignement sur la politique guerrière de l’OTAN, alors que le peuple irlandais est attaché à la neutralité de son pays.

Décontenancés, les eurocrates sont tentés de faire comme d’habitude : de mépriser la souveraineté et l’expression démocratique des peuples. Merkel et Sarkozy veulent continuer à faire ratifier le traité, pourtant maintenant juridiquement caduc, dans les autres pays. D’autres parlent de faire revoter les Irlandais jusqu’à obtenir un oui…

Mais les Irlandais ne sont pas seuls. Leur vote suit celui des Néerlandais et des Français en 2005 qui ont rejeté le projet de « constitution » européenne dont le traité de Lisbonne est la copie quasi conforme. Dans tous les pays, le refus s’affirme de l’UE au service du capitalisme mondialisé, de cette machine à broyer les acquis sociaux et démocratiques nationaux. La semaine dernière, elle a mis à l’ordre du jour une directive sur le temps de travail autorisant la semaine de 64 heures… Si des référendums avaient lieu, le NON l’emporterait probablement dans tous les pays.

Nous nous félicitons que le vote des Irlandais repose le débat dans notre pays, après le coup de force de février.

Le 4 février 2008, à Versailles, les parlementaires UMP, PS, UDF et Verts (à de rares exceptions près) ont bafoué l’expression du peuple en 2005. A l’unisson, Sarkozy, Bayrou, Hollande comme Delanoë ont ratifié en catimini le texte de traité rejeté par référendum populaire.

Il faut dire que l’UE sert de matrice à la politique « ultralibérale » de casse sociale, de privatisation, comme d’alignement sur l’OTAN… que leurs partis mènent à tour de rôle, en alternance. Les traités et directives que le président et le premier ministre français signent à Bruxelles leur servent à la fois de prétextes et d’outils pour imposer leurs mauvais coups en France.

Ces jours mêmes pour augmenter le temps de travail, pour laisser dépérir la filière pêche ou pour supprimer des milliers d’emplois publics au nom de Maastricht et de déficits budgétaires fabriqués.

Cela ne peut plus marcher ! L’UE au service du capital finit de perdre toute légitimité. Elle est disqualifiée !

Certains eurocrates s’en rendent compte. Ils vont chercher à proposer un plan B, un plan C, un plan Z, teinté de formules sur « l’Europe sociale » pour tenter de réhabiliter un projet tourné depuis le départ contre les peuples. C’est le rôle qu’une « gauche », notamment le PS, va tenter de jouer pour faire oublier sa collusion avec Sarkozy.

La présidence française de l’UE, à compter du 1er juillet, va être l’occasion de pousser ces débats en France.

Notre position est claire :

NON, toujours NON à l’UE supranationale du capital !

Ses traités, directives et règlements n’ont plus aucune légitimité pour s’appliquer en France contre la volonté et les intérêts de notre peuple.

Oui au développement de coopérations démocratiques, mutuellement avantageuses entre Etats souverains d’Europe (et au-delà).

Cette logique de coopération a fait le succès technologique et social d’un projet comme Airbus. La logique « libérale » cause maintenant la fermeture des usines en France et la confiscation des bénéfices par les actionnaires privés.

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