Saturation des services d'urgences: indissociable de l'attaque contre le service public, en aval et en amont. Menace imminente sur le centre de santé Viala

21 Avril 2019 Publié dans #Santé - hôpital - assurance maladie, #Viala, #15ème, #BEAUGRENELLE

Saturation des services d'urgences: indissociable de l'attaque contre le service public, en aval et en amont. Menace imminente sur le centre de santé Viala

Nous nous permettons de reprendre ci-dessous le texte du Comité de défense de Beaugrenelle sur la situation du centre de santé Viala, plus que jamais en grand danger (il est question d'une expulsion en juin).

Nous suivons cette lutte depuis longtemps et le communiqué diffusé par cette association locale pluraliste résume bien la situation.

Le lien, parmi d'autres, peut et doit être fait avec la crise et le mouvement de grève dans le services d'urgences; dans ces quartiers avec celui de l'HEGP.  La saturation des urgences et, du coup, les revendications des personnels urgentistes, sont indissociables de la défense de l'ensemble du service public, en aval (face aux suppressions de lits dans les autres services, d'hôpitaux de moyens séjours etc.) et en amont, notamment avec la dégradation de l'offre de soins de proximité, et les attaques contre les centres de santé.

On notera, une fois de plus, toute l'hypocrisie de la municipalité de Paris qui laisse tomber le modèle des centres de santé et favorise encore la spéculation immobilière.

Toutes les luttes peuvent et doivent converger, ces prochaines semaines, contre le projet de loi Buzyn.

Municipalité de Paris/Viala : NON ASSISTANCE A CENTRE DE SANTE EN DANGER !

Communiqué du Comité de défense de Beaugrenelle - Front de Seine - Charles Michels, 12 avril 2019

 

L’avenir du Centre de santé de la rue Viala a fait, à nouveau, l’objet d’un débat au Conseil d’arrondissement du 18 mars et au Conseil de Paris, le 3 avril.

La municipalité du 15ème avait déposé un vœu pour le maintien de cette structure essentielle pour l’offre de santé de proximité dans nos quartiers (60.000 dossiers de patients), menacée d’expulsion par la Caisse des allocations familiales, propriétaire des locaux. La mobilisation des personnels, des patients, de la population, impulsée par notre Comité, nos multiples pétitions, appels, se font entendre. Mais pas jusqu’au bout pour l’instant !

La majorité parisienne d’Anne Hidalgo, toujours élue du 15ème, dans toutes ses composantes, a rejeté le vœu. Elle a affiché, par les voix de Claude Dargent, conseiller de Paris, au conseil du 15ème, puis d’Anne Souyris, adjointe à la santé, au Conseil de Paris, une indifférence devant la menace de disparition du centre de santé Viala, voire une hostilité. Pour notre comité, cette position est parfaitement injustifiable et révoltante. Cela s’appelle de la non-assistance à centre de santé en danger !

1- Tous les élus reconnaissent le constat que nous n’avons cessé de dresser : la dégradation rapide et inquiétante de l’offre de santé de proximité, conventionnée de secteur 1, dans toutes ses spécialités, dans le 15ème, dans notre quartier en particulier.

La municipalité de Paris, par la voix de Mme Souyris, estime que nous devrions nous satisfaire de plusieurs maisons médicales qu’elle subventionne.

Non ! S’il y a consensus pour approuver ces petites structures, elles ne visent qu’à colmater l’hémorragie de l’offre de médecine libérale, en faisant prendre en charge aux Parisiens une partie des frais immobiliers et administratifs de regroupements de quelques professionnels libéraux.

Cela n’est en rien une réponse à la disparition des centres de santé. Rappelons qu’à Viala, des médecins spécialistes donnent également des consultations, conventionnées secteur 1 – ce qui devient exceptionnel – accessibles à tous les publics.

 

2 - Remettons les choses au clair ! Quoi qu’on pense du gestionnaire, le centre Viala est juridiquement un centre de santé, suivant le code de la santé publique, avec la structure sanitaire et sociale, notamment le caractère non lucratif, qu’il définit.

Aussi l’argument de la municipalité d’Anne Hidalgo est irrecevable selon lequel le centre Viala serait indigne d’être aidé parce qu’il est géré par un groupe privé. Elle est moins regardante quand il s’agit de favoriser des promoteurs et des concessionnaires privés dans des secteurs lucratifs.

Rappelons qu’après la faillite de la gestion précédente, par une mutuelle étudiante, la municipalité de Paris a refusé de construire une offre de reprise publique ou associative, comme nous le demandions. Le tribunal de commerce a choisi le repreneur actuellement en activité.

 

3 - La municipalité Hidalgo refuse d’intervenir parce qu’il y a un contentieux juridique entre la Caisse des allocations familiales, propriétaire de l’immeuble, et le centre de santé. Or c’est bien là, justement, que réside le problème, dans la volonté de la CAF de transformer les locaux en bureaux, en expulsant le centre de santé, ses médecins, ses personnels et ses patients !

Pourtant, c’est la CAF historique qui a fondé cette structure de santé d’avant-garde en 1935. Que compte faire la CAF de l’immeuble du 12 rue Viala? Dans l’immense opération immobilière sur ses anciens terrains Viala-Finlay-Saint-Charles, il est peu imaginable qu’elle n’ait pas prévu les bureaux correspondant à ses propres besoins. Il y a des raisons de craindre la vente de l’immeuble du 12 rue Viala à l’immobilier privé. Aux dépens d’un centre de santé et de ses 30.000 patients ?

Le blocage de fond se situe-t-il là, dans une volonté de la municipalité de Paris de ne pas entraver les intérêts du marché immobilier spéculatif, au moment où le prix du m2 vient de dépasser les 10000 euros et où la maire de Paris se flatte d’avoir hissé Paris au rang de 3ème ville la plus chère (« attractive ») de la planète?

Contrairement aux propos de Mme Souyris, le centre Viala continue de s’acquitter, vis-à-vis de la CAF, du montant de l’indemnité d’occupation fixée par le tribunal de commerce, avant que la CAF ne casse le bail.

Aujourd’hui, nous-dit-on, aucun autre local ne serait disponible à moins d’un quadruplement du loyer actuel. Rappelons que la mutuelle étudiante, à ce niveau de loyer, n’arrivait déjà pas à tenir financièrement. La Sempariseine, société d’économie mixte, « bras armé » de la municipalité de Paris à Beaugrenelle, qui a permis des profits sans précédent aux bénéficiaires du nouveau centre commercial, n’en trouverait pas (sinon, et encore, en sous-sol, sur des places de parking). Ce n’est pas crédible ! 5800 m2 de bureaux (Immeuble Mercure 3) viennent d’être cédés au fonds d’investissement Raise sur la dalle Beaugrenelle.

A 2 km, à la Porte de Versailles, la municipalité d’Anne Hidalgo fait tout pour que le promoteur Unibail construise la « Tour Triangle ». 100.000m2 de bureaux, elle est capable, 600 m2 pour un centre de santé, elle serait incapable...

Quelques rappels encore. Quand le centre de santé associatif Beaugrenelle a été détruit, avec la construction du centre commercial, Mme Hidalgo promettait un renforcement du centre Viala.

Ensuite, sa municipalité a décidé, unilatéralement, de ne pas rouvrir, après la réhabilitation, le centre de santé Anselme Payen, place Violet. Maintenant, c’est Viala qui disparaîtrait avec quelques larmes de crocodile. Là, on en est même plus à de la « non-assistance à centre de santé en danger » mais à de l’acharnement antisocial.

Notre comité ne laissera pas faire. Les municipales de 2020 approchent, comme la saison des promesses.

Nous exigeons des positionnements, des engagements et des décisions immédiates de tous les acteurs, dont les élus, la CAF, la Sempariseine, aussi l’Agence régionale de santé (que nous avons sollicitée, pour l’instant sans réponse)

Ensemble, continuons à nous mobiliser, avec les personnels, les médecins, les personnalités du monde médical et associatif qui ont lancé un appel en juin 2018 pour :

- Le maintien du centre de santé Viala !

- Le refus de toute expulsion sans relogement avec des loyers compatibles à son objet sanitaire et social.

Paris XV, le 12 avril 2019   

 

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