Rendons à Paris sa rue et sa place Robespierre !
6 Mai 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Histoire - Notre mémoire
Rendons à Paris sa rue et sa place Robespierre !
Il y a 250 ans naissait Maximilien Robespierre. Ce doit être l’occasion pour la Ville de Paris d’honorer enfin la figure du grand révolutionnaire et de réparer l'injustice commise en 1950.
Il y eut en effet dans le Ier arrondissement de Paris à partir du 8 juin 1946, époque à laquelle les communistes étaient au gouvernement, une rue et une place Robespierre mais, le 6 novembre 1950, elles reprirent leur ancien nom de rue et place du Marché-Saint-Honoré, le réactionnaire centriste Pleven étant président du Conseil.
Le texte de l’historien Albert Mathiez, fondateur de la Société d’Etudes Robespierristes, écrit il y a plus de 75 ans, reste à ce propos d’une vibrante actualité:
« Il serait temps enfin, citoyens, de rendre justice à ce grand homme dont la vie fut un perpétuel sacrifice au bien public et dont la chute ébranla la République jusqu’à la base, et laissa désormais la voie libre aux profiteurs et, derrière eux, aux généraux et à Bonaparte. Les conventionnels, même les plus médiocres, ont aujourd’hui leurs statues. Leurs noms sont gravés sur les plaques des rues. Seul Robespierre reste un réprouvé. Celui qui fut jusqu’au dernier souffle le défenseur ardent et convaincu des travailleurs, celui dont la vie privée comme la vie publique furent transfigurées par les plus hautes vertus ; celui qui a illustré la tribune française par une éloquence qui atteint parfois le sublime, celui dont les vainqueurs eux-mêmes, les Cambon, les Barère, les Barras, regrettèrent plus tard la défaite comme une calamité nationale ; celui dont les écrits et l’exemple inspirèrent par-delà le tombeau tous les démocrates et tous les socialistes de la première partie du XIXème siècle, ceux de l’étranger comme ceux de France ; celui que la vigoureuse génération républicaine de 1830 instruite par Buonarroti et les derniers survivants de la Montagne, adora comme la parfaite incarnation de la démocratie sociale, celui que la jeune Allemagne de Boerne et de Gutzkow, que la jeune Italie de Mazzini et de Garibaldi et le chartisme anglais d’O’Connor et d’O’Brien adoptèrent comme un porte-drapeau ; celui que George Sand, avant Anatole France, proclamait « le plus grand homme de la Révolution et l’un des plus grands de l’Histoire » ; celui qui inspira les révolutionnaires de 1848 et ceux de la Commune ; celui que les révolutionnaires russes d’aujourd’hui, plus soucieux de nos gloires que nous-mêmes, honorent comme un ancêtre et un précurseur ; celui dont Lénine, qui lui ressemble à bien des égards, a dressé l’effigie devant le Kremlin ; le profond politique dont la clairvoyance égala le courage et le désintéressement, Robespierre, enfin, est aujourd’hui presque inconnu, quand il n’est pas méconnu de cette foule qui devrait pourtant garder pieusement sa mémoire, puisque c’est pour son affranchissement et pour son bonheur qu’il a vécu et qu’il est mort… »
Demandons maintenant au Conseil de Paris de rendre à la capitale de la France une rue et une place en l’honneur de Maximilien Robespierre !
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