Grève pour des régularisations: plus il s’obstine, plus on découvre ce bon patron nommé Castro
7 Juillet 2008 , Rédigé par PCF - Section Paris 15ème Publié dans #Pour la régularisation des travailleurs
6ème semaine de grève, rue Mademoiselle, pour des régularisations.
Plus il s’obstine, plus on découvre ce bon patron nommé Castro…
Cinq salariés de la société de nettoyage Castro entament leur 6ème semaine de grève pour la régularisation de leur situation. Leur employeur, M. Castro refuse toujours de remplir les formulaires pour la Préfecture qui leur permettraient de faire avancer leurs dossiers. Pourtant, cela fait des années, parfois 10, qu’ils travaillent pour lui, paient des cotisations sociales et des impôts…
Pourquoi cette obstination de M. Castro ? De quoi a-t-il peur ? De ne plus pouvoir employer à l’avenir une main d’œuvre sans papiers, malléable et corvéable parce ce qu’elle vit sous la menace ? De ne pas pouvoir licencier les grévistes qui donnent le « mauvais exemple » de revendiquer leurs droits aux autres salariés de sa société ?
Plus il tente de laisser pourrir la grève, plus on découvre quel type de patrons sont M. Castro, son épouse et SES fils. Le lendemain du début de la grève, ils déversaient de l’eau de Javel dans le petit local occupé du 10 rue Mademoiselle pour le rendre irrespirable aux grévistes. Récidive la semaine dernière, avec des jets de gravats. Dans un papier que ces patrons ont distribué contre la CGT, ils admettent les faits :
« Concernant les violences dont ces employés disent avoir été victimes, si jamais elles eurent lieu, elles ont commencé lundi matin, jamais avant. … Ce n’est pas de gaîté de cœur que nous avons dû réagir de façon véhémente, mais nous nous sommes vus pris dans un engrenage de violence fomenté par les délégués de la CGT… ». Eberluant mais authentique ! Des patrons du 19ème siècle !
Dans le même papier, on trouve la confirmation frappante de candeur patronale de leur conception des relations sociales : « Nous avons depuis le début accepté de signer les formulaires (faux – ndlr), mais bien évidemment pas de payer les frais de procédure (ce que les grévistes ne leur demandent pas – ndlr), tout simplement parce que les grévistes sont arrivés, arborant des discours de « luttes des classes », de « conflit social », alors que dans notre entreprise familiale, il n’a jamais été question de tels rapports… ». Comme M. Jourdain faisait de la prose, M. Castro pratique la lutte des classes sans le savoir, et du mauvais côté comme exploiteur.
Cela ne peut plus durer. La détermination des grévistes ne faiblit pas. Le mouvement de soutien non plus, au contraire. Mercredi 25 juin, Nous étions une centaine devant la Mairie du 15ème. Même le collaborateur du Maire UMP a utilisé l’expression de « patron voyou » avec la délégation de la CGT, des associations et partis qui soutiennent les sans papiers de Castro.
M. Castro n’a vraisemblablement pas intérêt à ce que l’on parle de lui.
Les clients de sa société, principalement des conseils syndicaux de copropriété, sont amenés à regarder de plus près comment fonctionne leur prestataire, où vont leurs charges de copropriétaire.
Peu à peu on découvre aussi l’étendue de la « famille » des sociétés de cette brave famille de patrons qui admet demander de ses employés un « travail assez important ». Entendre comment ils traitent ses salariés donne envie d’y regarder de plus près dans les registres de commerce par exemple.
A quoi correspondent toutes ces sociétés retrouvées après une brève recherche sur internet, d'après le registre du commerce?
- Rénovation peinture Castro, SARL, 10 rue Mademoiselle
- Société civile immobilière Saint-Jacques, 25 rue Mademoiselle, gérant : Joaquim Castro
- Castro SARL, 25 rue Mademoiselle, employeur des grévistes
- SCI Castro Fernandez, 63 rue de la Croix-Nivert, gérant : Joaquim Castro
- Nettoyage Paris IDF, SARL, 63 rue de la Croix-Nivert
- SCI Nivert, 63 rue de la Croix-Nivert, associé-gérant : Joaquim Castro
- Castro Fidel (!), 25 rue Mademoiselle, Affaire personnelle radiée en janvier 2008
Ces sociétés bénéficient-elles d’aides, de déductions de charges ? Va savoir…
Les grévistes ne comprennent pas que M. Castro, qui l’avait en plus promis, qui semble bien maîtriser les formalités commerciales, ne veuille toujours pas remplir « le document CERFA, destiné à établir le contrat de travail officiel permettant de régulariser leur situation ».
On les comprend !
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